Palestine occupée

Al-Adlouni met sous la lumière du jour les menaces sionistes dont la ville d’Al-Quds est le sujet


Les dangers entourent de plus en plus la ville d’Al-Quds. Sa sécurité va de mal en pis. Notre Centre Palestinien d’Information (CPI), en quête de vérité et voulant mettre sous la lumière du jour les menaces sionistes dont la ville est le sujet, a rencontré Dr. Mohammed Akram Al-Adlouni, secrétaire général de la Fondation Internationale d’Al-Quds dont le siège se trouve provisoirement à Beyrouth, la capitale libanaise.

Il nous donne son point de vue, dans l'interview ci-après, traduite de l'arabe et résumée par nos soins.


Mercredi 10 Septembre 2008

Al-Adlouni met sous la lumière du jour les menaces sionistes dont la ville d’Al-Quds est le sujet


CPI : Commençons par la Fondation Internationale d’Al-Quds et ses objectifs ?

Dr. Al-Adlouni : La Fondation Internationale d’Al-Quds est une institution civile indépendante. Elle a vu le jour en 2001. Elle réuni des personnalités et des institutions arabes et internationales. Son objectif principal reste la délivrance de la sainte mosquée d’Al-Aqsa et le maintien de son identité arabe, islamique et chrétienne. Dans ce cadre, la Fondation s’engage à :

1- faire face aux projets sionistes visant à judaïser la ville occupée d’Al-Quds (Jérusalem),

2- conserver l’existence palestinienne dans la ville,

3- montrer la vraie nature du danger sioniste dont la ville est la cible,

4- renforcer l’entente islamo-chrétienne quant à la ville,

5- faire unifier la position palestinienne, arabe et musulmane autour du projet destiné à sauver la ville d’Al-Quds,

6- divulguer les mesures inhumaines pratiquées à l’encontre du peuple, de la terre, des lieux saints, des institutions de la ville d’Al-Quds.

CPI : Pratiquement, qu’offrez-vous aux Palestiniens ?

Dr. Al-Adlouni : La Fondation Internationale d’Al-Quds met à exécution plusieurs projets bien étudiés, en coordination avec plusieurs autres institutions travaillant dans la ville d’Al-Quds.

La Fondation essaie de couvrir tous les besoins de la ville et de ses habitants. Maintenir les lieux saints. Soutenir les infrastructures et le développement humain et social. Prendre soin de l’agriculture. Soutenir l’affaire de la ville d’Al-Quds dans les médias…

Elle organise également des campagnes internationales au profit de la ville, met en place des caisses pour rassembler des fonds utilisés pour préserver la ville et son identité.

CPI : Voudriez-vous nous donner un aperçu des dangers menaçant la ville sainte ?

Dr. Al-Adlouni : La ville d’Al-Quds vit une période clé de son histoire. En fait, après quarante ans d’occupation, les Israéliens se sentent incapables face à cette ville. Bien que l’occupant israélien mette la main sur tous les domaines de la ville, il n’arrive pas à faire d’elle la capitale des Juifs, le rêve sioniste.

Cette incapacité, ajoutée à ses échecs au Liban comme à Gaza, ajoutée aussi à la crise intérieure, fait du sujet de la judaïsation de la ville d’Al-Quds la priorité des priorités du projet sioniste. Les partis israéliens veulent prouver à leurs sympathisants que leur projet sioniste ne s’est pas buté à un échec dans cette ville. Cette ville devient pour eux le cheval de bataille pour attirer les électeurs dont notamment les religieux qui ont une grande influence dans la ville.

Ainsi, les occupants israéliens intensifient leurs actions pour judaïser la ville, sur plusieurs niveaux. 17 mille nouvelles unités résidentielles coloniales à l’est de la ville, pour compenser le taux de Juifs dans la ville qui baisse : 74% en 1967, contre 66% en 2005. Puis il y a ce mur discriminatoire de séparation qui déchire les Palestiniens de la ville.

Et pour ce qui est de la sainte mosquée d’Al-Aqsa, ces dernières années, l’Etat d’occupation accélère ses mesures contre elle. Réseaux de tunnels, en dessous et aux alentours de la mosquée. Tout est bon pour l’occupant pour l’instauration d’une ville sainte juive aux côtés des lieux saints musulmans et chrétiens. 18 sites de travaux poussent partout autour de la mosquée d’Al-Aqsa.

CPI : Et tous ces creusements ?

