RELIGIONS ET CROYANCES

APOSTASIE OU ÉGLISE HORS DES MURS


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LES VOIX S'ÉLÈVENT DE PLUS EN PLUS AU SEIN DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE POUR DÉNONCER DES DÉCISIONS ET DES PROPOS DE PLUS EN PLUS QUESTIONNABLES DE LA PART DES AUTORITÉS VATICANES ET DE PLUSIEURS ÉVÊQUES ET CARDINAUX DANS LE MONDE. CERTAINS ET CERTAINES VONT JUSQU'À POSER LE GESTE PLUS QUE SYMBOLIQUE DE L'APOSTASIE, MARQUANT AINSI LEUR ENTIÈRE DISSENTION PAR RAPPORT À UNE INSTITUTION AVEC LAQUELLE ILS N'ARRIVENT PLUS À S'IDENTIFIER.


oscarfortin@hotmail.com
Samedi 4 Avril 2009

APOSTASIE OU ÉGLISE HORS DES MURS
Des voix s’élèvent de plus en plus dans le monde chrétien pour dénoncer autorités et doctrines qui ne cadrent plus avec l’Esprit évangélique et le monde d’aujourd’hui. Il faut visiter les blogs qui traitent de l’Église pour réaliser qu’un malaise profond est là comme une braise qui s’enflamme au moindre coup de vent. La vague d’apostasies que connaît actuellement l’Église catholique donne à ces voix le caractère tragique des questions qu’elles soulèvent. Deux lettres, publiées ce matin, 2 avril 2009, dans le journal Le Devoir méritent d’être lues. Leurs auteurs sont des chrétiens profondément engagés, l’un comme prêtre et le second comme laïc. Ils ont tous les deux une pensée profondément enracinée dans la connaissance et la foi vécue au quotidien dans divers milieux de vie.

Dans un commentaire récent à un article faisant état de cette vague d’apostasies je soulevais cette question : « N'assistons-nous pas à l'émergence d'une Église "hors des murs" qui n'arrive plus à se reconnaître dans cette Église "vaticane et doctrinale" tout en se reconnaissant toutefois dans les "Évangiles" et les "grands témoins" qui s'en inspirent? La foi ne déborde-t-elle pas de beaucoup les limites institutionnelles de l' « Église vaticane » et ne prend-t-elle pas ses racines dans un "don personnel de l'Esprit »? En ce sens, il y a sans doute beaucoup plus de croyants que nous le pensons dans la diaspora du monde que dans l'Église officielle. Le Corps du Christ ne réunit-il pas tous ceux et celles en qui vit son Esprit? »

Aujourd’hui, plus que par le passé, nous réalisons les limites de tout encadrement extérieur. L’histoire nous révèle, en effet, comment les multiples formes d’encadrement ont été le plus souvent ou très souvent des lieux privilégiés d’abus de pouvoir et de manipulation des esprits, des chasses gardées d’ambitieux, d’hypocrites et de dominateurs. Dans bien des cas, les temples, bâtis de mains d’homme comme sont les hiérarchies politiques, économiques, ecclésiales, sociales et culturelles, s’emparent subtilement des consciences individuelles et collectives comme pour mieux les manipuler. Sous l’emprise de ces dernières nous avons tous et toutes[1] été, à la fois et à divers degrés, victimes et solidaires de crimes et d’horreurs commis contre l’humanité. Les gouvernements que nous soutenons, les religions que nous défendons, les organismes que nous appuyons ont tous les mains souillées de quelques crimes ou d’injustices. Si nous avons des réquisitoires à présenter pour les offenses reçues, nous avons également des pardons à demander pour des fautes commises par l’une ou l’autre de ces institutions dont nous nous affirmons solidaires.

La conscience crie en chacun de nous quelque chose qui s’impose comme une force qui interpelle, comme une passion qui pousse à agir. À la manière de Socrate (Apologie), nous entendons la voix du dieu qui nous invite sur le chemin de la Vérité qui libère des apparats et des faux-fuyants. À la manière de Jérémie et d’Isaïe, nous entendons la voix de Yahvé qui dit de nous préoccuper davantage du culte qui consiste à apprendre à faire le bien, à chercher ce qui est juste, à assurer les droits à l’opprimé, à faire justice à l’orphelin, à défendre la veuve et l’étranger (Is.1, 17 ; Jr. 22,3). À la manière de Jésus, nous entendons le sermon sur la montagne qui nous ramène aux choses essentielles de la vie. Saint Paul ne nous dit-il pas que nous sommes le temple de l’Esprit-Saint qui est en nous et qui nous vient de Dieu (1 Cor.6, 19) ? Ce langage, qui remonte à plusieurs millénaires, a constamment été repris par les sages et les prophètes de tous les temps et, d’une certaine manière, par la conscience qui veille en chacun de nous. Il nous rappelle ces vérités fondamentales auxquelles l’humanité tout entière est conviée.

Nous entrons donc dans une ère nouvelle où se confirme cette prophétie de Jérémie :

« Quand arrivera le temps, je réaliserai avec mon peuple une autre alliance : je mettrai ma Loi en son intérieur, je l’écrirai dans leur cœur. Je serai leur Dieu et il sera mon peuple. Ils n’auront plus à s’enseigner mutuellement se disant les uns aux autres : connaissez-vous Yahvé ? Ils me connaîtront déjà tous, du plus grand au plus petit. » (Jér.31, v.33).

Chaque être humain porte en lui l’Esprit qui est au cœur de la conscience. Il appartient à chacun de le saisir tout autant que de s’y laisser saisir, de le discerner au travers de tout ce qui l’envahit et le sollicite. Nous ne pouvons plus reporter sur d’autres les responsabilités des décisions que nous prenons, des solidarités que nous assumons et des comportements que nous adoptons. D’où l’importance de discerner cette voix de la conscience, seule capable de nous conduire à la vérité, à la justice, à la liberté et au bonheur. « Tout m’est permis, mais tout ne me convient pas. » (Paul, 1 Cor, 6, 12). La foi même de la communauté sera toujours là pour aider à ce discernement et pour soutenir cet engagement au service d’une humanité qui aspire à la vérité, à la justice, à la paix, à la bonté.
Personne ne peut nous retenir dans cet engagement.

