Politique Nationale/Internationale

Ahmadinejad le courage fait homme !


Entretien avec le Spiegel


Farid@evhr.net
Dimanche 11 Juin 2006

Ahmadinejad le courage fait homme !

[samedi 10 juin 2006]


SPIEGEL : Il y a eu une grande indignation en Allemagne quand on a appris que vous viendriez peut-être au championnat du monde de football. Cela vous a-t-il surpris ?

Ahmadinejad : Non, ce n’est pas important ; je n’ai pas du tout compris comment c’est arrivé. Cela n’avait aucun sens pour moi. Je ne peux comprendre toute cette agitation.

SPIEGEL : Elle provient de vos remarques sur l’Holocauste. Le fait que le président iranien nie le meurtre systématique des juifs par les Allemands provoque inévitablement de l’indignation.

Ahmadinejad : Je ne vois pas bien le rapport.

SPIEGEL : D’abord, vous faites vos commentaires sur l’Holocauste. Puis on annonce que vous allez peut-être vous rendre en Allemagne : cela déclenche une agitation. Alors, étiez-vous donc surpris ?

Ahmadinejad : Non, pas du tout, parce que le réseau du sionisme est très actif dans le monde entier, y compris en Europe ; je n’ai donc pas été étonné. Nous nous adressions au peuple allemand. Nous n’avons rien à faire avec les sionistes.

SPIEGEL : Nier la réalité de l’Holocauste est passible de sanctions en Allemagne. Vous est-il indifférent qu’un mouvement d’indignation vous frappe en retour ?

Ahmadinejad : Je sais que le Spiegel est un magazine renommé. Mais je ne sais pas s’il vous est possible de publier la vérité au sujet de l’Holocauste. Etes-vous autorisé à tout écrire là-dessus ?

SPIEGEL : Nous sommes, bien sûr, autorisés à écrire sur les acquis de la recherche historique de ces soixante dernières années. A notre point de vue, il n’y a aucun doute sur le fait que les Allemands, malheureusement, portent la responsabilité du meurtre de six millions de juifs.

Ahmadinejad : Hé bien donc, nous venons d’ouvrir là une discussion tout à fait concrète. Nous posons deux questions très claires. La première est : l’Holocauste a-t-il réellement eu lieu ? Vous répondez à cette question par l’affirmative. La seconde question est alors la suivante : à qui la faute ? La réponse à cette question est à trouver en Europe et non en Palestine. C’est parfaitement clair : si l’Holocauste a eu lieu en Europe, on doit pareillement trouver la réponse en Europe. En revanche, si l’Holocauste n’a pas eu lieu, pourquoi alors ce régime d’occupation .....

SPIEGEL : ... Vous voulez parler de l’Etat d’Israël ...

Ahmadinejad : ... a-t-il pris place ? Pourquoi les pays européens s’astreignent-ils à défendre ce régime ? Permettez-moi de soulever encore un autre point. Nous pensons que, si un événement historique est conforme à la réalité, cette réalité viendra d’autant plus au grand jour qu’on multipliera les recherches et les débats à son sujet.

SPIEGEL : C’est ce qui se fait depuis longtemps en Allemagne.

Ahmadinejad : Nous ne voulons pas confirmer ou nier l’existence de l’Holocauste. Nous nous opposons à tout type de crime contre quelque peuple que ce soit. Mais nous voulons savoir si ce crime a effectivement eu lieu ou non. Si oui, alors ce sont ceux qui en sont responsables qui doivent être punis, et non les Palestiniens. Pourquoi ne permet-on pas de conduire des recherches sur un fait qui s’est produit il y a soixante ans ? Après tout, d’autres événements historiques, dont certains remontent à des milliers d’années, font l’objet de libres recherches, et même les gouvernements soutiennent ces dernières.

SPIEGEL : Monsieur le Président, si vous permettez, l’Holocauste a eu lieu, il y a eu des camps de concentration, des documents sur l’extermination des juifs, un grand nombre de recherches ont été réalisées et il n’y a pas le moindre doute sur l’Holocauste ainsi que sur le fait, - et nous le regrettons amèrement, - que les Allemands en sont responsables. Si nous pouvions ajouter un point : le sort des Palestiniens est une tout autre question, qui nous ramène au présent.

