Palestine occupée

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE: ISRAËL ET LES PALESTINIENS APPELÉS À LANCER DES ENQUÊTES CRÉDIBLES SUR LES FAITS EXPOSÉS DANS LE RAPPORT GOLDSTONE


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Test fondamental pour la crédibilité et l’intégrité du système international, pour l’observateur de la Palestine; rapport conçu dans la haine et exécuté dans le péché, pour Israël; offre d’espoir et de justice, pour le Sénégal: le rapport Goldstone sur les violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises lors des opérations menées à Gaza de décembre 2008 à janvier 2009 a été examiné aujourd’hui par l’Assemblée générale.


faridM@alterinfo.net
Samedi 7 Novembre 2009

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE: ISRAËL ET LES PALESTINIENS APPELÉS À LANCER DES ENQUÊTES CRÉDIBLES SUR LES FAITS EXPOSÉS DANS LE RAPPORT GOLDSTONE
Assemblée générale
 AG/10882
 Département de l’information • Service des informations et des
accréditations • New York
 
     Assemblée générale                                          
 
     Soixante-quatrième session                                  
 
     36e et 37e séances plénières – matin et après-midi
 
   Le rapport demande à Israël et à la partie palestinienne de prendre, dans
un délai de six mois, toutes les mesures nécessaires en vue de procéder à
des investigations indépendantes, crédibles et conformes aux normes
internationales, sur les violations mentionnées.  Dans le cas contraire, il
recommande que le Conseil de sécurité défère la situation au Procureur de la
Cour pénale internationale (CPI).  
 
     Si l’observateur de la Palestine a assuré de l’engagement de son
gouvernement à enquêter, il a néanmoins refusé toute équation de
proportionnalité entre les possibles violations perpétrées côté palestinien
et celles perpétrées par la « puissance occupante ».
 
     Nous ne devons pas permettre que notre discussion aujourd’hui ne soit
qu’une occasion de plus d’exprimer notre sympathie et notre respect du droit
international, a-t-il aussi déclaré.  Les crimes d’Israël ont été
documentés dans d’innombrables rapports de différents comités, commissions
d’enquête ou missions d’établissement des faits, et pourtant rien n’a
été fait pour en assurer le suivi, a-t-il estimé, rejoint par son homologue
de la Jamahiriya arabe libyenne qui s’est réjoui que le rapport « offre,
pour la première fois, l’occasion de mettre l’entité sioniste devant ses
responsabilités ».
 
     La représentante d’Israël a dénoncé un débat « tout sauf sincère
», accusant la mission d’établissement des faits d’avoir dès ses débuts
eu un mandat partial avec des conclusions prédéterminées, et le rapport de
porter des accusations « au mieux non corroborées, au pire fausses ».  Le
juge Goldstone, lui-même, a concédé publiquement que si la mission
d’établissement des faits avait été un jury, l’un des membres de son
équipe aurait été disqualifié pour son parti pris contre Israël, a-t-elle
affirmé.  
 
     Aucun doute n’est permis quant à l’intégrité des membres de la
mission, a jugé au contraire le représentant de la Jamahiriya arabe libyenne,
alors que le représentant du Liban a rendu un hommage appuyé à la «
partialité » du juge Goldstone.  « Il a toujours été partial, c’est vrai,
en faveur de la seule vérité », a-t-il déclamé.
 
     Si les critiques et les attaques visant le rapport Goldstone n’ont
d’autre but, pour leurs auteurs, que d’échapper à leurs responsabilités,
ces efforts seront vains, a averti le représentant palestinien, assurant de sa
détermination à assurer le suivi de ce rapport dans tous les fora
internationaux pertinents, jusqu’à ce justice soit rendue.
 
     La représentante d’Israël a, quant à elle, assuré de l’efficacité
du système judiciaire israélien pour enquêter sur les cas de mauvaise
conduite au sein de ses forces armées.  De nombreuses délégations, à
l’instar du Liechtenstein, ont d’ailleurs rappelé le concept de base de la
Cour pénale internationale qui est la responsabilité première des États
d’enquêter et de poursuivre les auteurs de crimes de génocide, de crimes de
guerre et de crimes contre l’humanité.
 
     Les délégations ont également été nombreuses à souhaiter la
convocation d’une conférence des Hautes parties contractantes à la
Convention de Genève, afin d’examiner les moyens d’appliquer l’article 1
de la Convention, qui les engage à respecter et à faire respecter la
Convention « en toutes circonstances ».
 
     Les conclusions de la mission d’établissement des faits sur le conflit
de Gaza, créée par le Président du Conseil des droits de l’homme de
l’ONU, sont connues sous le nom de « rapport Goldstone » du nom de son
Président, le Sud-africain Richard Goldstone, qui fut notamment juge à la Cour
constitutionnelle de son pays et Procureur des Tribunaux pénaux internationaux
pour le Rwanda (TPIR) et pour l’ex-Yougoslavie (TPIY).
 
     Le Conseil des droits de l’homme, qui a examiné le 29 septembre dernier
le rapport de la mission, a dans un premier temps décidé, à la demande de
l’Autorité palestinienne, appuyée par la Ligue des États arabes,
l’Organisation de la Conférence islamique (OCI) et le Mouvement des pays
non-alignés, de reporter toute décision jusqu’à sa session suivante, en
mars 2010.  À la demande des mêmes parties, il s’est toutefois réuni en
session extraordinaire le 15 et 16 octobre dernier et a fait siennes les
recommandations du Rapport.
 
     L’Assemblée générale poursuivra l’examen de cette question demain,
jeudi 5 novembre, et devrait procéder au vote sur la résolution intitulée «
Suite donnée au rapport de la mission d’établissement des faits de
l’Organisation des Nations Unies sur le conflit de Gaza »*, après son débat
sur le contrôle des drogues, la prévention du crime et la lutte contre le
terrorisme international.
 
     * (A/64/L.11)
 
 
     RAPPORT DU CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME A/64/53/ADD.1)
 
     Déclarations
 
     M. MAGED ABDELAZIZ (Égypte), au nom du Mouvement des non-alignés, a
estimé que le rapport confirmait que des graves violations des droits de
l’homme et du droit international avaient été commises durant les
opérations militaires d’Israël dans la bande de Gaza.  Condamnant les faits
rapportés, il a appelé à un suivi rigoureux des recommandations du rapport.
Des mesures immédiates doivent être prises pour adopter une résolution qui
appelle le Gouvernement d’Israël tout comme la partie palestinienne à lancer
une enquête indépendante.  Il a estimé nécessaire d’assurer une
évaluation étroite de ces efforts afin de déterminer la marche à suivre.
 