Oscar Fortina

Québec, le 3 avril, 2009

http:/humanisme.blogspot.com


Samedi 4 Avril 2009


Commentaires

1.Posté par Gugusse le 04/04/2009 10:43 | Alerter
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C'est triste.

La campagne de lavage des esprits est terminée et toute la presse bien-pensante est envoyée à l'assaut d'un des derniers bastions moraux qui n'est pas aux ordres du Nouvel Ordre Mondial : le Vatican.

A cette campagne, les sites alternatifs s'associent dans un étrange ballet et j'assiste, comme dans le ralenti d'un film gore, à la mise à mort des valeurs morales dont ils se proclament. Oui, lorsque le Vatican ne sera plus là pour défendre avec bec et ongle le droit à la Vie comme valeur suprême, ce droit sera remplacé par le droit à la Mort. Chacun pourra le revendiquer : il y en aura pour tout le monde.

Le Vatican sera bientôt sous les ordre directs d'un Illuminati. Il n'y aura plus personne pour appeler à la paix.
Vous apprendrez par cœur :
La guerre, c'est la paix.
La mort, c'est la vie.
Le mensonge, c'est la vérité.

Hurlez, hurlez, Big Brother regarde comment vous l'aidez à parvenir au pouvoir.
Hurlez, hurlez, la minute de haine est arrivée et celui qui ne hurle pas sera dénoncé.

Hurlez après moi, la vie, c'est la mort. Plus fort, plus fort.

Bien sûr, vous pourriez remonter aux source de ce que dit réellement et de ce que fait réellement l'Eglise catholique en Afrique. Mais c'est tellement plus facile de l'apprendre à la télé.

Hurlez, hurlez, la minute de haine vous permettra de faire tomber un des derniers bastions moraux qui s'opposent à l'appropriation du vivant par les actionnaires des banques centrales. Ils ont besoin de vous pour y parvenir. Ils ont vidé votre cerveau pour y insérer leurs slogans. Répétez, répétez encore : à eux de s'enrichir, à nous d'obéïr.

Je me demande parfois si des sionistes n'influent pas la ligne éditoriale de ce site et si le procès fait à son principal animateur n'est pas qu'une mascarade.

« Quand ils sont venus chercher les communistes... »

« Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les Juifs, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas Juif.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les catholiques, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas catholique.

Et lorsqu’ils sont venus me chercher, il n’y avait plus personne pour protester. »

(Martin NIEMÖLLER, Dachau)


2.Posté par LSD, 100 µg, i.m. le 04/04/2009 11:02 | Alerter
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Elle a toujours subsisté, notre Eglise hors les murs, et subsistera jusqu'à la fin...

A l’Eglise de Philadelphie,

« Je connais tes œuvres. Voici, parce que tu a peu de puissance, et que tu as gardé ma parole, et que tu n'as pas renié mon nom, j'ai mis devant toi une porte ouverte, que personne ne peut fermer. Voici, je te donne de ceux de la synagogue de Satan, qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui mentent ; voici, je les ferai venir, se prosterner à tes pieds, et connaître que je t'ai aimé. Parce que tu as gardé la parole de la persévérance en moi, je te garderai aussi à l'heure de la tentation qui va venir sur le monde entier, pour éprouver les habitants de la terre. Je viens bientôt. Retiens ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne. Celui qui vaincra, je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu, et il n'en sortira plus ; j'écrirai sur lui le nom de mon Dieu, et le nom de la ville de mon Dieu, de la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel d'auprès de mon Dieu, et mon nom nouveau. Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises ! »

Apocalypse de Jean, III – 8 - 13.

Maranatha, מרנא תא !

3.Posté par Roland le 04/04/2009 21:27 | Alerter
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Quand on voit quelles furent les réaction des autorités de l'Eglise face au Suaire de Turin, et quand on lit les derniers chapitres du livre de Upinski "L'énigme du linceul" on se dit en effet qu "il y a quelque chose de pourri dans le royaume de l'Eglise" !
Les ecclésiastiques actuels ne croient plus en fait. Ils sont devenus athées, et ont une peur bleue de déroger de la vulgate matérialiste qui les entoure.

4.Posté par galileus le 05/04/2009 04:12 | Alerter
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Merci gugusse de ton article tres digne et qui dit les choses à dire .

Moi il y a une chose qui me peine,c'est de voir mes amis musulmans, qui devraient etre avertis de ce qu'est la propagande neocon sioniste et sa virulence etant donné qu'elle s'attaque autant à eux qu'aux catholiques, foncer tete baissé dans la furia que leur dicte la propagande Neocon sioniste du Nouvel Ordre Mondial. Les Musulmans, les cathos :voici pour elle les gens à abattre .

Car ce sont les meme qui les attaquent : ceux qui font ça( http://www.dailymotion.com/video/x8oki3_hollywood-et-les-arabes-partie1_news ) qui se sont donnés pour taches d'exterminer la religion catho ,obstacle à leur nouvel ordre mondial .

Nommez moi un seul film hollywoodien qui depuis 30 ans ne soit pas un film de diffamation des catholiques et du pape . Qui ne soit pas un film de diffamation des les musulmans .

ça devrait quand meme, avant d'emboucher leurs trompettes, vous amener à vous poser des questions sur ce qu'Ils nous veulent ou meme ce qu'ils veulent faire de nous ?

Il se planteront. C''est comme les cocos pour les Polonais: plus ça attaquait plus les cathos s'affirmaient dans leur foi . "Le Pape combien de divisions" ? disait len rigolant le Petit Père des Peuples Staline. Assez pour le renvoyer aux oubliettes de l'histoire .

