Politique Nationale/Internationale

AU PROCHE-ORIENT, SÉGOLÈNE ROYAL ARBORE SES COULEURS MITTERRANDIENNES


La décision de Ségolène Royal de prendre à bras le corps le Moyen-Orient compliqué en se rendant au Liban, en Palestine et en Israël, est une décision apparemment courageuse tout à l’honneur de la candidate socialiste, tout comme sa méthode de rencontrer personnellement tous les acteurs « institutionnels » de la crise. Courageuse aussi la réaffirmation de son approche, même après le mini-scandale agité par les proches de Nicolas Sarkozy sur le prétendu « faux pas » de sa réponse à Ali Ammar, l’élu du Hezbollah qui avait comparé l’occupation israélienne de son pays à celle de la France par les nazis.


Mercredi 6 Décembre 2006

  AU PROCHE-ORIENT, SÉGOLÈNE ROYAL ARBORE SES COULEURS MITTERRANDIENNES




Courageuse mais pas téméraire et encore moins révolutionnaire, doit-on dire à regarder de plus près son périple. Pour ce qui est de son voyage au Liban, Ségolène Royal est restée dans les petits souliers de la politique chiraquienne à l’égard de ce pays, avec ses aspects positifs mais aussi avec ses cruelles limites. Elle a privilégié les rencontres avec les « institutionnels » avec qui la diplomatie française entretient des contacts : le Premier ministre Fouad Siniora, qui représente les intérêts de la famille Hariri, Nabih Berri, président du Parlement libanais et interlocuteur du Hezbollah auprès d’autres forces gouvernementales, Amine Gemayel, dont l’appel au calme après l’assassinat de son fils a certes été exemplaire. Une rencontre, enfin, avec la commission des Affaires étrangères du Parlement libanais qui comprend des élus du Hezbollah. Du point de vue du contenu, elle a bien démarqué la politique française dans la région de celle de l’administration Bush/Cheney.

Un absent dans son carnet d’adresses, cependant, et de taille, alors qu’elle a défendu son droit à rencontrer toutes les forces élues démocratiquement : le général Michel Aoun, qui ne fait pas partie du gouvernement mais dont les élus représentent un bon tiers de la population. Liés par un Mémorandum d’entente signé début 2006, le CPL du général Aoun et le Hezbollah, qui exigent actuellement la création d’un gouvernement d’union nationale, représentent ensemble 60 % de la population libanaise. C’est donc bien du côté de cette entente que se trouve la démocratie au Liban.

Mais c’est l’étape israélienne de son voyage qui a révélé qu’en politique étrangère comme intérieure, ce seront les réflexes mitterrandiens qui reviennent en force chez celle qui a démarré sa carrière politique, toute jeune, en tant que conseillère de François Mitterrand à l’Elysée. En effet, c’est sans broncher que la candidate de la « gauche » a épousé le mur de l’apartheid construit par Israël avec la Palestine ; sans états d’âme qu’après avoir dénoncé les survols israéliens sur la Finul, elle a déclaré, après sa rencontre avec Ehoud Olmert, comprendre certaines des motivations d’Israël ; sans rougir qu’elle a noté, commentant la controverse sur les propos du député du Hezbollah, que « c’est l’avis des autorités israéliennes qui (lui) importe ».

Se rendre dans cette région meurtrie par la politique de l’ultra-droite israélienne décriée par tous les démocrates de ce pays, sans prononcer un mot d’exigence vis-à-vis de ce pays et en s’alignant sur sa politique iranienne, voilà qui augure très mal de sa politique envers cette région et envers les pouvoirs financiers internationaux qui, à partir de Londres et Washington contrôlent les principaux acteurs « institutionnels » dans cette région.

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Mercredi 6 Décembre 2006

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