     Dans le cadre de leur système juridique respectif, a-t-il insisté, les
parties doivent, dans les trois mois qui viennent, et compte tenu de la
complémentarité entre les juridictions nationales et internationales, mener
des enquêtes qui soient indépendantes, crédibles et conformes aux normes
internationales.  Le Mouvement des non-alignés, a conclu le représentant,
reste prêt à s’engager activement dans toute action visant à garantir les
poursuites de tous les responsables des crimes contre la population civile de
Gaza.  La justice pénale doit suivre son cours et la culture de l’impunité
doit cesser d’exister, a-t-il insisté.
 
     M. RIYAD MANSOUR, Observateur permanent de la Palestine, a estimé que
l’adoption par le Conseil des droits de l’homme du rapport Goldstone et de
ses recommandations constituait une étape significative pour la fin de la «
culture insidieuse » de l’impunité qui a trop longtemps prévalu et pour que
justice soit rendue au peuple palestinien.  
 
     Je suis aujourd’hui devant vous pour vous faire part des souffrances et
des doléances du peuple palestinien, qui depuis plus de quatre décennies, sous
l’occupation brutale d’Israël est privé de ses droits à
l’autodétermination et à la souveraineté sur sa terre et qui fait l’objet
de déplacements, d’assassinats, d’emprisonnement, de destruction,
d’oppression, de punitions collectives, y compris un blocus « suffisant »,
de confiscations de terres et de propriétés, de colonisation, de violations de
ses droits fondamentaux et d’autres formes d’affront constant à la dignité
humaine et à la sécurité.  En plus de cela, plus de la moitié des
Palestiniens vivent sans État, comme réfugiés et privés du droit au retour
depuis plus de six décennies, a ajouté l’observateur.
 
     Malgré tous les efforts, la communauté internationale et les Nations
Unies n’ont pas réussi à mettre en œuvre leurs propres résolutions,
créant une culture de l’impunité en faveur d’Israël.  Les crimes
d’Israël ont été documentés dans d’innombrables rapports de différents
comités, commissions d’enquête ou missions d’établissement des faits, et
pourtant rien n’a été fait pour assurer le suivi de ces conclusions afin de
mettre véritablement fin à l’occupation et aux crimes et violations
perpétrés contre notre peuple, a insisté l’observateur.   
 
     Après avoir rappelé la gravité et la volatilité de la situation à
Jérusalem-Est occupée à cause des provocations et des actions illégales
d’Israël et des colons extrémistes, l’observateur a souligné que le
rapport Goldstone a reçu un large appui, mais a également essuyé des
critiques de la part d’une minorité qui est même allée jusqu’à attaquer
certains membres de la mission d’établissement des faits.  Si par ces
critiques et ces attaques leurs auteurs veulent échapper à leurs
responsabilités, a prévenu l’observateur, leurs efforts seront vains car «
nous sommes déterminés à assurer le suivi de ce rapport et de ses
recommandations dans tous les fora internationaux pertinents, y compris le
Conseil de sécurité et la Cour pénale internationale (CPI), jusqu’à ce que
justice soit rendue ».  
 
     Nous sommes conscients, a poursuivi l’observateur, que la mission a
enquêté sur toutes les allégations de violations du droit international, y
compris celles contre la partie palestinienne.  Nous prenons très au sérieux,
a-t-il assuré, les informations sur les « éventuelles » violations
palestiniennes, mais nous réaffirmons « très clairement » qu’il n’y a
absolument aucune symétrie ou proportionnalité entre l’occupant et
l’occupé.  Il a réitéré l’engagement de son gouvernement de mener des
enquêtes sur ces informations.  
 
     Que nos discussions aujourd’hui, a plaidé l’observateur, ne soient
pas une autre occasion d’exprimer notre sympathie et notre respect pour le
droit international.  Nous devons être unis pour passer ce test de
crédibilité, d’intégrité et de pérennité du système international.  La
puissance occupante doit savoir que la communauté internationale ne tolèrera
plus ses actions car « l’engagement aux principes du droit international doit
être au-dessus de toute autre considération qui ferait une farce du système
international ».
 
     Le projet de résolution présenté devant l’Assemblée générale est
un effort collectif sérieux et responsable, a déclaré l’observateur.  Nous
voulons, a-t-il dit, tourner la page de ce chapitre « horrible et tragique »
et passer à une nouvelle ère dans laquelle le peuple palestinien peut vivre
dans la paix, la liberté et la dignité dans un État indépendant de Palestine
avec Jérusalem-Est comme capitale.  
 
     M. PAUL BADJI, Président du Comité pour l’exercice des droits
inaliénables du peuple palestinien, a expliqué que le Comité avait organisé
en juin dernier une réunion internationale afin d’examiner les résultats
initiaux des enquêtes lancées par le Secrétaire général et la Ligue des
États arabes sur Gaza.  Le but déclaré était de renforcer l’adhésion aux
normes du droit international humanitaire, a-t-il ajouté, en indiquant que les
participants ont demandé l’application des recommandations de tous les
mécanismes d’enquête de l’ONU.  Passant en revue le rapport Goldstone, le
représentant a estimé que ce document a administré la preuve qu’à la fois
Israël et des groupes armés palestiniens ont commis de graves violations du
droit international humanitaire et des droits de l’homme pendant les combats.

 
     Il a appuyé la recommandation prééminente adressée par la mission à
Israël et aux Palestiniens tendant à conduire des enquêtes impartiales et à
poursuivre les responsables.  Il a notamment insisté sur le fait que le rapport
demande au Conseil de sécurité de créer une commission d’experts afin de
contrôler ces enquêtes intérieures.  Si les parties n’ouvraient pas
d’enquêtes crédibles dans un délai de six mois, le rapport recommande de
poursuivre les responsables en intentant une action en justice au niveau
international.
 
     Le Président a demandé à l’Assemblée générale d’envisager
d’adopter une résolution demandant la convocation d’une conférence des
Hautes Parties contractantes à la Convention de Genève afin d’examiner les
moyens d’appliquer l’article 1 de la Convention.  
 