Réfléchissez quand meme, Amis, à chaque fois que vous serez sollicités de leur preter mains forte car c'est vous meme aussi que vous affaiblirez .






5.Posté par oscar fortin le 05/04/2009 12:56 | Alerter
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guguste et galileus ne manquent pas de courage pour se porter à la défense du pape, bastion de la moralité et de la loi de Dieu. Il faudrait toutefois que ce courage soit motivé et soutenu par autre chose que des affirmations gratuites à qui on peut faire dire n'importe quoi ou des accusations qui ne reposent sur aucune analyse objective. Le premier s'en prend à Illuminati et le second au sionisme. Personnellement je me méfie beaucoup d'Illuminati et je suis profondément anti sioniste. La question soulevée dans le présent article n'est pas là. Il s'agit plutôt de voir la corrélation qui existe entre l'Église institutiionnelle sous la gouverne de Benoît XVI et l'Esprit des Évangiles et de Jésus de Nazareth. Les Églises ne sont pas les seules à porter des valeurs morales. Bien des gens et des organisations humanitaires, n'ayant rien à voir avec les Églises en sont porteuses et en témoignent dans leur quotidien. Si un jour Jésus a dit à Pierre "Retire-toi ! Derrière moi, Satan ! tu es pour moi occasion de chute, car tes vues ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes." (Mt. 16,23), il est bien possible qu'il ait à le redire aujourd'hui... Je lisais certains commentaires de certains qui criaient au scandale en disant que les adversaires du pape cherchaient par tous les moyens à "diaboliser" le pape. Cette "diabolisation" remonte aussi loin qu'à Jésus lui-même comme nous venons de le voir.

Je pense que l'analyse qui est proposé dans le présent texte est une invitation à regarder si les Évangiles et le témoignage de Jésus de Nazareth sont reconnaissables dans l'Église institutionnelles d'aujourd'hui. J'aimerais beaucoup avoir vos commentaires sur cette question précise.

6.Posté par Kalix le 06/04/2009 01:14 | Alerter
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M. Oscar, l'Eglise institutionnelle d'aujourd'hui ne reflète plus l’authenticité du message divin, ni la foi originelle. Il en va de même pour les deux autres institutions religieuses monothéistes (musulmanes et juives). L’éradication programmée des religions monothéistes suit son cour inexorablement, Les institutions en question n’ont plus aucun pouvoir, plus de représentativité, avec une crédibilité en chute libre, et un décalage temporelle instrumenté.

Quand le chao économique est à son apogée (ce que nous constatons actuellement), le moment est propice à l’établissement d’une gouvernance économique unique mondiale (voir les directives du G20 : Strasbourg).
Quand le chao des religions sera à maturité (cela ne saurait tarder), ‘ils’ procéderont à l’établissement d’une religion unique, mondiale : la religion du matérialisme... (Celle de l’Antéchrist).

Je ne m’inquiète plus vraiment ; les masques tombent, et Le stratège de Dieu est sans équivoque, toute cette mascarade aura une fin.

Pour les musulmans (les véridiques), ils sont prêt, nous égorgeons un mouton une fois par an en sacrifice en pensant que le mouton pourrait être notre propre fils (à l’image du sacrifice d’Abraham sur lui la Paix). Entre renoncer à notre foi ou à notre vie, la question ne se pose pas, cette vie ici bas n’est qu’une étape éphémère, la foi est l’accession à le retraite Eternel et sublimissime.

Je pense qu’il en est de même pour les chrétiens véridiques, qui ont tous dans leur cœur et en mémoire le supplice de la crucifixion de Jésus (sur lui le Paix)

Chers croyants ! Réjouissons nous, l’heure de l’hypocrisie arrive à son terme, une occasion inouï va nous être présenté (ou à nos petit enfants) de prouver de façon définitive notre Amour inconditionnel au Seigneur de l’Univers.

7.Posté par LSD, 100 µg, i.m. le 06/04/2009 07:37 | Alerter
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Ma réponse sera concise et sans ambages: Une Église qui s'acoquine depuis les origines avec les princes, les puissants, les riches, au constant détriment les pauvres, des opprimés, des exploités, ne relève pas de l'Eglise de Jésus Christ et le crucifierait promptement s'Il revenait... Elle ne repose pas dans les mains de Dieu mais est enserrée dans les griffes d'un autre...

8.Posté par H.b le 06/04/2009 09:53 | Alerter
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mon " bon sens" paysan, monsieur fortin, m'incline à rejeter certaines déclarations émanant des hautes sphères
religieuses. c'est pourtant ce même " bon sens" qui m'aurait rallié aux détracteurs de galilée concernant l'exis-
-tence prétendue des antipodes. alors, j'essaie de maîtriser certains tressaillements pour prendre en considération le point de vue des théologiens sur l'interprétation des évangiles et celui des scientifiques sur les questions qui relèvent de leur compétence. mollets et poumons viennent en marchant et ces gens-là sont beaucoup plus loin que moi sur leur chemin.
j'entends, ce matin, que sept femmes sur dix, violées lors des "évènements" du rwanda, ont été infectées par le virus du sida. on aurait sûrement évité cet épiphénomène en intercalant, n'en déplaise à sa sainteté, entre cartouches et pain de guerre, quelques capotes dans les gibernes des génocideurs.
en conséquence, contre le courant médiatique, je prends le parti de gugusse et de galileus