Ahmadinejad : Non, non, les origines du conflit palestinien doivent être recherchées dans l’histoire. L’Holocauste et la Palestine sont deux sujets directement liés l’un à l’autre. Et si l’Holocauste a bien eu lieu, alors vous devriez permettre à des groupes impartiaux du monde entier de faire des recherches à ce sujet. Pourquoi restreignez-vous ces recherches à un certain groupe ? Je ne parle naturellement pas de vous mais des gouvernements européens.

SPIEGEL : Maintenez-vous que l’Holocauste n’est qu’un " mythe " ?

Ahmadinejad : Je n’accepte quelque chose comme vérité que si j’en suis vraiment convaincu.

SPIEGEL : Même si tous les spécialistes occidentaux n’émettent aucun doute au sujet de l’Holocauste ?

Ahmadinejad : Mais il existe deux points de vue à ce sujet en Europe. Un groupe de spécialistes ou de personnes, la plupart avec des motivations politiques, disent que l’Holocauste a eu lieu. Puis il y a le groupe de ces spécialistes qui représentent la position contraire et qui, à cause de cela, ont été, pour la plupart, emprisonnés. Par conséquent, un groupe impartial doit être formé pour enquêter et rendre un avis sur ce très important sujet. Car la clarification de cette question contribuera à la résolution de problèmes mondiaux. Sous le prétexte de l’Holocauste, une polarisation très forte s’est mise en place dans le monde et des fronts se sont formés. Il serait donc très bon qu’un groupe international impartial examine cette affaire afin de la tirer au clair une bonne fois pour toutes. Normalement, les gouvernements encouragent et soutiennent le travail de chercheurs sur des événements historiques et ne les jettent pas en prison.

SPIEGEL : A qui faites-vous référence ? De quels chercheurs parlez-vous ?

Ahmadinejad : Vous savez cela mieux que moi ; vous en avez la liste. Ce sont des gens originaires d’Angleterre, d’Allemagne, de France et d’Australie.

SPIEGEL : Vous parlez probablement, par exemple, de l’Anglais David Irving, du Germano-Canadien Ernst Zündel, qui est jugé actuellement à Mannheim, et du Français Georges Theil, qui, tous autant qu’ils sont, nient l’Holocauste.

Ahmadinejad : Le simple fait que mes déclarations aient provoqué des protestations aussi vives, bien que je ne sois pas européen, et aussi le fait que j’aie été comparé à certaines personnes de l’histoire allemande [Adolf Hitler], montrent à quel point l’atmosphère est, pour les chercheurs, conflictuelle dans votre pays. Ici, en Iran, il n’y pas d’inquiétude à avoir.

SPIEGEL : Si nous avons ce débat historique avec vous, c’est pour une raison tout à fait actuelle : contestez-vous le droit à l’existence d’Israël ? [1]

Ahmadinejad : Ecoutez, mes idées sont très claires. Nous disons que, si l’Holocauste a eu lieu, alors l’Europe doit en tirer les conséquences et ce n’est pas la Palestine qui doit en payer le prix. S’il n’a pas eu lieu, alors les juifs doivent retourner là d’où ils sont venus. Je pense qu’aujourd’hui le peuple allemand est, lui aussi, prisonnier de l’Holocauste. Soixante millions de gens sont tombés pendant la deuxième guerre mondiale ; la deuxième guerre mondiale a été un crime gigantesque. Tout cela, nous le condamnons ; nous sommes contre les effusions de sang, que le crime soit commis contre un musulman ou contre un chrétien ou un juif. Mais la question est : pourquoi, parmi ces soixante millions de victimes, seuls les juifs sont-ils au centre de l’attention ?

SPIEGEL : Ce n’est pas le cas. Tous les peuples pleurent les victimes qu’a coûtées la deuxième guerre mondiale, les Allemands, les Russes, les Polonais et les autres aussi. Mais nous, en tant qu’Allemands, nous ne pouvons nous décharger d’une culpabilité spéciale, c’est-à-dire celle du meurtre systématique des juifs. Mais peut-être devrions-nous maintenant passer au sujet suivant.

