Conflits et guerres actuelles

Algerie: Pétrole contre anxiolytiques



Samedi 2 Février 2008

Algerie: Pétrole contre anxiolytiques
Coup de fil atterrant d’un parent d’Alger. Il me demande dare dare des tranquillisants.
N’y en a-t-il point dans les pharmacies ?
« Plus un seul après les attentats du 11 décembre. Les stocks ont été pillés. Tu as beau être pistonné par le ministre de la Santé en personne, rien ! »
Que veux-tu donc ?
« N’importe quoi, pourvu que ça tranquillise. »
Sûr qu’un bon anxiolytique, ça aide à affronter cet enfer quotidien parsemé de bombes et de kamikazes sexagénaires.
Fallait être prévoyant, mon vieux ! Fallait demander à Nicolas Sarkozy de glisser dans ses bagages de quoi remplir les réserves de change en tranquillisants.
Un truc : pétrole contre anxiolytiques ! Ça pourrait être cela, le bon aspect de la colonisation : inonder l’Algérie de tranquillisants ! Les Algériens seraient tellement tranquillisés qu’ils n’y verraient que du feu dans le troc entre 5 milliards d’euros de marché contre la demi-reconnaissance d’une colonisation pas synchrone avec les principes de la République. Un coup de Lexomil pour noyer tous les chagrins, voilà ce à quoi n’ont pas songé nos stratèges...
L’autre « spécificité », me fait comprendre mon parent à travers les grésillements du portable, c’est que nous sommes les seuls à avoir des kamikazes du troisième âge.
Nulle part ailleurs cela ne s’est vu. Un sexagénaire qui squatte à l’explosif sa place, et celles de ses victimes qui n’ont rien demandé, dans le paradis de Dieu, voilà une voie originale vers les cieux de la félicité. Au lieu de se contenter de chauffer ses vieux os au soleil entouré de l’affection des siens, Rabah Bachria (soixante-quatre ans) a préféré se faire sauter contre le haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) à Hydra.
Le malheur, c’est que son profil brouille davantage la lisibilité d’un ensemble déjà assez trouble. Un jeune des bidonvilles de la cité La Montagne, chouïa dealer, un peu trabendiste, de condition sociale modeste, travaillé au corps par des as du lavage de cerveau, ça se conçoit.
Victime d’un enchâssement de désespoir social et de manip, tel est le portrait-robot du kamikaze type. Mais un vieux, franchement ?
La dernière « spécificité » - pour aujourd’hui -, c’est ce raccourci qui a fait clamer à des manifestants « spontanés », bien cadrés par le viseur de la télévision d’État, au milieu des corps déchiquetés, que la panacée contre le terrorisme et tous les problèmes présents et à venir, c’était un troisième mandat pour Bouteflika !
Des tranquillisants, vite !

Arezki Metref, journaliste et écrivain algérien.
( Avec l’Humanité du 17 décembre 2007 )

Arezki Metref, dernier ouvrage paru : Douar, éditions Domens.

http://www.aloufok.net http://www.aloufok.net



Samedi 2 Février 2008


Commentaires

1.Posté par coolzen le 02/02/2008 11:26 | Alerter
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Quand on pense qu'en Europe on se bourre de calmants pour le moindre bobo alors qu'ailleurs le simple fait de survivre est un combat de tous les jours.
Le désespoir rend fou les gens simples se sentant acculés et atteints dans leurs dignités d'ètres humains et les poussent au pire.
Sociétés déshumanisées, véritables pièges pour les plus faibles.
Enfants, Femmes, Vieillards : "dégats collatéraux" ?!

2.Posté par bilal le 02/02/2008 15:32 | Alerter
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moi je trouve tres etonnant que cette pseudo el kaida au maghreb ne commette des crimes qu'en
algerie seulement.???? le but de tout cà c'est d'empecher le developpement de l'algerie qui ne profite d'ailleurs q'au petromonarchies et les voisins pour ce qui est bien connu. Bien sur les gringos de
la CIA ne sont pas tres loin.

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