9.Posté par F&C le 06/04/2009 15:11 | Alerter
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Mon "malaise" personnel n'est pas l'histoire du préservatif ou autres qui une histoire alimentée par les médias et consorts, mais plutôt l'histoire même du Vatican et sa conception de la religion. Un état, un pouvoir centralisé, donné sans demi-mesure à une personne toutes c'est du politique! Toutes ces "petites choses" ça ne correspondent pas ce n'est pas ce qui était présent dans l'Eglise une, apostolique et catholique (non Vaticane) de foi orthodoxe et c'est les raisons pour lesquels je n'estime pas pas qu'elle soit l'Eglise du Christ, l'héritage direct de son enseignement des Pères.
Où est l'engagement concret auprès des gens les plus faibles, de la paix et la justice ? Trois points qu'on ne devrait jamais remettre en cause, être chrétien cela se passe dans l'esprit, dans les convictions, dans la façon de voir et d'approcher les choses pas dans le paraitre et la beauté.
Où est la foi sincère, vivante et forte ? C'est en se faisant plus petit, qu'on grandit pas en faisant l'inverse. Le rayonnement se fait tout seul, sans intervention "marketing", lorsque l'on ressent une authenticité. Où est Jésus dans tout ça ?
Etre conforme au message chrétien, ce n'est pas être rétrograde, l'enseignement même est intemporel (Je pense aussi que le chrétien est plus ou moins voué à se confronter (non pas dans un sens physique) au monde, mais ce n'est pas chercher à lui plaire [à ce monde] que de ne pas tomber dans ces pièges pour mieux qu'ils nous fouette). Je ne crois pas que la majorité des croyants n'attendent pas une réforme dans le message, mais une "révolution" dans la façon dont on le représente.
Bref j'ai peut être une vision angélique de l'Eglise "idéal" mais c'est des points fondamentaux pour moi, en gros un plein retour au source et une remise en question de l'Eglise catholique telle qu'elle l'est depuis un millénaire. Je tiens aussi à noter l'importance d'une Eglise, dans la lignée historioque car sinon c'est la porte ouverte à toute autres distorsions comme ils le font aux USA et eux sont guère mieux. Dans le genre désir de profits personnels et d'adaptation du discours à chacun...
Je ne pense pas que le Vatican remettent en cause son mode de fonctionnement hiérarchique ou en ayant une conception plus universel du message chrétien ce serait pourtant une immense démarche auprès des gens. Ainsi il ne faut pas d'étonner qu'il y ait des gens qui s'éloignent de cette église! L'idéal serait une même et seule Eglise pour tout les chrétiens sans une prédominance de quelqu'un sur un autre mais pour cela, la hiérarchie catholique devrait faire des concessions et cela me parait peu probable et n'est que du rêve.

« M.12.30 Celui qui n'est pas avec moi est contre moi, et celui qui n'assemble pas avec moi disperse. »

Il fait de la persévérance, même dans des périodes de vides, rester le plus fidèles. En cette période de Carême pour toutes les confessions chrétiennes nous avons été touché par plusieurs polémiques qui n'aident pas à la réflexion spirituelle. Paix à toutes et tous ainsi qu'à nos frères musulmans, nous divergeons sur les croyances mais sommes tous des croyants qui ont du mal à accepter certaines choses de ce monde.

Désolé parce que mes propos sont probablement décousus.
Ciao.

10.Posté par galileus le 07/04/2009 08:46 | Alerter
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Je n'ai pas une vision angelique de l'Eglise Idéale et en 2000 ans d'histoire je sais que l'Eglise a commis des fautes . Mais quelle est institution, qui comme toute institution est faite par des hommes, composée d'hommes, n'aurait pas de fautes à son actif . Regardez par ex. cette idée fabuleuse de justice et de partage socialiste ou communiste introduite par Marx et s'institutionalisant dans ce que furent les partis communistes, puis les états socialistes .... qu'en fut-il de cette idée une fois reprise par les institutions Parti Etat : plus de massacres que de partage et enfin,un siècle apres, la chute totale au point que plus personne ne mobilise les gens ou les peuples au nom du communisme : en un siècle ils ont fait du mot "communisme" un mot sale ... alors en 2000 d'existence... que d'occasions de chute ...?

Il reste que pendant 2000 ans, à travers vents et tempetes, chutes et resurrections, c'est cette Eglise là qui a sauvé et transmis la La Parole du Christ, la Parole venant des Evangiles qui souligne souvent les égarements de l'Institution qui la transmettait et qui la faisait juger à l'aune meme des valeurs du texte qu'elle gardait vivant, mais Parole aussi qui nous a donné une civilisation que l'on ne construit pas seul dans son coin, parole qui a mis les gens ensemble pour nous donner ces fruits que sont les splendeurs de nos cathédrales,la beauté suffocante de notre peinture , la patiente préservation au sein des monastères des textes anciens et de ceux qui l'étaient moins par la transcription et les ornementations des manuscrits,l a réinvention et la splendeur de la musique , du chant: (faut-il rappeler ici le chant grégorie, Monteverdi, Mozart , Schubert ... leurs Magnificat, Dies Irae ) : c'est aussi celà L'Eglise ce don qui nous fait héritier de ce que les hommes on fait de plus beau , héritage qui est notre bien commun .


C'est ce maintien en vie de la parole du Galiléèn qui a fait que c'est dans l'Occident chrétien qu'est né la notion des Droits de l'Homme, des Hommes Egaux en droit: parce que les Evangiles portés jusqu'à nous disaient simplement que le Christ était venu pour sauver TOUS les hommes, tous les enfants de cette terre , "abaisser les grands , relever les petits " , c'est parce le scandale de la torture du Christ crucifié attirait l'attention sur ce qu'est un corps , un corps souffrant, que c'est dans cette civilisation Catholique qu'est né cette notion de Droits .

Regardez nos fetes : aucune ne fete un massacre , aucune ne fete une victoire sur des hommes qui seraient définis comme ennemis ; toutes ne sont qu'un hymne à la vie : que ce soit Noel où se fete la naissance de l'Enfant Dieu dans la misère d'une étable , Paques vaste méditation sur la mort mais qui ne vaut que par ce retour de la vie qu'est la Résurrection, Pentecote , Ascension, Assomption ... aucune ne fete la mort de l'Autre et la dernière parole au monde de ce Dieu crucifié à l'égard des organisateurs de son supplice n'est pas une condamnation ni un appel à la vengeance si prisé dans notre cinéma neocon sionisé mais cette prière "Père pardonnez leurs, ils ne savent pas ce qu'ils font" .