     Intervenant ensuite en sa qualité de Représentant permanent du
Sénégal, M. Badji a estimé que la mise en œuvre immédiate des
recommandations émises dans le rapport Goldstone ne devait être retardée sous
aucun prétexte.  Il a plaidé pour la prise de mesures idoines pour faire
observer scrupuleusement le respect des règles du droit international.  La
lutte contre l’impunité ne doit entamer en aucune manière notre volonté
déterminée à progresser dans le règlement du conflit israélo-palestinien et
devrait plutôt nous engager à lutter aux côtés des parties au conflit pour
trouver une solution juste, définitive et globale à ce long conflit de
l’histoire contemporaine.  Nous sommes à un tournant de l’histoire de
l’humanité où le rapport Goldstone offre le meilleur espoir de justice et de
réparations pour les victimes.
 
     M. ANDERS LIDÉN (Suède) a, au nom de l’Union européenne (UE), une
nouvelle fois, lancé un appel urgent à l’Autorité palestinienne et au
Gouvernement israélien pour qu’ils entament des négociations sérieuses de
paix, aussitôt que possible, en respectant tous les accords précédents, y
compris en honorant les engagements pris en vertu de la Feuille de route.  Il a
réitéré la nécessité de garantir une solution politique de deux États,
Israël et un État palestinien indépendant, démocratique, contigu et viable
», vivant côte à côte dans la paix et dans la sécurité.  Si l’on veut,
a-t-il dit, une paix réelle, on doit trouver le moyen de partager Jérusalem et
d’en faire la future capitale de deux États.  L’Union européenne, a
prévenu le représentant, ne reconnaitra aucun changement des frontières
d’avant 1967, si ce n’est celles qui ont été convenues par les deux
parties.
 
     Le représentant a souligné que toutes les allégations concernant des
violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire doivent
faire l’objet d’une enquête approfondie.  Tous les responsables de ces
violations, a-t-il ajouté, doivent rendre des comptes.  Il a estimé qu’une
solution durable à la crise à Gaza doit être trouvée avec la pleine mise en
œuvre de la résolution 1860 du Conseil de sécurité.  Qualifiant de « grave
» le rapport Goldstone, le représentant a lancé un appel aux parties pour
qu’elles lancent des enquêtes « appropriées, crédibles et indépendantes
» sur les possibles violations des droits de l’homme et du droit
international humanitaire.  Un suivi adéquat doit être assuré, a estimé le
représentant.
 
     M. BASHAR JA’AFARI (République arabe syrienne), au nom de
l’Organisation de la Conférence islamique (OCI), a souligné que le rapport
Goldstone avait confirmé les pires craintes de la communauté internationale
concernant les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par
Israël à Gaza.  Le Conseil de sécurité, a-t-il poursuivi, doit assumer ses
responsabilités et prendre toutes les actions nécessaires pour traduire en
justice tous les responsables de ces crimes de guerre.  Regrettant le refus
constant d’Israël de coopérer avec les missions indépendantes, le
représentant a prévenu que l’incapacité des Nations Unies de ramener
Israël sous le parapluie du droit international a malheureusement détruit
l’image de l’ONU dans le monde musulman, en particulier lorsque l’on voit
les profanations quotidiennes du lieu saint d’Al Qods Al-Sharif.  Il a conclu
en réitérant que les mesures illégales d’Israël minaient la continuité,
l’unité et l’intégrité du territoire palestinien et empêchaient la
création d’un État indépendant, souverain et viable avec Al Qods Al-Sharif
comme capitale, sur la base de la solution de deux États.  Le représentant a
appelé la communauté internationale et le Conseil de sécurité à appuyer la
reprise rapide et la conclusion d’un processus de paix crédible, durable et
orienté vers les résultats, et acceptable pour le peuple palestinien.   
 
     Mme GABRIELA SHALEV (Israël) a souligné que les États ont non seulement
le droit mais surtout le devoir de poursuivre ceux qui s’adonnent au
terrorisme.  Or aujourd’hui, plutôt que de s’attaquer au terrorisme,
l’Assemblée générale, a-t-elle dénoncé, a choisi à nouveau de se
détacher de la réalité.  Le débat d’aujourd’hui est tout sauf sincère,
a-t-elle accusé, voyant là une autre campagne contre les victimes du
terrorisme, à savoir la population d’Israël.  
 
     Le rapport dont est saisie l’Assemblée a été, a-t-elle estimé, «
conçu dans la haine et exécuté dans le péché », car il a été fait par un
organe politisé ayant des conclusions prédéterminées.  Il s’agit d’un
produit du Conseil des droits de l’homme dont l’obsession pour Israël l’a
conduit à adopter plus de résolutions anti-israéliennes que contre tous les
autres Membres de l’ONU, mis ensemble.  Ce même Conseil, a-t-elle encore
dénoncé, a pourtant refusé d’enquêter sur les 12 000 tirs de roquettes et
de mortier lancés par le Hamas, pendant huit ans, sur les villes et villages
d’Israël.
 
     Le juge Goldstone lui-même, a affirmé la représentante, a concédé
publiquement que si la mission d’établissement des faits avait été un jury,
l’un de ses membres aurait été disqualifié pour son parti pris contre
Israël.  Pourtant, le rapport porte des accusations « explosives » contre
Israël, en se fondant sur des informations au mieux non corroborées au pire
fausses, et tire, dans certains cas, des conclusions sans preuve ou avec pour
seule preuve l’opinion de ses auteurs.  Trop souvent, le rapport transforme
les efforts sans précédent faits par Israël pour sauver des vies civiles en
preuve d’attaques délibérées contre les civils.
 
     Le juge Goldstone lui-même, a aussi affirmé la représentante, a admis
que la mission avait délibérément sélectionné des incidents pour éviter le
dilemme complexe de faire face aux menaces dans les zones civiles.  Le rapport
ignore la réalité des activités terroristes et la complexité des défis
militaires dans le combat contre des terroristes dans une ville.  
 
     Le rapport ignore, a poursuivi la représentante, les multiples éléments
qui prouvent que le Hamas a intentionnellement opéré dans des zones densément
peuplées ou à partir de mosquées et d’hôpitaux.  Il ne fait aucune
référence au recrutement de civils et à leur utilisation comme boucliers
humains, a-t-elle dénoncé.  
 
     Israël, a-t-elle dit, est engagé à agir conformément au droit
international et à mener des enquêtes sur toute allégation de mauvaise
conduite de la part de ses soldats.  Nous croyons, a-t-elle ajouté, à la
vision de deux États mais ce rapport et ce débat ne servent pas la paix.  Ils
compromettent tout effort visant à revitaliser les négociations et nient à
Israël le droit de se défendre.  
 
