Politique

Agriculture mondiale : comment mettre fin à la faim ?


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Débat organisé par le Café Politique

Lundi 09 juin 20h45

Salle de réception du stade de Balma

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Vendredi 16 Mai 2008

D’après l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, plus de 25 000 personnes meurent chaque jour de sous-nutrition et plus de 850 millions de personnes sont chroniquement sous-alimentées. L'UNICEF en décembre 2007 a rappelé, lors de la session spéciale de l'ONU intitulée : "Un monde digne pour les enfants", que 146 millions d'enfants de moins de cinq ans ont un poids insuffisant par rapport à leur taille. L’envolée récente des prix agricoles, sensible même dans les pays riches, s’est traduite par une augmentation de ces chiffres dramatiques. Pourtant, grâce à la révolution verte et à l’efficacité de l’économie mondiale, les famines et la sous-nutrition chronique semblaient en cours d’éradication. Les dernières famines étaient liées à des conflits ou à des dictatures irresponsables plutôt qu’à une pénurie réelle de produits alimentaires.
Mais, depuis quelques années, quelques voix s’élèvent avec force devant l’incapacité de l’humanité à remplir le programme du Sommet Mondial sur l’Alimentation (Rome 1996) : réduire de moitié d’ici 2015 le nombre de personnes souffrant de la faim. Les experts savaient que les indicateurs fondamentaux n’étaient pas bons :

- Forte dégradation de la qualité des sols.

- Augmentation de la demande mondiale en protéines animales (Sept calories d’origine végétale pour une calorie d’origine animale).

- Augmentation continue de la population mondiale qui devrait se stabiliser autour de 9 milliards d’ici une quarantaine d’années.

- Diminution des surfaces destinées à l’agriculture.

- Important renchérissement de l’énergie et des engrais (l’agriculture moderne est devenue la transformation de produits fossiles en nourriture, un américain moyen pour se nourrir "consomme" par an environ une tonne d’équivalent pétrole !)

- La biomasse a toujours eu une place dans la production d’énergie, depuis quelques années l’agriculture est devenue une source de production de liquide énergétique concurrençant le pétrole. Si dans un premier temps les agriculteurs ont utilisé des terres en jachères ou des zones de déforestation comme en Indonésie, dans un deuxième temps une partie non négligeable des terres agricoles a changé d’usage.

- Les aléas climatiques semblent depuis quelques années peser bien lourd sur la productivité agricole (hasard ou changement climatique ?)

- Inquiétudes sur l’eau dont l’agriculture est une grande consommatrice.

- Les stocks de céréales ont baissé des 2/3 en peu de temps, les émeutes de la faim se multiplient et des populations pauvres basculent dans la misère.

Les optimistes pensent que les paysans pauvres vont s’enrichir et que, grâce à l’augmentation de la valeur des produits agricoles, ils pourront vivre mieux. Croyant au mythe du progrès infini, ils pensent que l’humanité se sortira, grâce aux scientifiques, de ce mauvais pas. Au catalogue des solutions miracles :

- Les OGM pour le manque d’eau, le remplacement des pesticides et des engrais.

- La biomasse et le nucléaire pour l’énergie.

- Le stockage du carbone dans le sol pour le changement climatique.

L’importance de l’agriculture pour l’avenir de l’humanité est sans commune mesure avec les 1,6 % du PIB mondial qu’elle représente. Les enjeux sont multiples : territoires et populations, biodiversité et changement climatique, quantité et qualité de la production. Le débat ne se résume pas à l’opposition entre d’un côté l’option agro-industrielle compétitive et polluante et de l’autre l’agriculture familiale de qualité, soucieuse de l’équilibre des territoires. La politique agricole est généralement prise en charge par les États, en Europe il existe une politique agricole commune ; la PAC, qui représente 43% du budget de la communauté. Au niveau mondial, la FAO et l’OMC essayent de mettre en place quelques normes pour favoriser la production et le commerce, mais se contentent souvent d’organiser les marchandages autour des subventions accordées par les pays industrialisés. Les organismes internationaux comme la Banque Mondiale ou le FMI, prenant pour prétexte les besoins financiers et le nécessaire remboursement de la dette, ont fortement incité les pays pauvres à faire de la monoculture, accentuant la faiblesse des agriculteurs face aux grands groupes agroalimentaires, qui savent spéculer sur les évolutions des prix. La crise actuelle marque certainement la fin du modèle agricole basé sur le productivisme libéral et le pétrole pas cher. Nous vous invitons à venir débattre ce lundi 9 juin sur l’agriculture de demain.

Pour nous aider dans notre réflexion, nous avons invité :

Jean-Marc Desfilhes ingénieur agronome ancien responsable des relations internationales à la Confédération paysanne. Coordinateur du forum mondial pour la souveraineté alimentaire « Nyéléni 2007 » qui s’est déroulé au Mali en février 2007, voir : http://www.nyeleni2007.org/

Gilles Allaire, directeur de recherche en économie et sociologie rurale à l’INRA, membre du groupe Saint Germain (groupe de réflexion sur les questions alimentaires et agricoles créé en 2006 par Stéphane Le Foll), voir : http://www.agrobiosciences.org/article.php3?id_article=0299



Vendredi 16 Mai 2008

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