Et ces paroles c'est partout , tous les jours que l'Eglise, son Pape, ses Pretres et ses Fidèles les rappelleent , les redisent , les transmettent à chaque office et c'est pour celà que durant 2OOO ans elles sont restés vivantes jusquà aujourd'hui.

Oui , L'Institution a rencontré en 2000 ans des occasions de chute et s'est meme parfois trahie - et comment celà n'arriverait-il pas ? Pierre meme , le plus proche compagnon du Christ, ce roc sur lequel Jesus a dit qu'il batirait son Eglise, ne fut-il pas le premier à défaillir et à chuter au moment de l'épreuve, quand le Christ fut présenté à la cour qui l'a condamné " Je ne connais pas cet homme" qu'il disait aux ennemis du Christ .

Dans la campagne diffamatoire du Cinéma Hollywwodien contre les musulmans, Jack.G. Shaeen signale un film qui y déroge et qui nous montre Saladin, ce grand homme musulman entrant dans l'Eglise du Saint Sepulcre ( je crois) de Jerusalem et trouvant parmi les traces du pillage la Croix jetée à terre . Dans un noble geste de respect Saladin ramasse la Croix et la remet sur l'autel .

A la noblessa de ce geste répond la noblesse des mots ailés d'un message à nos amis musulmans que j'ai trouvé dans un tract émis par une petite église provençale que je visitais : l"eglise du Caylar . Je vous les transmet partce que l'Eglise c'est ça et que ce message vaut parce qu'il message d'une communauté et non message isolé vivant sa foi en chambre



"PAROISSES CATHOLIQUES EN PETITE CAMARGUE: AIMARGUES , LE CAILAR , VAUVERT ET GALLICIAN

Bonne fete pour l'Aid -el-Fitr

Amis musulmans ,

Au terme de ce mois de Ramadan où vous avez servi Dieu dans l'adoration, le jeune et le partage fraternel , notre communauté catholique est heureuse de vous sohaiter Bonne Fete de l'Aid -el Fitr .

Poursuivons ensemble les chemins de dialogues engagés depuis de nombreuses années , en France , entre chrétiens et musulman

Que le Dieu de la Päix vous bénisse !

Priez aussi pour nous !

LA COMMUNAUTÉ CATHOLIQUE "

P.S : En fin de compte j'écris ici car j'attends pour nous catholiques , de la part de nos amis musulmans, la noblesse du geste d'Aladin . Pour mon compte je leur donne ma parole que jamais ,jamais je ne laisse tranquille celui qui diffame un musulman ni ceux qui haissent autant les musulmans que les catholiques . (meme s'ils se disent parfos chrétiens et que leur haine destitue de se targuer de cette épithète : elle va à l'encontre de tout l'enseignement des Evangiles ... mais ceux-ci parlent peu des Evangiles et s'il n' y avait pas les cathos pour les transmettre aucun contrepoids aux Bush et aux neoconservateurs n'existerait )

Pardon si vous trouvez des fautes ... pas le temps de corriger ... le travail m'appelle )

11.Posté par oscar fortin le 07/04/2009 13:20 | Alerter
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Je suis bien content d'avoir invité Galileus à se commettre davantage sur l'article lui-même. Il nous propose des commentaires et une réflexion qui méritent d'être repris et médités. Il y a des passages qui sont édifiants et d'autres sur lesquelles je voudrais ajouter quelques observations.

S'il est vrai que l'idéal communiste a été dans le cas de l'Union soviétique et des pays de l'Est défiguré par l'institutionalisation des partis communistes il est faux de dire que leur chute en a marqué la fin. La Chine avec ses deux milliards d'habitants en est toujours porteur tout comme Cuba avec ses 12 millions. Pas tellement loin derrière eux il y a cette montée du socialisme et d'un christianisme engagé, comme c'est le cas en Amérique latine, qui prennent de plus en plus de la vigueur. Je crois que derrière le rêve communiste, socialiste et chrétien il y a cette espérance chez l'être humain, dans la communauté humaine, au delà de toute idéologie ou croyance, cette espérance de la justice, de la vérité, de la solidarité, de la compassion. Cet idéal et cette foi sont portés par des hommes et des femmes qui s'en font les promoteurs, les uns dans des organisations sociales, des partis politiques, des églises. Ces personnes peuvent être, dans bien des cas à contre courant de ceux-là même qui en sont les dirigeants. Elles sont la bonne conscience de cette espérance et des engagements qu'elle commande.

Tout ceci pour dire qu'une organisation, pas plus qu'un parti politique ne se ramènent à ceux qui en sont aux commandes. Comme Jésus, il faut parfois dire à Pierre: "Retire-toi !Derrière moi, Satan ! Tu es pour moi occasion de chute, car tes vues ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes". (Mt 16.23) Dans pareil contexte il n'est pas surprenant que des voix s'élèvent, non pas pour s'opposer à l'idéal d'une communauté humaine juste et respectueuse pour tous, mais à des responsables qui s'en écartent pour diverses raisons. Je suis convaincu que la grande majorité que l'on considère comme hors des murs de l'Église, vit cet idéal et rappelle aux dirigeants la nécessité d'une conversion dans le sens de la mission initiale.

Galileus, je vous souhaite de Joyeuses Pâques et merci d'avoir partagé vos réflexions dans le cadre de cet article sur l'Église hors des murs.