     Si l’on demande à Israël de faire des concessions pour la paix, il
doit obtenir les assurances que son droit à se défendre lui sera garanti.
Nous devons savoir que les terroristes ne jouiront pas de l’impunité
lorsqu’ils font de nos gestes de paix des armes de guerre, a conclu la
représentante.
 
     « La guerre barbare d’Israël contre Gaza n’est pas un secret », a
dit par deux fois, M. ABDALMAHMOOD ABDALHALEEM MOHAMAD (Soudan).  L’assassinat
de civils est un fait reconnu par tous, ainsi que les violations graves du droit
international humanitaire et de la Convention de Genève, a-t-il poursuivi, en
dénonçant « ce mépris » des Nations Unies et de leurs résolutions.  Citant
abondamment le rapport, le représentant a prévenu que ces pratiques ne
mettront pas fin à la résistance des Palestiniens.  Les conclusions du rapport
Goldstone sont un défi lancé aux Nations Unies, a-t-il estimé, en ajoutant
qu’il y va de la crédibilité de l’Assemblée générale.  Le rapport a
mais à nu les crimes commis contre le peuple palestinien, mais aussi les
politiques de deux poids deux mesures, a-t-il insisté.
 
     M. MOHAMMAD KHAZAEE (République islamique d’Iran) a estimé que la
résolution adoptée à la douzième session extraordinaire du Conseil des
droits de l’homme offrait l’occasion pour l’ONU de tenir le régime
israélien responsable de ses crimes et de mettre un terme à l’impunité.  Ce
n’est qu’en s’assurant de cela et en lançant une enquête véritablement
indépendante que l’ONU pourra mettre un terme à cette impunité de facto
dont jouit depuis trop longtemps Israël, a-t-il dit.  M. Khazaee a ensuite
estimé, à l’instar du rapport Goldstone, que l’Assemblée générale
devait rester saisie de la question jusqu’à ce que justice soit rendue.
L’Assemblée devrait pouvoir voir si des mesures additionnelles sont
nécessaires, dans l’intérêt de la justice.  Elle devrait, a dit le
représentant à l’instar du rapport, demander la convocation d’une
conférence des Hautes Parties contractantes de la Convention de Genève sur les
mesures visant à mettre les dispositions de ladite Convention dans les
territoires palestiniens occupés.
 
     M. ERTUĞRULAPAKAN (Turquie) a déclaré qu’alors que certains estiment
que le rapport Goldstone représente une menace pour le processus de paix, sa
délégation estimait que c’était, au contraire, une chance pour Israël de
rectifier la situation à Gaza et pour la communauté internationale de
répondre aux privations et à la détresse du peuple palestinien, a-t-il
affirmé.  Le représentant a estimé que le lancement d’enquêtes crédibles
sur les allégations de violations du droit international permettrait de
rétablir la confiance entre les parties, contribuant ainsi aux efforts de paix
dans la région.  La Turquie, a-t-il ajouté, appuie fermement les efforts
visant à réactiver le processus de paix, et ce, dans le cadre des résolutions
pertinentes du Conseil de sécurité, des Principes de Madrid, de l’Initiative
de paix arabe et des obligations découlant de la Feuille de route.  Il a
cependant estimé qu’il n’est plus possible de demeurer indifférent à la
situation de Gaza qui est devenue depuis longtemps une question d’humanité et
d’intégrité.  La responsabilité revient à la communauté internationale;
et le temps est venu pour l’ONU de combattre l’impunité, de rendre les
parties comptables de leurs actes et d’agir avec cohérence.  La paix ne peut
être réalisée sans justice, a-t-il conclu.
 
     Aujourd’hui nous est donnée une occasion, pour la première fois, de
mettre les occupants sionistes face à leurs responsabilités, a estimé M.
IBRAHIM OMAR A. DABBASHI (Jamahiriya arabe libyenne), se félicitant de cette
tentative pour redonner vie au droit international « dont les sionistes font fi
».  Nous espérons que l’issue de cette réunion ne sera pas une fois de plus
une déception pour les populations dans le monde, a-t-il dit.  La procédure
suivie par la mission d’établissement des faits ne laisse place à aucun
doute, notamment quant à l’intégrité de ses membres, a déclaré le
représentant.  Il a insisté sur le fait que la lutte contre l’occupation
étrangère est un droit inaliénable de tous les peuples et que l’on ne peut
faire de parallèle entre l’oppresseur et l’opprimé, en arguant du fait que
la mission n’a trouvé aucune preuve d’utilisation de boucliers humains ou
d’hôpitaux, de mosquées et d’installations des Nations Unies pour lancer
des activités militaires.  
 
     Comprenant que la mission a de sérieux doutes quant à la faculté
d’Israël de mener des enquêtes, le représentant a jugé qu’il incombe à
la communauté internationale de transmettre ce dossier à la CPI pour prouver
son sérieux.  Nous allons entendre aujourd’hui des pays qui vont invoquer le
processus de paix pour empêcher que justice soit rendue, a-t-il averti,
estimant qu’Israël a toujours pu avoir ce qu’il a voulu, sans contrepartie.
 Une analyse réaliste de ce qui se passe depuis les Accords d’Oslo montre
qu’il n’y a pas de processus de paix mais une stratégie politique qui
distrait les Palestiniens et les Arabes jusqu’à ce qu’Israël obtienne ce
qu’il veut, a-t-il estimé.  Nous mettons en garde contre l’échec de la
mise en application des recommandations de cette mission, car cela enverrait au
monde entier le message selon lequel Israël est au-dessus des lois, a-t-il
enfin dit.
 
     M. BUI THE GIANG (Viet Nam) s’est félicité de la publication du
rapport Goldstone et de son examen par l’Assemblée générale.  Il a indiqué
que sa délégation était préoccupée par le fait qu’Israël avait manqué
de prendre des mesures de précaution pour minimiser les pertes en vies civiles,
de même que par les tirs de roquettes qui menaçaient les communautés du sud
d’Israël.  Le respect du droit international humanitaire et des droits de
l’homme, la fin de l’impunité et la création de mécanismes de
responsabilisation sont essentiels pour éviter la récurrence de violations
graves et pour trouver une solution pacifique au conflit Israélo-arabe, a-t-il
estimé.
 