Ahmadinejad : Non, j’ai une question pour vous. Quelle sorte de rôle les jeunes d’aujourd’hui ont-ils joué dans la deuxième guerre mondiale ?

SPIEGEL : Aucun.

Ahmadinejad : Pourquoi devraient-ils éprouver des sentiments de culpabilité envers les sionistes ? Pourquoi devraient-ils, de leur poche, en payer le prix aux sionistes ? Si des gens ont commis des crimes dans le passé, alors ils auraient dû être jugés il y a soixante ans. Un point, c’est tout ! Pourquoi le peuple allemand doit-il être humilié aujourd’hui parce qu’au cours de l’histoire un groupe de gens a commis des crimes au nom des Allemands ?

SPIEGEL : Le peuple allemand d’aujourd’hui ne peut plus rien y faire. Mais il y a une sorte de honte collective pour ces actes commis au nom de l’Allemagne par nos pères et nos grands-pères.

Ahmadinejad : Comment une personne qui n’était pas même née à l’époque peut-elle être considérée comme responsable en droit ?

SPIEGEL : Pas en droit mais moralement.

Ahmadinejad : Pourquoi inflige-t-on un tel fardeau au peuple allemand ? Le peuple allemand ne porte aujourd’hui aucune responsabilité. Pourquoi le peuple allemand n’a-t-il pas le droit de se défendre ? Pourquoi mettre ainsi en l’accent sur les crimes d’un groupe au lieu, bien plutôt, de mettre en relief le grand héritage culturel allemand ? Pourquoi les Allemands n’auraient-ils pas le droit d’exprimer librement leur opinion ?

SPIEGEL : Monsieur le Président, nous sommes bien conscients que l’histoire de l’Allemagne ne se résume pas aux douze années du Troisième Reich. Néanmoins, nous devons accepter que des crimes horribles ont été commis au nom de l’Allemagne. Cela nous l’admettons, et c’est une grande réalisation des Allemands dans l’histoire d’après-guerre que d’avoir affronté leur passé de manière critique.

Ahmadinejad : Etes-vous prêts à dire aussi cela au peuple allemand ?

SPIEGEL : Oh oui, nous le faisons.

Ahmadinejad : Accepteriez-vous alors qu’un groupe neutre demande au peuple allemand s’il partage votre opinion ? Aucun peuple n’accepte sa propre humiliation.

SPIEGEL : Dans notre pays toutes les questions sont autorisées. Mais, bien sûr, il y a des radicaux de droite en Allemagne qui se montrent non pas seulement antisémites, mais aussi xénophobes, et nous les considérons effectivement comme un danger.

Ahmadinejad : J’ai une question à vous poser : combien de temps cela va-t-il durer ? Combien de temps encore, croyez-vous, le peuple allemand doit-il être l’otage des sionistes ? Quand cela va-t-il se terminer : dans vingt, cinquante, mille ans ?

SPIEGEL : Nous ne pourrions parler qu’en notre nom. Le Spiegel n’est l’otage de personne ; le Spiegel ne s’occupe pas seulement du passé de l’Allemagne et des crimes des Allemands. Dans le conflit palestinien, ce n’est aucunement sans le critiquer que nous sommes du côté d’Israël. Mais il est un point auquel nous voulons nous tenir fermement : nous sommes critiques, nous sommes indépendants, mais nous n’allons pas tolérer, en tout cas pas sans protestations, que le droit à l’existence de l’Etat d’Israël, où vivent un grand nombre de survivants de l’Holocauste, soit mis en question.

Ahmadinejad : C’est précisément là ce que nous disons. Pourquoi devriez-vous vous sentir obligés à l’endroit des sionistes ? S’il y a vraiment eu un Holocauste, Israël doit se situer en Europe et non en Palestine.

SPIEGEL : Voulez-vous à nouveau déplacer tout un peuple soixante ans après la fin de la guerre ?