12.Posté par Kalix le 07/04/2009 18:15 | Alerter
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Merci, Galileus pour ce message fraternel, de la fraternité, on en a bien besoin ces temps ci. Je voulais toutefois notifier la lecture de certains points de l’histoire de Jésus que vous abordez, que les musulmans ont en se basant sur les écrits évangélique. L’objectif est nullement d’entrer dans le débat hostile, ni dans celui du ‘qui a raison’, le but est purement informatif et appel à la réflexion sans spéculation, nous respectons toutes croyances monothéistes et nous n’essayons pas de changer les conceptions, il s’agit de différents minimes inter religieux pour lesquelles nous savons qu’il ne sert strictement à rien de se quereller puisque Dieu Lui-même prononcera entre nous au jour du Jugement Dernier.

En effet, en tant que musulmans, je me pose un certain nombre de question quant aux faits relatés dans les évangiles concernant des passages sur la vie de Jésus (sur lui la Paix). Nous en avons longuement parlé avec des amis chrétiens, le débat devenant stérile faute de justifications cohérentes, nous en sommes resté là, j’ai finalement trouvé quelques éléments de réponses dans le Coran. Mais certes l’erreur est humaine, je finis toujours par dire : et Dieu Seul sait ! Je remets ici les questionnements qui me semble pertinentes au sujet de Pierre et Jésus de Nazareth, peut être quelqu’un ici, saura nous éclairé.

Il semble bon, difficile, et dangereux à la fois, lorsque l’on déborde ‘hors les murs’ (je parle pour les trois législations religieuses) de forer les fondements de ces murs afin d’y déceler les causes éventuelles des débordements.

EXTRAIT :
« ... Mathieu raconte dans l’Evangile, le complot contre Jésus (Mat.26). Jésus annonça à ces disciples la trahison de l’un d’entre eux, Judas Iscarioth. Ce dernier se rendit chez les Grands Prêtres et leur proposa de leur livrer Jésus contre trente pièces d’argent. Le soir même, Jésus renouvela ses craintes, Judas lui demanda alors : « serait ce moi Rabbi (qui te livrerait) ? » Il répondit : « tu l’as dit ». Tout le monde était donc conscient ce soir de la trahison de Judas qui allait précipiter Jésus vers une mort convoité par les Grands Prêtres.

La nuit venue, Jésus, toujours en compagnie des disciples, aperçut Judas à la tète d’une troupe armée. Le signe convenu pour désigner Jésus était un baiser. Les choses se passèrent normalement, Judas s’approcha et dit « Salut Rabbi ! », et Jésus fut arrêté. Les Grands Prêtres et Anciens du peuple le condamnèrent à mort dans un simulacre de procès.

Selon Mathieu, Judas fut alors pris de remords, il rapporta les 30 pièces d’argent aux Grands Prêtres, et leur dit :

Mat (27.4) : « disant : J'ai péché en livrant un sang innocent. Mais ils dirent : Que nous importe ? Tu y pourvoiras. »

Or, Judas savait parfaitement que Jésus allait être condamné à mort, c’est en pleine connaissance de cause qu’il a marchandé sa capture. Mais à quoi rime donc ce «J’ai péché… » ? Il aurait du dire en toute logique quelque chose comme « J’ai regretté… ». De plus le « sang innocent » ne peut s’expliquer que lorsque Judas s’aperçut le lendemain de sa méprise, l’homme qu’il avait embrassé n’était pas Jésus. Cette hypothèse est renforcée par les circonstances de l’action, la nuit en pleine campagne du domaine Gethsémani. Elle rend, également, cohérente l’attitude d’affolement du traitre le lendemain qui, peu de temps après se serait pendu ou aurait été déchiqueté (selon les versions).

Par ailleurs, lors de cette nuit mémorable, Jésus dit au disciple Pierre que celui-ci allait le renier avant « que le coq chante ». Pierre récria en répondant :

Mat (26.35) « Même s’il faut que je meurt avec toi, je ne te renierai pas ».

Cependant, lorsque Jésus (on son sosie) fut arrêté et amené devant les Grands prêtres, tous les disciples s’enfuirent. Pierre suivit le cortège de loin puis s’assit avec les serviteurs. Des personnes de la foule l’accusèrent publiquement à trois reprises d’être le complice du condamné : «Celui-ci était avec Jésus ! », Pierre nie la deuxième accusation avec serment : « Je ne connais pas cet homme » et fini par jurer avec des imprécations « Je ne connais pas cet homme ». Première question, pourquoi ne s’est il pas enfuit avec les autre disciples ? La deuxième, pourquoi répond il « Je ne connais pas cet homme » a l’accusation « Celui-ci était avec Jésus ! » ? Plutôt que « Non, je n’étais pas avec Jésus » ou « Je ne connais pas (personnellement) Jésus ». Tout le monde vu le contexte connait Jésus ! Non ?, pourquoi Pierre le désigne par « cet homme ». Voulait-il, par peur et trahison de son pacte, paraitre plausible ? Il ne l’est vraiment pas, en disant cela il sème plutôt le doute sur lui quant à sa complicité avec le prévenu. Dans le cas où l’homme présenté n’est pas Jésus, la désignation « cet homme » est tout à fait justifiée et cohérente. Pierre n’aurait alors pas trahi son pacte, il disait vrai, il ne connaissait réellement pas ‘cet homme’ auquel cas il l’aurait mentionné par son nom, trahison ou pas.

Et dans ce qui suit l’hypothèse se confirme encore, lorsque l’accusé est présenté devant Ponce Pilate, il est questionné par ce dernier qui se demandait s’il était le roi des juifs, en plein public devant toute l’aréopage politique, religieux et militaire, ainsi que l’ensemble de la population surexcitée. Le dit accusé répond à Ponce Pilate « C’est toi qui le dis ». Le procurateur romain, intrigué, renouvelle sa tentative en vain. On reste confondu par cette attitude qui se cantonne dans un mutisme inexplicable, alors que les circonstances se prêtent volontiers à un développement de la religion que Jésus, si loquace et prolixe en temps normal, prêchait inlassablement.