     Selon le représentant, la nature explosive de la situation que connait la
région rend impératif le renoncement à l’usage de la force et de la
violence.  Des dialogues de bonne foi et des négociations pacifiques offrent le
seul cadre viable pour permettre aux parties de laisser les options militaires
de côté, a-t-il affirmé.  Il a notamment engagé Israël à mettre un terme
aux activités illégales que sont la colonisation et l’édification du mur de
séparation.  Il a également demandé la réouverture de tous les points de
passage vers Gaza, pour engager ensuite les factions palestiniennes à œuvrer
en faveur de la réconciliation et à créer un gouvernement d’unité
nationale.
 
     M. TAWFEEQ AHMED ALMANSOOR (Bahreïn) a indiqué que sa délégation
espérait que l’adoption de ce rapport par le Conseil des droits de l’homme
insufflerait un nouvel élan aux mesures importantes à prendre pour assurer la
justice et mettre un terme aux graves violations du droit international.  Le
rapport Goldstone constitue un tournant pour la justice, a-t-il dit.
L’impunité a créé une crise de la justice dans les territoires palestiniens
occupés et des actions sont nécessaires pour y faire face, a-t-il poursuivi,
en jugeant que les crimes perpétrés relevaient de la compétence de la CPI.
Le Conseil de sécurité devrait examiner le rapport et saisir la CPI de la
situation à Gaza si, dans les trois mois, Israël ne met pas sur pied des
enquêtes de bonne foi.  Établir les responsabilités permettrait de servir la
cause de la paix, a-t-il ajouté.
 
     M. AHMED AL-JARMAN (Émirats arabes unis) s’est déclaré préoccupé et
choqué par les informations contenues dans le rapport Goldstone, qui reflètent
d’une manière ou d’une autre, a-t-il dit, la gravité des violations des
droits de l’homme commises par les forces israéliennes.  Ces violations,
a-t-il poursuivi, suffisent juridiquement à condamner pour crimes de guerre et
crimes contre l’humanité, a estimé le représentant.  Ces violations
israéliennes s’ajoutent à une longue liste des crimes de guerre et de
violations systématiques des droits de l’homme du peuple palestinien depuis
1948, a-t-il insisté.  Le représentant a appelé tous les organes et entités
des Nations Unies à prendre des actions urgentes dans les limites de leurs
mandats respectifs et conformément aux recommandations du rapport.
 
     Ces actions urgentes doivent contraindre Israël à mettre immédiatement
fin à ses graves violations des droits de l’homme, qui alimentent la violence
et l’instabilité dans la région, menacent la paix et la sécurité
internationales et font obstacle à la poursuite du processus de paix au
Moyen-Orient, a-t-il plaidé.  Il a aussi appelé l’Assemblée générale,
conformément aux recommandations du rapport, à saisir le Conseil de sécurité
dudit rapport.  Il a également appelé Israël à lancer une enquête
indépendante et impartiale et le Gouvernement suisse à prendre les mesures
nécessaires pour tenir une conférence des Hautes Parties contractantes à la
Convention de Genève.  L’Assemblée, a-t-il conclu, doit rester saisie de la
question, en attendant le rapport du Secrétaire général sur la mise en œuvre
des recommandations du rapport.  
 
     M. MOHAMMED LOULICHKI (Maroc) a déclaré que le rapport Goldstone ne
vient que s’ajouter à ceux qui, au niveau international, avaient décrit la
gravité des actes perpétrés par Israël.  Avec l’adoption de la résolution
1860, a-t-il poursuivi, la communauté internationale avait espéré que la
machine de guerre israélienne se taise.  Le représentant a dénoncé, entre
autres, la fermeture des points de passage vers Gaza et le « sacrilège » des
lieux saints.  Il a, une nouvelle fois, condamné énergétiquement toutes les
mesures contre la mosquée d’Al-Aqsa.  Il a insisté sur l’importance
qu’il y a à respecter les religions et les lieux de culte pour parvenir à
une meilleure coexistence et à la tolérance.  La reprise du processus de paix
est la seule option, a-t-il ajouté, en appuyant la création d’un État
palestinien selon la vision américaine.  Il a espéré, en concluant, que les
Israéliens cesseraient de se considérer comme des victimes et parviendraient
à appuyer les efforts déployés par la partie palestinienne.
 
     Répondant à la représentante d’Israël, M. NAWAF SALAM (Liban) a
admis que le juge Richard Goldstone est partial.  Il a toujours été partial
mais en faveur de la seule vérité, a déclaré le représentant.  Il a
rappelé que le juge avait rejeté le premier mandat que lui avait défini le
Conseil des droits de l’homme et qu’il s’était battu pour y inclure
toutes les violations des droits de l’homme.  Si nous supposons, comme
certains le disent en Israël, ne serait-ce que par amour de la polémique, que
le juge Goldstone avait des objectifs politiques, ce serait de sauver Israël
puisqu’il a lui-même déclaré qu’il était « un Juif qui a toujours
soutenu Israël ».  Cette avalanche de critiques, a rétorqué le
représentant, a pour unique objet de détourner l’attention de ce qui compte,
à savoir les conclusions de la mission qui établissent qu’Israël a violé
les normes du droit international.  La fin de l’impunité est un préalable à
une paix juste et globale, a-t-il insisté, rejetant l’invocation par Israël
de son droit à la légitime défense.  Israël invoque la légitime défense
mais la qualifie de terrorisme lorsqu’il s’agit d’actes perpétrés par
les Palestiniens, a ironisé le représentant.  
 
     M. FUAD AL-HINAI (Oman) s’est à son tour félicité des recommandations
du rapport Goldstone.  Plus d’une fois a-t-il déclaré, le rapport confirme
qu’Israël a commis des crimes de guerre.  Il est temps que la communauté
internationale se montre ferme face à ces crimes et oblige leurs auteurs à
rendre des comptes et à indemniser les victimes, a-t-il lancé.  Il a estimé
que la poursuite des auteurs de ces crimes rendrait les responsables israéliens
plus sensibles à la nécessité de poursuivre le processus de paix au
Moyen-Orient.  Le représentant a aussi appelé le Conseil de sécurité à
assumer ses responsabilités en matière de maintien de la paix et de la
sécurité internationales.
 