Dr. Al-Adlouni : Les occupants israéliens veulent partager la mosquée d’Al-Aqsa avec les Musulmans. C’est le projet le plus dangereux. Depuis 2005, ils mettent leur nez dans les affaires de la mosquée, sous prétexte de la sécurité. Et depuis cette année-là, la cour suprême israélienne permet aux Juifs d’entrer dans la mosquée. C’est un cercle vicieux. La mosquée d’Al-Aqsa ne sort d’un danger que pour tomber dans un autre. Les Israéliens ont osé démolir le chemin de Bab Al-Maghariba afin d’élargir le lieu de prière pour les femmes juives, sur le dos de la mosquée. L’occupant israélien a l’intention, tout compte fait, de diviser la partie sud-ouest des cours de la mosquée d’Al-Aqsa, pour en donner une partie aux Juifs !

Les creusements israéliens pratiqués dans la zone de Bab Al-Maghariba marquent un point tournant dans l’histoire de la mosquée. Toutefois, les réactions populaires et officielles contre ces creusements étaient tant faibles que l’occupant israélien se voit encouragé. Il accélère donc ses mesures pour bâtir la ville sainte juive, volant une partie de la mosquée.

CPI : « Un œil sur Al-Aqsa » est un rapport qui met en document les agressions dont la mosquée d’Al-Aqsa est le sujet. Selon les données du rapport, la courbe de ces agressions monte en flèche ; n’est-ce pas ?

Dr. Al-Adlouni : Sûrement ! Les travaux ne s’arrêtent que pour reprendre de plus belle. Dans toute son histoire, l’occupant israélien n’a pu oser creuser en un point autant proche de la mosquée que la zone de Bab Al-Maghariba. Il n’a jamais osé bâtir un temple aussi exposé que celui de Hamam Al-Ayne. La mosquée d’Al-Aqsa est de plus en plus envahie par les extrémistes sionistes, encouragés par l’administration officielle.

CPI : Les affaires vont-elles alors bel et bien au profit de l’Entité sioniste, vu les attaques menées par les Sionistes ?

Dr. Al-Adlouni : On ne peut pas trancher sur le sujet au jour d’aujourd’hui. Quand bien même les occupants israéliens mettraient la main sur les points principaux de la ville d’Al-Quds, et cela depuis plus de quarante ans, ils n’ont pu effacer son identité islamique, ni fléchir la courbe démographique qui va bon train au profit de la population palestinienne. En un mot, ils n’ont pas réussi à faire de la ville d’Al-Quds la capitale du peuple juif. Ceci tout simplement grâce au peuple palestinien de la ville d’Al-Quds et des territoires palestiniens occupés en 1948, anéanti pourtant par l’occupation et ses mesures. Ces Palestiniens n’arrêtent pas leurs révoltes. On se souvient toujours de leur révolution d’Al-Boraq de 1929 et de l’Intifada d’Al-Aqsa…

Le problème aujourd’hui, c’est que les réactions sont en baisse face aux agressions israéliennes qui sont par contre en hausse. C’est de notre devoir alors de ne pas laisser refroidir les réactions populaires et officielles dans les mondes arabes et musulmans. Il faut que la question de la mosquée d’Al-Aqsa reprenne la tête des priorités, afin que les projets machiavéliques de l’occupant israélien aillent à l’échec.

CPI : La fondation pour restaurer les lieux islamiques a récemment été fermée. Quelle est votre position à ce sujet ?

Dr. Al-Adlouni : La Fondation Internationale d’Al-Quds condamne cette fermeture qui vise à limiter l’arrivée massive de gens à la mosquée d’Al-Aqsa. Cette arrivée reste un rempart de protection face à l’agression sioniste. Cette fermeture a également pour objet de partager la mosquée entre Musulmans et Juifs. Le silence face à de telles agressions pousse l’occupant à croire que ses pertes sont moins importantes que ses gains. Il va alors plus loin dans ses mesures contre la mosquée.

CPI : Y a-t-il une coordination avec d’autres établissements travaillant pour la ville d’Al-Quds ?

Dr. Al-Adlouni : Dès le départ, nous nous sommes rendus compte que nous ne pouvions travailler tout seul face à toutes ces attaques israéliennes désirant judaïser la ville d’Al-Quds, coûte que coûte. En 2004, s’est mis en place le Réseau International des établissements d’Al-Quds, rassemblant environ 120 institutions arabes, islamiques et internationales qui travaillent, main dans la main, pour faire face à l’occupant israélien et à ses projets coloniaux.

CPI : Pourquoi avez-vous appelé les négociateurs palestiniens à ne pas continuer leurs négociations avec les Israéliens quant à la ville d’Al-Quds ?

Dr. Al-Adlouni : Parce que toute rencontre avec cet occupant n’amène à rien, alors que les projets de judaïsation vont bon train, que les nouvelles unités coloniales ne cessent de pousser comme des champignons, que des terrains palestiniens sont confisqués. Ces rencontres n’auront d’utilité que de couvrir les agressions de l’occupant israélien contre la ville d’Al-Quds et la sainte mosquée d’Al-Aqsa.

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Mardi 9 Septembre 2008

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