Propagande médiatique, politique, idéologique

Algérie : Christianisme et Ramadan



Sonia
Vendredi 24 Septembre 2010

Algérie : Christianisme et Ramadan
Deux ouvriers du bâtiment comparaissent devant le tribunal pour n’avoir pas
observé le jeûne, le 13 août dernier, pendant le mois de Ramadhan.
L’opinion est plongée dans la stupeur, vu que l’affaire constitue une
régression en matière de libertés publiques.

La wilaya de Tizi Ouzou s'offre aujourd'hui une affaire judiciaire à mille
lieues de ses préoccupations quotidiennes. Le dossier n'a aucun lien avec
l'insécurité, la bureaucratie ou la corruption, des phénomènes qui sont en
train de plonger la région dans le sous-développement et l'anarchie. Deux
citoyens, quadragénaires, Hocine Hocini et Salem Fellak, ouvriers du bâtiment,
comparaissent aujourd'hui devant le tribunal de Aïn El Hammam (50 km au sud de
Tizi Ouzou), pour le seul fait d'avoir cassé la croûte à la mi-journée sur
un chantier privé.

Ce déjeuner «illicite», selon la justice, a eu lieu le 13 août dernier,
pendant le mois de Ramadhan. L'interpellation des deux citoyens a été
opérée par des policiers qui ont fait preuve d'une vigilance accrue
s'agissant du rythme de restauration des ouvriers du bâtiment. Présentés
devant le procureur, ce dernier a mis en avant des dispositions légales qui
préservent les préceptes religieux de toute atteinte.Les désormais prévenus
sont convoqués pour aujourd'hui devant le tribunal pour répondre des faits
qui leur sont reprochés, à savoir un repas sur leur lieu de travail. Cette
affaire a plongé la population locale dans la stupeur, non habituée à vivre
des péripéties judiciaires aussi rocambolesques, mais dangereuses, vu que cela
constitue une régression en matière de protection des libertés. Si
l'indignation prime dans les réactions exprimées au niveau national et à
l'étranger, l'opinion publique locale est surtout interloquée.

D'où peut venir cette embardée policière et judiciaire ? Qui est
l'inspirateur de cet étrange tour de vis dans l'application maximaliste des
dispositions légales en matière de religion, qui doivent nécessairement
exister vu que l'Etat algérien fait toujours sienne la notion de religion
officielle ? La générosité de la Constitution algérienne, qui consacre la
liberté de conscience et de culte n'a pas levé toutes les contraintes qui
peuvent saper l'exercice effectif des libertés individuelles. Le fait de se
désaltérer en plein mois d'août, sur un chantier du bâtiment, est tout à
fait anodin et ne porte nullement atteinte à l'ordre public, encore moins à
la sécurité de l'Etat, mais cela n'a pas empêché les ressorts des
appareils policiers et judiciaires de fonctionner à fond et de traduire devant
le tribunal deux personnes qui sont peut-être les moins dangereuses de toute la
localité. Le procès est perdu d'avance, et pas nécessairement pour les deux
citoyens mis en cause.

La population locale regrette cet épisode survenu avec une incroyable
incongruité dans une localité qui se caractérise par une ouverture d'esprit
et une tolérance aux antipodes de l'esprit inquisiteur qui habite encore
certains démembrements des institutions officielles. Il y a même un certain
malaise auprès de la population locale, devant la vigueur des protestations à
l'étranger, qui pourraient suggérer une proximité avec les contrées d'Iran
ou d'Afghanistan où l'on lapide tous les matins. «Il n'y a pas le feu ! La
Kabylie n'est pas Kaboul, bien au contraire…», disent les citoyens, en
substance. Ce dossier judiciaire ne pourra pas faire avancer la cause des
courants islamistes.
Cela produit, en revanche, un plus grand rejet de la mouvance intégriste. Il
constitue, pa contre, un préjudice contre l'image des services de sécurité,
qui sont particulièrement appuyés par les citoyens dans la lutte contre le
terrorisme islamiste. Ce n'est pas également à l'avantage de l'appareil
judiciaire d'instruire de telles affaires, qui sont autant de coups d'épée
dans l'eau, au moment où les dossiers liés à la corruption arrivent rarement
devant les tribunaux.

Cette page judiciaire inattendue sera rapidement tournée et la population se
retrouvera devant les vrais problèmes vécus au quotidien, la paupérisation et
l'insécurité, et dont la prise en charge incombe totalement aux pouvoirs
publics.         