     M. B.K. HARIPRASAD (Inde) a appelé l’Assemblée à ne pas perdre de vue
les faiblesses du rapport, y compris le fait, que le rapport admet lui-même,
que ses conclusions ne répondaient pas toutes aux normes de preuve applicables
dans les tribunaux pénaux et que la mission devait soumettre ses
recommandations au Conseil de sécurité et non pas à d’autres institutions
de l’ONU et du système multilatéral.  Rappelant que le Conseil a examiné le
rapport le 14 octobre dernier, il s’est dit convaincu que les parties au
conflit de Gaza doivent faire leur introspection et prendre des mesures fermes
contre les responsables des violations du droit international humanitaire et des
droits de l’homme.  La communauté internationale, en particulier les pays de
la région, doit jouer un rôle positif et créer un climat propice aux
enquêtes et à leur suivi, a ajouté le représentant.  Il a conclu en
émettant ses réserves quant à l’idée d’approuver telles quelles
certaines des recommandations et procédures suggérées, dont l’implication
de la CPI et du Conseil de sécurité.
 
     M. CHRISTAIN WENAWESER (Liechtenstein) s’est déclaré déçu des deux
décisions que le Conseil des droits de l’homme a adoptées sur le rapport et
a espéré que le débat d’aujourd’hui aboutira à une décision «
responsable et appropriée » du seul organe universel des Nations Unies.
Pourquoi, s’est-il demandé, avons-nous un rapport si complet sur les
opérations militaires à Gaza alors que de possibles violations graves du droit
international humanitaire commises dans des opérations contre des rebelles dans
d’autres parties du monde n’ont fait l’objet d’aucune enquête
crédible.  Nous sommes devant un problème de sélectivité que nous
connaissons trop bien dans le domaine des droits de l’homme, a dénoncé le
représentant.
 
     M. Wenaweser a rappelé la base conceptuelle de la CPI, dont le principe
de complémentarité, qui est la responsabilité première des juridictions
nationales en matière de poursuites pour crimes de génocide, crimes contre
l’humanité et crimes de guerre.  Il a donc espéré, conformément aux dires
de la mission, que la résolution à venir se focalisera sur la responsabilité
des parties au conflit d’enquêter sur les allégations de violations graves
du droit international humanitaire.  L’Assemblée peut, dans ce contexte, se
réserver le droit de se saisir à nouveau de la question, si à la lecture du
prochain rapport du Secrétaire général, elle le juge nécessaire, a conclu le
représentant.  
 
     M. YUKIO TAKASU (Japon) s’est félicité que la mission ait essayé
d’assurer l’équilibre et d’enquêter à la fois sur les actes commis par
les Palestiniens et par les Israéliens.  Il a espéré que les deux parties
prendront des mesures nécessaires pour mener des enquêtes crédibles.  Il a
jugé important que l’Assemblée et les autres organes de l’ONU tiennent des
discussions propices à la promotion d’un dialogue constructif sur la
situation qui prévaut à Gaza sans entraver les efforts déployés par les deux
parties.  Cela est d’autant plus important, a insisté le représentant, que
les deux parties déploient des efforts « sérieux » pour reprendre les
pourparlers de paix.  
 
     M. MOURAD BENMEHIDI (Algérie) a confié que le rapport Goldstone, «
dense et documenté », suscitait l’indignation, saluant le fait qu’il ait
mis les victimes civiles au cœur de ses préoccupations relatives aux
violations du droit international.  Il est tout à faire compréhensible, a-t-il
ajouté, que l’enquête se soit moins portée sur la qualité des auteurs de
violations que sur la nature et les instruments du crime en déterminant les
circonstances des faits portés à la connaissance de la mission.  Pour autant,
a prévenu le représentant, il serait « injuste et offensant » au plan moral
de placer l’agresseur et l’agressé sur un pied d’égalité.
L’Algérie, a-t-il dit, est confiante que les investigations que la partie
palestinienne s’est engagée à conduire démontreront l’inanité de
l’argutie du droit à la légitime défense mise en avant par l’agresseur
israélien pour justifier ses crimes graves.  Face à ce genre d’agression, a
insisté le représentant, prôner le partage des responsabilités serait faire
preuve d’une « naïveté affligeante ».
 
     Rappelant les crimes de guerre et contre l’humanité qui servent les
l’objectif expansionniste d’Israël, le représentant a pourtant jugé que
le dernier crime commis à Gaza revêt un caractère exceptionnel en ce qu’il
menace la notion même de « norme de droit ».  Il a regretté, que malgré la
condamnation de la communauté internationale, le Conseil de sécurité n’ait
pas pris d’action décisive.  C’est précisément, a-t-il dit, l’impunité
d’Israël et l’action de blocage de toute décision politique du système
des Nations Unies qui porte atteinte à la crédibilité même de l’ONU.  Il a
appelé l’Assemblée à adopter « massivement » le projet de résolution que
le Groupe arabe a présenté sur la base des recommandations du rapport
Goldstone.  Ce faisant, les États Membres, marqueront « la fin de la paralysie
» qui a trop longtemps caractérisé l’attitude de l’ONU à l’égard
d’Israël, contribuant ainsi à mettre fin à la culture de l’impunité.
 
     M. PETER MAURER (Suisse) a insisté sur la crédibilité du rapport
Goldstone découlant du fait que la mission avait enquêté sur les allégations
de violations commises par toutes les parties.  À ce stade, a-t-il jugé, il
est crucial que les parties au conflit mènent des enquêtes indépendantes et
conformes aux standards internationaux.  C’est à elle qu’incombe en premier
lieu cette responsabilité, a-t-il insisté.  Si les parties au conflit, a-t-il
ajouté, n’ont pas la volonté ou la capacité de le faire, il appartiendra à
la communauté internationale de veiller à ce que ces violations ne restent pas
impunies.  M. Maurer a ensuite rappelé que le Conseil des droits de l’homme
avait entériné les recommandations du rapport et appelé les différents
acteurs à veiller à leur application.  Le cas échéant, l’Assemblée
générale devrait examiner la création d’un comité indépendant d’experts
en droit international humanitaire et en droits humains pour superviser toutes
les procédures entreprises par les parties en la matière, a-t-il dit.  Dans
l’intérêt des victimes, tant israéliennes que palestiniennes, nous devons
nous assurer que ce rapport ne tombe pas dans l’oubli ou dans
l’indifférence, a conclu le représentant.
 