Ahmadinejad : Cinq millions de Palestiniens sont sans patrie depuis soixante ans. C’est étonnant : depuis soixante ans vous versez des réparations pour l’Holocauste et vous devrez encore payer pendant cent ans. Mais pourquoi le sort des Palestiniens n’est-il pas ici un objet de la discussion ?

SPIEGEL : Les Européens soutiennent activement les Palestiniens car naturellement nous avons aussi une responsabilité historique pour qu’enfin la paix s’installe dans cette région. Mais ne partagez-vous pas cette responsabilité ?

Ahmadinejad : Oui, mais l’agression, l’occupation et le rappel de l’Holocauste ne conduisent pas à la paix. Ce que nous voulons, c’est une paix durable ; nous devons prendre le problème à la racine. Je suis heureux de constater que vous êtes des gens honnêtes et admettez que vous êtes obligés de soutenir les sionistes.

SPIEGEL : Ce n’est pas ce que nous avons dit, Monsieur le Président.

Ahmadinejad : Vous avez dit " Israéliens ".[2]

SPIEGEL : Monsieur le Président, nous parlons de l’Holocauste parce que nous voulons aborder le sujet d’un éventuel armement nucléaire de l’Iran, raison pour laquelle l’Occident vous considère comme un danger.

Ahmadinejad : Certains groupes en Occident aiment à qualifier les choses ou les gens de dangereux. Mais, je vous en prie, vous êtes libres d’en juger comme bon vous semble.

SPIEGEL : La question fondamentale est : voulez-vous des armes nucléaires pour votre pays ?

Ahmadinejad : Permettez-moi de vous proposer un sujet de discussion : combien de temps croyez-vous que le monde pourra être gouverné par les discours de quelques puissances occidentales ? Chaque fois qu’on a quelque chose contre quelqu’un, alors se donnent libre cours propagande et mensonges, avec diffamations et chantage. Combien de temps cela va-t-il durer ?

Deuxième extrait sur " l’Holocauste "

Ahmadinejad : Je crois que ceux qui emprisonnent les gens qui font des recherches sur l’Holocauste préfèrent la guerre à la paix.

Troisième extrait sur " l’Holocauste "

Ahmadinejad : Je m’étonne et me demande pourquoi vous adoptez et défendez fanatiquement la position des politiciens européens. Vous êtes un magazine et non un gouvernement. Dire que nous devrions accepter le monde tel qu’il est signifie que les vainqueurs de la deuxième guerre mondiale devront rester des puissances victorieuses pour encore mille ans et que le peuple allemand devra être humilié pour mille ans encore. Pensez-vous que ce soit là de la vraie logique ?

Interview recueillie à Téhéran, le 22 mai 2006, par Stefan Aust, Gerhard Spörl et Dieter Bednarz.

[1] Les journalistes du Spiegel sont statutairement obligés, au moment de la signature de leur contrat d’embauche, de souscrire l’engagement de défendre le droit d’existence de l’Etat d’Israël (ndt).

[2] C’est quand le journaliste de Spiegel a dit " nous n’allons pas tolérer, en tout cas pas sans protestations, que le droit à l’existence d’Israël, où vivent un grand nombre de survivants de l’Holocauste, soit mis en question" que le président iranien a compris que son journal se soumettait inconditionnellement au gouvernement israélien. Il n’y a pas que pour le législateur que "nommer" ou "désigner" revient, somme toute, au même

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Dimanche 11 Juin 2006



Commentaires

1.Posté par ahmad le 11/06/2006 14:59 | Alerter
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Les serviles membres des ''moudjahidines du peuples'' devraient porter un président comme Ahmadinejad sur leur tête et lui faire honneur. Non, ces traîtres ont choisi de lécher le cul des USA et Israël !
Et, en plus ils ont l'arrogance et de se faire appeler ''moudjahidine'', ils ne doutent vraiment de rien ces adulateurs de l’Occident !

2.Posté par ALI14 le 11/06/2006 23:36 | Alerter
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LES SOIT DISANT " MOUDJAHIDINES DU PEUPLE" SONT DES TRAITRES.

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