Djaffar Tamani


Vendredi 24 Septembre 2010


Commentaires

1.Posté par Nabil le 24/09/2010 10:38 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Un tel article n’est que le reflet des mises en scène périodiquement produites par des services spécialisés de l’Etat . Cela ne trompe certainement pas le peuple algérien opprimé mais nullement dupe. Cet action de propagande est à usage externe et dans le but également de fomenter des polémiques destinées à discréditer un peu plus l’Islam et les Musulmans .

C’est de la poudre aux yeux ! C’est de la basse politique auquel se livre ce pouvoir perfide qui est aussi islamique que moi chamane du Tibet ou sorcier vaudou .

L’un des piliers de l’Islam : l’interdiction de l’usure, est pratiquée sans vergogne par cet Etat félon. Les jeux du hasard, le loto et autres pompes à fric, sont légalisés, pratiqués et encouragés par la publicité étatique ( TV ).

La prostitution féminine sur la voie publique s’affiche d’une manière ostentatoire et sans . L’usage de la drogue qui a corrompu et empoisonné toute une génération est un commerce lucratif.

La production, et la commercialisation de l’alcool est aussi bien une affaire d’Etat que privée.

La prévarication atteint des sommets vertigineux et, c’est devenu une institution. La corruption est érigé en acte de foi .

De qui se moque t-on ?!

2.Posté par gjingis le 24/09/2010 13:00 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

La politique d Alger est identique a celle de Paris ,les deux camps cachent la foret par un arbre .
tout est identique ,
il se passe des contradictions entre les deux camps maffieux .mais ce n est q un jeu de theatre bien entendu.
De quoi parle t on ?
cette élite milataro finacierre qui provient de Oujda et ses relations avec Paris ne datte pas d aujourd huit
L un compense l autre ,comme l un dépond de l autre
Mais la chariaa ne peut en aucun cas etre appliquée par une bande de maffia ,est c est le mot
J ai l impression que les masques commencent a tomber dans les deux rives
dont ils sont conscients, et pour éviter leure fin désastreuse par la coure des comptes et surtout pénale
ils vont tout faire pour garder le royaume quitte a creer un enfer, qui se préconnise d ailleur .Dieu sait !!!j ai l impression que l élite algerienne subira ce que saddam et son équipe ,donc la potence

((( Génocide de la décenie noire reste gravé dans toutes les mémoires)))


3.Posté par damien le 24/09/2010 14:56 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Est ce à l'état de s'occuper des affaires religieuses et de verifier que chaque citoyen applique bien le ramadan.
Je veux bien, mais dans ce cas, que le président et ses ministres appliquent à eux mêmes ces règles.
Est ce que le président, et ses ministres font bel et bien le ramadan? Est ce que les députés, les journalistes... le font? Idem pour la police?
Le peuple doit être soumis aux mêmes règles que les gouvernants (sinon ca deviens une hypocrisie)

4.Posté par hezbollah le 24/09/2010 15:19 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

@ nabil
tu à très bien décrit le maroc.

5.Posté par voixlibre le 24/09/2010 22:55 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

@ Damien
Il y a une différence fondamentale à faire entre l acte commis en public ou en secret; il est carrément insensé de prétendre contrôler tout le monde; seul Dieu peut le faire; mais ce qui est public doit éviter toute offense à l autre. Il en est de même pour l adultère; chacun est libre de faire ce qu il veut chez lui, mais admettez vous la pratique du sexe en pleine rue dans un pays musulman?
Il existe une autre différence qui s impose: s agit il là de gens qui se proclament musulmans? Le titre semble insinuer qu il s agit de chrétiens ou de musulmans "christiannisés" et qui n osent vraissemblablement pas l avouer ouvertement, surtout aux autorités; c est là une autre question, bien plus problèmatique. Cependant, il est à noter que les anciens citoyens chrétiens et juifs, vivants dans les communautés musulmanes s abstenaient bien de manger en pubic pendant le mois de Ramadan, par respect et dans un esprit de fraternité. On se demande bien pourquoi, actuellement, la gerre des religions et des civilisations se manifeste partout et à toutes les échelles, même chez les gens du peuple qui devraient pourtant être conscient que leur solidarité est plus que jamais essentielle pour affronter les nouveaux défis qui les attendent. Donc, finalement; il n y a pas que l Etat qui devrait revoir ses priorités. C est en tout cas mon modeste avis. Salut!

6.Posté par fafa le 25/09/2010 01:44 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

, qui pourraient suggérer une proximité avec les contrées d'Iran
ou d'Afghanistan où l'on lapide tous les matins ah ah tu a fallis m avoir sans cette partie tu aurais peu etre reussi ton coup

Nouveau commentaire :

VIDEOS | Politique Nationale/Internationale | Propagande médiatique, politique, idéologique | Société | Histoire et repères | Conflits et guerres actuelles | Néolibéralisme et conséquences

Publicité

Brèves



Commentaires