     M. HASAN KLEIB (Indonésie) a appelé tous les États Membres à adhérer
au rapport Goldstone.  En tant que pays émergeant des cendres du colonialisme,
nous savons, a prévenu le représentant, que l’humiliation ne peut être
source de force.  Une telle politique ne fera que renforcer la société
opprimée et la pousser à combattre ses oppresseurs.  Israël devrait apprendre
de l’histoire, a lancé le représentant.  Certains pays peuvent appuyer le
rapport, d’autres peuvent remettre en doute certaines parties, mais rien ne
peut justifier que l’on prive le peuple palestinien de justice, a prévenu le
représentant.  Il est grand temps que l’Assemblée générale examine le fond
et les recommandations du rapport et prenne les mesures qui s’imposent, a-t-il
plaidé.  Israël devrait cesser de faire la sourde oreille.  
 
     Mme MARIA LUIZA RIBEIRO VIOTTI (Brésil) a salué le travail efficace et
professionnel des membres de la mission d’établissement des faits et estimé
que leurs conclusions méritaient un examen attentif.  Conformément au principe
de complémentarité, a-t-elle estimé, le rapport doit, à ce stade, d’abord
être mis en œuvre par les parties concernées, avec le plein soutien de la
communauté internationale.  Le Gouvernement israélien et les autorités
pertinentes à Gaza doivent lancer des enquêtes complètes, indépendantes et
crédibles, conformément aux normes internationales.  Compte tenu de la
responsabilité de la communauté dans la lutte contre les entorses au droit
international, le Brésil est convaincue, a dit la représentante, de la
nécessité d’un suivi international des enquêtes.  Il reviendra alors à
ceux qui refusent d’assumer leurs responsabilités d’en payer les
conséquences.  Nous devons nous laisser guider par la nécessité de rechercher
la justice et la vérité, tout en jetant des bases solides pour la
réconciliation entre Palestiniens et Israéliens, a-t-elle insisté.
 
     M. MOHAMMED F. AL-ALLAF (Jordanie) a déclaré que le rapport Goldstone
était une preuve de plus de l’échec des opérations militaires d’Israël
en Palestine. Ce rapport, a-t-il dit, vient s’ajouter aux nombreux autres qui
condamnaient les actions d’Israël.  Le représentant a regretté qu’Israël
n’ait pas coopéré avec la mission.  Mais, a-t-il dit, le moment est venu
pour la communauté internationale de faire respecter la justice pénale et de
s’assurer que les efforts du juge Goldstone n’auront pas été en vain.  La
lutte contre l’impunité n’entame en rien la réalisation de la paix et de
la justice, a argué le représentant, en engageant Israël à renoncer à
toutes les activités contraires au droit international, dont les activités de
peuplement.  Il a prévenu que les activités israéliennes à Jérusalem
risquaient de déclencher une nouvelle spirale de la violence.  Ces actes ne
sont pas conciliables avec la paix, a-t-il tranché.
 
     M. PEDRO NÚÑEZ MOSQUERA (Cuba) a estimé que le rapport constituait un
document « objectif, élaboré avec professionnalisme ».  Il a appelé
l'Assemblée générale à prendre des mesures pour faire en sorte que de tels
actes ne se poursuivent pas.  L’impunité ne peut perdurer, s’est-il
exclamé, avant de demander à Israël de respecter les règles internationales,
y compris celles du droit international humanitaire.  Le rapport, a-t-il conclu,
donne l’occasion de rappeler Israël à son obligation de respecter les
frontières de 1967.
 
     M. DIEGO MOREJÓN (Équateur) a appuyé, à son tour, les recommandations
du rapport, en se montrant une nouvelle fois préoccupé qu’Israël ait
refusé de coopérer avec la mission.  Rappelant la communauté internationale
à sa responsabilité de mettre fin à l’impunité, le représentant s’est
dit inquiet que le rapport parle de la volonté de moins en moins affirmée
d’Israël de mener des enquêtes sur les possibles violations des droits de
l’homme commises par des membres de ses forces armées.  Il a conclu en
appelant à une solution globale du conflit israélo-palestinien et du conflit
israélo-arabe dans son ensemble.
 
     M. NASSIR ABDULAZIZ AL-NASEER (Qatar) a signalé que le rapport Goldstone
n’était pas le premier à faire référence aux violations du droit
international commises par Israël.  Se demandant alors quel sort sera réservé
au rapport, il a demandé à l’Assemblée générale et au Conseil de
sécurité de prendre des mesures sérieuses pour assurer le suivi des
recommandations de la mission.  Négliger le rapport serait envoyer un mauvais
message, vu la magnitude des crimes qui y sont énumérés et la légitimité
que lui confère le Conseil des droits de l’homme.  Rappelant que le rapport
n’a trouvé aucune preuve d’utilisation de boucliers humains par la partie
palestinienne, le représentant a souligné que le droit à la lutte contre
l’occupation ne peut être comparé à une agression militaire par des forces
d’occupation.
 
     Le représentant a poursuivi en demandant la cessation immédiate des
activités de peuplement et des « actes terroristes » commis par des « colons
extrémistes ».  Contrairement aux affirmations de certains, a-t-il ajouté, le
fait de tenir Israël pour responsable de violations du droit international ne
constitue pas un obstacle à la reprise du processus de paix.  Au contraire,
a-t-il estimé, détourner le regard de la situation reviendrait à ériger le
plus grand obstacle aux efforts déployés par le Quatuor, les pays de la
région et les autres parties intéressées.  Pour le représentant,
l’adoption du projet de résolution représenterait un premier pas vers la fin
de l’impunité, la justice et le respect de la justice pénale.  Cette
résolution permettrait également de raviver le processus de paix au
Moyen-Orient, a-t-il avancé.
 
     M. MORTEN WETLAND (Norvège) a estimé qu’il était possible et un
devoir de restaurer le rôle du droit humanitaire international et le plein
respect des principes fondamentaux des Nations Unies.  La Norvège a souligné
depuis le début du conflit à Gaza que les parties au conflit ont la
responsabilité première d’enquêter et de juger les violations du droit
humanitaire commises par des forces sous leur commandement.  La valeur du
Rapport Goldstone va au-delà du conflit en question mais s’inscrit dans
l’examen que mène la communauté internationale pour définir le concept de
proportionnalité dans les guerres modernes, a-t-il estimé.  Il a estimé que
l’Assemblée générale doit envoyer un message clair et sans ambiguïté sur
le suivi à donner aux recommandations du Rapport.  Il est important que
l’action de l’Assemblée vienne en complément de celle du Conseil des
droits de l’homme pour ne pas avoir des processus concurrents.  Il a appelé
les auteurs de la résolution à tenir compte des propositions qui permettraient
l’appui le plus large possible.
 
