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Affaire Litvinenko : Londres, Paris et Berlin débattent des relations russo-britanniques


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Le secrétaire du Foreign office David Miliband abordera mercredi avec ses homologues français et allemand, Bernard Kouchner et Frank-Walter Steinmeier, les problèmes mondiaux, ainsi que la détérioration des relations russo-britanniques, liée au meurtre de l'ancien agent du FSB Alexandre Litvinenko.


Ria-Novosti
Mercredi 18 Juillet 2007

Affaire Litvinenko : Londres, Paris et Berlin débattent des relations russo-britanniques


Lundi, le chef de la diplomatie britannique avait annoncé l'expulsion de quatre diplomates russes du pays et le gel des discussions concernant la simplification du système des visas entre la Russie et la Grande-Bretagne, en réponse au refus de la Russie d'extrader l'entrepreneur Andreï Lougovoï, accusé par la justice britannique du meurtre de M. Litvinenko. Moscou n'a pas encore adopté de mesures concrètes après les déclarations de Londres mais, selon le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexandre Grouchko, cette réponse sera ciblée et adéquate.

M. Miliband est attendu mercredi matin à Paris pour y rencontrer Bernard Kouchner, et devrait se rendre dans l'après-midi à Berlin pour de nouvelles discussions avec son homologue allemand.

" Les ministres français et britannique des Affaires étrangères aborderont avant tout la prochaine conférence intergouvernementale sur la réforme des accords de l'Union européenne, la crise au Darfour, la situation au Proche-Orient, les changements climatiques, et, probablement, les événements entourant l'Affaire Litvinenko ", a indiqué à RIA Novosti un membre du service diplomatique français, à la veille de la première visite officielle du nouveau secrétaire du Foreign office.

Mardi, Paris avait exprimé sa " solidarité " envers Londres dans l'enquête sur le meurtre d'Alexandre Litvinenko, et appelé la Russie à coopérer avec la justice britannique.

Les diplomates devraient également revenir sur les conclusions de la conférence interlibanaise pour la résolution du conflit entre les différents courants politiques au Liban, qui a eu lieu cette semaine à Paris.

Le Kosovo figure également à l'ordre du jour. Lundi dernier, la Grande-Bretagne, la France et les Etats-Unis ont soumis au Conseil de sécurité de l'ONU un nouveau projet de résolution sur le Kosovo basé sur le plan du représentant spécial du secrétaire général de l'ONU, Martti Ahtisaari, qui prévoit d'octroyer une indépendance de fait au territoire sans l'accord de Belgrade.

Un diplomate du ministère allemand des Affaires étrangères a également précisé à l'agence que le conflit juridique russo-britannique ne devrait pas constituer le coeur du débat lors de la rencontre entre les ministres britannique et allemand, mais que l'on ne pourrait contourner ce thème, compte tenu de l'aggravation de la situation et de l'influence que cela pourrait avoir sur la position de la Russie dans les grandes négociations internationales.

Il a cité à titre d'exemple les négociations sur le statut du Kosovo, où d'intenses consultations se déroulent actuellement afin de convaincre Moscou d'adopter la résolution commune.

Il a en outre rappelé que la Russie se positionnait contre l'adoption d'une décision sur le statut du territoire sans l'avis de Belgrade et qu'en tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, elle pouvait poser son veto lors du vote de la résolution. Et selon l'UE, cela compliquerait la situation déjà compliquée dans les Balkans.

" Ce n'est là qu'un seul exemple. C'est pourquoi il n'est pas dans l'intérêt de l'UE d'attiser les tensions qui entravent ses relations avec la Russie. On pense que les chefs de la diplomatie des deux Etats tentent de trouver ensemble une sortie de cette crise juridique entre Londres et Moscou, qui ne doit pas encore être perçue comme irrémédiable, mais qui en prend malheureusement la direction ", a précisé l'interlocuteur de l'agence au ministère allemand des Affaires étrangères.

Il s'est refusé à apprécier à ce sujet la décision de Londres qui est déterminé à expulser des diplomates russes en réponse au refus de la Russie d'extrader l'un de ses citoyens, conformément à la constitution du pays.

" Je suis diplomate, non juriste. Mais expulser des diplomates d'un pays est toujours une mesure extrême, assortie de graves conséquences, que le pays qui applique la mesure d'expulsion doit minutieusement peser ", a-t-il ajouté.

La prochaine conférence intergouvernementale sur la réforme des accords de l'Union européenne et la situation au Proche-Orient figureront également au programme des sujets importants à aborder au cours de la rencontre entre MM. Steinmeier et Miliband.

Le représentant du ministère allemand des Affaires étrangères a souligné que ces négociations se dérouleraient deux jours après la rencontre à Berlin le 16 juillet dernier entre la chancelière allemande Angela Merkel et le premier ministre britannique Gordon Brown, et qu'elles constitueraient la suite du dialogue entre Londres et Berlin relatif aux thèmes les plus actuels des relations bilatérales, ainsi qu'à la politique européenne et mondiale.

Selon lui, l'Europe voit d'un &#65533;il positif le choix de Gordon Brown d'effectuer sa première visite officielle chez son voisin allemand et non aux Etats-Unis. Cela prouve que le chef du gouvernement britannique s'intéresse à la résolution des problèmes européens et aspire à mener une politique européenne commune sur la scène internationale ", a estimé le diplomate.


Mercredi 18 Juillet 2007

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