Certaines sources chrétiennes prétendent que le crucifié n’était pas Jésus, mais un certain Simon Cyrène, paysan qui cultivait les champs aux alentours de Jérusalem. Les trois évangiles synoptiques (Matthieu-Marc et Luc) mentionne également ce personnage, devenu historique malgré lui, mais ne lui attribue que le transport de la croix en omettant son implication dans la tragédie. »


ET DIEU SEUL SAIT !
QUE DIEU NOUS PARDONNE NOS OFFENSES, NOS OUBLIS ET NOS ERREURS ! AMEN AMIN !

13.Posté par LSD, 100 µg, i.m. le 07/04/2009 20:35 | Alerter
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J'aime Simon de Cyrène. Merci de l'avoir évoqué Kalix.
Joie de la résurrection à tous !

14.Posté par LSD, 100 µg, i.m. le 07/04/2009 20:50 | Alerter
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LE PROCES DE JESUS

Conférence donnée à Toulouse, le 26 mars 2006

« Par la croix et la roue, par le feu et le pal, par la hache et la corde, dans la fosse commune de l’histoire sont tombés tant de suppliciés ! Et cependant la mémoire des hommes n’est obsédée que des souffrances d’un seul...
Si les sanglots des suppliciés nous demeuraient dans la gorge, la terre entière depuis Caïn aurait péri d’étouffement. En vérité nous ne pourrions plus vivre, si nous n’étions des créatures nées de l’oubli, promises bientôt à l’oubli...
...la vieille histoire du Golgotha continue de hanter les hommes. Non parce qu’un homme a souffert la croix : tant d’autres ont souffert pis encore, qui peut-être ont souhaité qu’on les clouât sur les portes, pour en finir de leurs tourments ! Mais parce qu’un homme au zénith du monde est éternellement en agonie, parce qu’en cette heure éternelle il y a deux mille ans qui est la seule à n’avoir pas fui comme toutes les autres, la seule que chacun de nous éphémères vit dans cet homme éternellement, il souffre éternellement dans sa chair qui est la nôtre et son esprit que nous étouffons au fond de nous, souffre chacune de nos souffrances et de nos faiblesses d’homme, chacune de nos injustices et des injustices par nous endurées, et les douleurs de la victime et les délices du bourreau et leur ineffable commune misère et l’insoutenable absurdité de tout cela... » [1]
Le procès de Jésus aboutit à la Passion. Le poète Pierre Emmanuel que je viens de citer nous aide à ressentir le scandale qui marque l’humanité comme un moment insupportable, un traumatisme collectif indépassable. Ce n’est pas sans appréhension que j’ai accepté cette conférence, et c’est bien parce que je vous connais et parce que Bruno me le demandait. Il n’y a pas pour moi de moment plus important dans l’histoire humaine, il n’y a pas de question plus grave, il n’y a pas de sujet plus redoutable, me voici donc timide et tout tremblant. Aucune parole, aucune conférence ne peut être à la hauteur de cet événement là. Mais il convoque à une réponse, une réponse impossible au même niveau : « Ah, si j’avais été là avec mes Francs ! » s’écriait naïvement Clovis. Je parlerai comme entre amis, sur le ton de la confidence : je me suis toujours dit que s’il m’arrivait de douter de mon orientation, il me faudrait relire lentement ces chapitres du procès et de la passion de Jésus.
A ce procès, nous n’étions pas. Mais à ceux qui y étaient, beaucoup de choses ont échappé, que nous connaissons, nous qui venons après eux et qui pouvons nous approcher par la foi, beaucoup plus près de l’immense vérité tragique qui se joue là.
1. C’est un procès unique inique
C’est un procès commun, un procès à la fois unique et terriblement banal, toujours actuel et pas du tout un souvenir dépassé. Je m’explique. Des événements, nous en vivons, en direct et, pour nous approcher de la réalité unique de ce procès particulier, il est bon d’ouvrir les yeux sur ce qu’il a de commun avec tous les autres procès. C’est le procès absurde et arbitraire par excellence, le procès truqué contre l’innocent qui dérange, c’est le complot qui se referme contre celui qui cherche et dit la vérité. C’est l’affaire Callas... l’affaire Dreyfus, l’affaire de cet expert anglais que l’on a retrouvé suicidé parce qu’il savait l’absence d’armes de destruction massives en Irak. Ce procès n’en finit pas de se dérouler...
C’est le même procès, depuis la nuit des temps. C’est comme un unique procès tout au long de l’histoire humaine. C’est le procès mythique d’Antigone qui ne voulait pas distinguer, entre ses deux frères morts, lequel était bon et lequel était méchant, qui voulait donc les honorer tous deux d’une sépulture digne d’êtres humains. Antigone obéit à des lois non-écrites et meurt pour raison d’Etat... C’est le procès de Socrate qui manifeste qu’au cœur même d’une cité organisée, il est impossible de chercher la vérité sans en payer le prix, c’est-à-dire sans y engager sa vie. C’est un procès éternel qui est comme hors du temps. Il culmine, selon nous, dans le procès de Jésus et il nous faudra dire pourquoi. C’est ensuite le procès de Jésus en ses amis, les apôtres tous martyrisés, le procès de Jésus en ses prolongements. Le fait que pour nous, chrétiens, ce procès soit unique et transcendant, n’efface en rien tous les assassinats et procès irréguliers. Il les récapitule, il les enveloppe, il les éclaire, il les sauve aussi de l’éternelle absurdité. Il réhabilite tous les innocents car le Crucifié-Ressuscité sauve l’histoire de l’impasse de la mort. En ce procès-là, Dieu impose la révision de tous. Il démontre que la force du mal n’a pas le dernier mot. Il renverse les évidences officielles et, dès maintenant, comme on dit en Haïti, il fait « ouvrir l’œil ».
Un accusé mystérieux