     Mme MARIA RUBIALES DE CHAMORRO (Nicaragua) a souligné qu’il était
inacceptable que des violations répétées, de la part d’Israël, des normes
internationales en matière des droits de l’homme et du droit international
humanitaire continuent d’être tolérées. Il est important de signaler la
différence de comportement entre la puissance occupante et les autorités
palestiniennes, qui ont, elles, coopéré avec la mission, a-t-elle dit,
qualifiant de « honteux » le fait que la communauté internationale continue
de permettre à Israël de perpétuer ses crimes.  La communauté internationale
doit faire la preuve de sa détermination sur la question de la responsabilité
d’Israël de garantir le respect du droit international, a-t-elle ajouté.
 
     Le Nicaragua appuie l’avis de la mission d’établissement des faits
selon lequel certaines des actions du Gouvernement israélien peuvent justifier
qu’un tribunal compétent conclue que des crimes contre l’humanité ont
été commis, a-t-elle avancé, appelant à mettre en place des mesures
concrètes pour protéger la population civile des territoires palestiniens
occupés.  Elle a enfin estimé que tous les recours juridiques devaient être
envisagés pour mettre fin à l’impunité dont bénéficie Israël. Ceci ne
sera possible que si le principal soutien de ce pays, les États-Unis, cessent
d’appuyer la puissance occupante, a-t-elle dit.
 
     M. ROBLE OLHAYE (Djibouti) a tenu à rappeler que le Statut de Rome
souligne que les juridictions nationales ont la responsabilité première
d’enquêter et de poursuivre les auteurs des violations du droit international
humanitaire.  Il a donc pris note du fait que le Hamas envisage de créer un
comité pour examiner les circonstances des tirs dans les zones civiles du sud
d’Israël.  Il a appelé Israël à alléger les souffrances du peuple
palestinien, en ouvrant par exemple les points de passage.  Espérons, a-t-il
terminé, qu’Israël entende la voix de la raison et de la justice
internationale.
 
     M. BASO SANGQU (Afrique du Sud), a estimé que la mise en œuvre totale
des recommandations du rapport est cruciale pour s’attaquer aux actes
pernicieux d’impunité et contribuera grandement à l’obligation de rendre
compte de ses actes.  Le représentant a appelé le Gouvernement israélien à
se conformer entièrement à ces recommandations, faute de quoi le Conseil de
sécurité devrait examiner la question, y compris saisir la CPI.  Le Conseil se
tromperait s’il croit que ce rapport peut être pris à la légère, a
souligné le représentant.  Félicitant les Palestiniens pour leur adhésion
aux recommandations du rapport, le représentant a souligné que leur mise en
œuvre par les deux parties contribuerait immensément à la quête de la paix
et à la promotion de la stabilité et du développement de la région.   
 
     M. GHAZI JOMAA (Tunisie) a déclaré que la population palestinienne
était l’exemple le plus flagrant de la subjugation d’un peuple à une
puissance occupante.  Il a estimé que l’agression israélienne à
l’encontre de Gaza était un revers pour la région, alors même qu’il
importe de redonner un élan au processus de paix.  Le recours à la force et à
des armes interdites ne peut qu’alimenter la violence et la colère et le
rapport Goldstone reflète l’atrocité des actes commis à l’encontre la
population palestinienne, a-t-il affirmé.  Il faut donner toute l’importance
requise aux conclusions du rapport Goldstone et appliquer les mesures qui
s’imposent.  Le processus de paix, a estimé le représentant, est la seule
voie à suivre pour éviter une crise sécuritaire au Moyen-Orient et épargner
de nombreuses vies innocentes.  Il a ensuite engagé la communauté
internationale à intensifier ses efforts pour obtenir qu’Israël cesse ses
activités de peuplement, entre autres.  Le représentant a également estimé
qu’il fallait aider le peuple palestinien à dépasser les répercussions de
la guerre de Gaza en lui fournissant une aide humanitaire.
 
     M. KHALAF BU DHHAIR (Koweït) a salué un rapport professionnel et
factuel, « un document historique pour le Moyen-Orient, qui montre clairement
« les pratiques brutales d’Israël contre les habitants de Gaza », accusant
Israël d’avoir poursuivi une politique visant à cacher les faits aux médias
et à dissimuler les preuves.  Israël a usé de diverses tactiques pour
empêcher le travail de la mission, a-t-il dit, assurant que sans la
coopération de l’Égypte qui a ouvert le poste frontière de Rafah et celle
de l’Autorité palestinienne, elle n’aurait jamais pu découvrir la
vérité.  Compte tenu des révélations contenues dans le rapport, le Koweït
soutient toutes ses recommandations et demande aux Hautes Parties contractantes
de la Convention de Genève de prendre toutes les mesures nécessaires pour
convoquer une réunion urgente sur ces violations des droits de l’homme,
a-t-il déclaré, assurant que son pays travaillerait sans relâche pour que le
rapport Goldstone reste vivant dans la conscience de la communauté
internationale, jusqu’à ce que l’impunité soit éradiquée.  
 
     M. ZHANG YESUI (Chine) a insisté sur les souffrances du peuple
palestinien, comme sur les préoccupations sécuritaires d’Israël et les
morts civiles que le pays a connues, soulignant néanmoins que de telles
préoccupations ne sauraient justifier un recours excessif à la force.  Afin
d’améliorer réellement la situation humanitaire dans les territoires
palestiniens occupés, nous espérons qu’Israël accèdera à l’appel lancé
par la communauté internationale et ouvrira les postes frontières avec Gaza,
tout en mettant un point d’arrêt aux nouvelles installations de colonies et
à la construction du mur de séparation, a-t-il dit, estimant que le processus
de paix au Moyen-Orient était maintenant à la croisée des chemins.
Concernant le rapport Goldstone lui-même, il a appelé toutes les parties à
coopérer avec les organes et agences des Nations Unies et à mener des
enquêtes indépendantes et crédibles sur les violations des droits de
l’homme et du droit international.  La négociation politique est la seule
manière de sortir de ce cycle de violence qui ne mène nulle part, a déclaré
le représentant, espérant qu’Israël et la Palestine resteraient fermement
engagés dans les négociations de paix.
 
     *   ***   *
     À l’intention des organes d’information • Document non officiel



Samedi 7 Novembre 2009


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