Conflits et guerres actuelles

Afghanistan : la sécurité s'en va



Dimanche 23 Mars 2008

Afghanistan : la sécurité s'en va
Où va-t-on en Afghanistan? Vers l'anarchie généralisée, affirment un nombre croissant d'observateurs. A Herat, Havre de paix et de prospérité avant que les Américains ne débarquent au pied de l'Hindou Kouch, le "banditisme" est devenu la préoccupation numéro un des habitants. Quelques milliers d'entre eux descendaient hier samedi dans les rues pour exprimer leur ras le bol de ce qu'ils qualifient à bon droit de "scandaleux laisser-aller"des autorités. Selon le quotidien "Christian science monitor" qui rapporte l'information, ce vaste mouvement de protestation, premier depuis le départ forcé des talibans, s'origine dans une affaire de prise d'otage. Des truands dont le nombre croit à un rythme exponentiel, ont enlevé contre rançon l'enfant d'un éminent médecin de la ville et menacent à présent de l'exécuter. L'affaire a mis en émoi la population qui voit avec effroi le vide sécuritaire se creuser chaque jour davantage. Mais les hératis ne sont pas les seuls à craindre pour l'avenir, leur cas étant désormais extensible à l'ensemble du territoire. A Kaboul, capitale de l'état, quelques 100 cas d'enlèvements ont été enregistrés en 2007 et les gens ont peur de circuler à une heure tardive. Idem pour les autres villes où les habitants sont appelés à faire face aux effets combinés de terrorisme et de crimes organisés. Mais à qui la faute? L'ancien gouverneur d'Herat, ex-moudjahid reconverti depuis 4 ans aux vertus de la vie publique, croit détenir la réponse. Ismaël Khan qui occupe le portefeuille de l'énergie, reproche aux occupants "d'avoir évincé à dessin d'anciens combattants qui, s'ils intégraient le corps de l'armée nationale, auraient pu éviter cette brusque détérioration sécuritaire". Cette remarque est fort à propos ; le seul hic est qu'elle vient assez tardivement. Les Afghans tiendront longtemps rigueur à leurs dirigeants d'avoir fait aveuglément confiance aux forces étrangères, d'avoir laissé la gestion du pays entre les mains perfides, bref, de s'être réduit au rang de pantin au détriment de l'état, de sa souveraineté, de son autorité.

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Dimanche 23 Mars 2008

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