Une mère de famille, ses quatre enfants âgés de un à cinq ans et un combattant ont été tués lundi 28 avril par des tirs des forces d'occupation à Gaza, selon des sources palestiniennes, alors que des groupes résistants doivent se rendre au Caire pour discuter d'une trêve.
Les quatre frères et soeurs - Moussab Abou Maateq (1 an), Hana Abou Maateq (3 ans), Roudeina Abou Maateq (4 ans) et Saleh Abou Maateq (5 ans) - ont été tués par un tir d'obus de char qui a touché leur maison, a indiqué un médecin des services d'urgence de l'hôpital Kamal Adwane de Beit Lahya. Leur mère, Miassar Abou Maateq, 40 ans, grièvement blessée dans l'explosion, est décédée à l'hôpital, a précisé le médecin.
La cinquième victime est un résistant du Jihad islamique, a déclaré une source au sein du groupe résistant.
Selon une source au sein des services de sécurité palestiniens, des combats entre des résistants du Jihad islamique et l'armée d'occupation se déroulaient dans le secteur de la maison, près de la frontière au nord de la bande de Gaza. "Il y a eu des tirs de chars de l'armée israélienne. Des hommes armés ont été touchés", a affirmé une porte-parole de l'armée d'occupation, précisant qu'un soldat avait également été blessé.
L'armée d'occupation a précisé avoir attaqué des résistants qui avaient tenté de s'approcher de la frontière. Au cours des affrontements, les résistants ont tiré des roquettes anti-chars et des obus de mortiers, a-t-elle insisté. Selon le père des quatre enfants, ces derniers prenaient leur petit-déjeuner avec leur mère dans la cour de leur maison quand un obus a explosé contre la porte d'entrée.
"Je suis sorti de la maison quelques instants pour aller chercher un de mes enfants et j'ai entendu le bruit d'une explosion", a indiqué à la presse Ahmed Abou Maateq, 70 ans, dans la cour de sa maison dont le sol était recouvert de sang. "Ma femme et mes enfants étaient en train de déjeuner. Quand je suis revenu, je n'ai trouvé que des lambeaux de chair", a-t-il ajouté.
En riposte, le Jihad islamique et le Hamas ont revendiqué des tirs de roquettes. Au moins 13 de ces engins ont été tirés, selon l'armée d'occupation. Au moins 443 personnes, en majorité des Palestiniens, ont été tuées depuis que les pourparlers israélo-palestiniens ont été relancés dans la foulée de la conférence internationale d'Annapolis, fin novembre, aux Etats-Unis, selon un décompte établi par l'AFP.
Ismaïl Haniyeh, a condamné dans un communiqué "le massacre qui révèle le vrai visage de l'occupant israélien criminel et de ses tentatives constantes de détruire les efforts régionaux et internationaux pour lever le siège et faire cesser les attaques". M. Haniyeh faisait référence aux efforts égyptiens en cours pour tenter de trouver un accord de trêve entre le Hamas et l'autorité d'occupation.
Plusieurs factions de la Résistance devaient se rendre lundi au Caire pour discuter avec les responsables égyptiens de "l'accalmie" proposée par le Hamas en échange d'une ouverture des points de passage de la bande de Gaza, de l'arrêt des opérations israéliennes et la libération de prisonniers.
Le Hamas a proposé l'établissement d'une "accalmie" de six mois dans la bande de Gaza qui s'étendrait ensuite à la Cisjordanie. Vendredi, l'autorité d'occupation a refusé d'accorder du crédit à cette proposition alors que la situation humanitaire s'est aggravée à Gaza avec l'interruption de l'aide de l'ONU, faute de carburant.
Le Hamas, par la voix de son chef Khaled Mechaal, a indiqué samedi attendre "un engagement écrit d'Israël vis-à-vis des détails d'une accalmie avec les factions palestiniennes".