Le procès de Jésus est d’abord un procès humain banal. Aucun des protagonistes ne perçoit, comme nous pouvons le faire aujourd’hui, la réalité théologique, la personnalité profonde et divine de l’inculpé. Le Verbe de Dieu est présent incognito en Jésus, pauvre, sans autre référence que la pertinence de sa Parole, son action au service des hommes et sa manière de témoigner de Dieu. Les points qui font vraiment difficulté ne sont pas d’abord théologiques mais sociologiques.
Les chefs d’accusation sont multiples
Jésus soulève le peuple, il ne respecte pas la lettre de la Loi, il travaille le jour du Shabbat, il relativise le Temple, il critique les bien-pensants, « c’est un ivrogne et un glouton » « un hérétique et un samaritain », dit on de lui. Il ridiculise à l’occasion les docteurs, les gens sérieux, les détenteurs du savoir et du pouvoir. Surtout, parce qu’il a d’abord le souci de la réconciliation et de sauver ceux qui sont perdus, il ne fait pas chorus avec les groupes humains dans leur système d’identification par exclusion. Il ne respecte pas les règles et les antagonismes qui structurent nos sociétés. A leur égard son comportement est violent dans la mesure où il introduit une logique de cohésion sociale, à l’opposé de celle qui les constitue. Il n’y a pas de troisième voie, il faut choisir son camp.
Prenons des exemples : alors qu’il vit au milieu du peuple élu, Jésus déclare n’avoir jamais rencontré autant de foi en Israël comme chez le centurion romain de Capharnaüm, général de l’armée d’occupation et, par surcroît, païen. Alors qu’il parle à des pharisiens, il dit que les prostituées et les traitres, exploiteurs pour le compte de Rome, seront premiers dans le Royaume de Dieu. Devant la femme adultère que l’on veut lapider unanimement, il renvoie chacun à son propre péché. Il touche les lépreux, il partage le pain avec les exclus. Tout cela, il le fait au nom d’un Dieu, qui n’a rien de différent du théologiquement correct habituel, mais qu’il implique socialement autrement. Comment s’étonner qu’il provoque l’irritation ? Ce qui fait problème, ce n’est pas l’incarnation comme théorie mais comme réalité quotidienne. Les enjeux théologiques n’étaient perceptibles par aucun des contemporains. Le message de Jésus est concret, voilà la difficulté. Sa Parole prend corps et cela déplace un monde qui vit selon un autre esprit, structuré autrement. Selon ses adversaires, il divise, il agit au nom du Diable, « c’est par Belzébuth qu’il chasse les démons ». Jésus le reconnaît d’ailleurs : « ne croyez pas que je sois venu apporter la paix. Je ne suis pas venu apporter la paix mais le glaive. On sera divisé un contre deux, deux contre trois... On aura pour ennemi les gens de sa maison. »
Ni pédagogue ni diplomate
Nous sommes trop habitués à l’histoire de Jésus. Depuis notre petite enfance, on nous la raconte et nous sommes anesthésiés. Ne pourrait-on pas imaginer un scénario différent ? Pourquoi Jésus ne parvient-il pas à surmonter les résistances, à convaincre ses opposants, à s’associer des énergies sociales pour travailler avec lui ? Pourquoi ne fait-il pas alliance avec les savants, les universitaires d’alors, plutôt que de les choquer frontalement en leur disant qu’ils « ont dérobé la clé de la connaissance » et confisqué le savoir ? Pourquoi ne parvient-il pas à se faire comprendre des prêtres qui, comme Zacharie, le père de Jean Baptiste, ne sont pas tous de mauvaises gens ? Pourquoi ne forme-t-il pas un mouvement très large de sympathisants depuis les pauvres, les pécheurs pardonnés, les malades guéris, jusqu’à Nicodème le grand sage juif, en passant par le centurion romain dont nous avons rappelé la foi, sans oublier madame Pilate dont l’écrivain Eric Emmanuel Schmitt souligne l’intérêt pour Jésus - ne rêvait-elle pas de lui ! - ? Il aurait pu créer un dynamisme positif au-delà des clivages sociaux habituels ! Mais on dirait que Jésus est maladroit. Il n’est pas pédagogue, il n’est pas diplomate, il n’est pas manipulateur. Dès le début, c’est mal parti, cela devait mal se terminer ! Son procès est ainsi le procès de nos valeurs, trop centrées sur le succès, la rentabilité, la recherche du résultat immédiat. Ne pensons pas que la tentation de Jésus soit un épisode passager que l’on pourrait isoler, c’est la tentation permanente de la facilité qu’il parvient à dominer à chaque étape de sa vie, étonnamment.
L’absence de défense
Que Jésus n’ait pas retourné la foule, convaincu César, argumenté avec les scribes, démontré au Grand Prêtre où était son véritable intérêt, voilà qui a de quoi surprendre alors que nous connaissons quantité de grands hommes brillants et forts qui ont marqué leur époque sans être nullement victimes et en sachant incarner leurs idées. Voilà qui a de quoi surprendre et voilà qui a de quoi faire longuement réfléchir. Nous sommes devant un tout autre rapport au monde, à la force, à la pensée, à l’argumentation ? Une toute autre perception des règles de ce monde, des chemins du progrès, une toute autre échelle de valeurs où le succès n’est plus le critère final. Notre civilisation est en crise. N’y a-t-il pas là matière à réflexion sur les vrais chemins de l’hominisation ? N’est-ce pas là seulement que s’effectue la sortie de la bête, que se produit l’émergence du combat des espèces par une rupture décisive avec la sélection impitoyable de nos sociétés ? N’est pas à ce moment qu’apparaît enfin une autre ambition à la mesure d’hommes lucides et décidés ? Voici que s’ouvre un nouvel espace spirituel à explorer, aussi vaste que le cosmos tout entier ?
L’homme fort, Pilate, a les mains propres mais vides... Jésus lui échappe, il ne se laisse pas dégrader en cherchant à se justifier. S’il est roi, c’est-à-dire souverainement libre, c’est d’un autre monde en effet, où il ne s’agit pas de s’auto-proclamer, de s’auto affirmer, de s’imposer en jouant des coudes pour écraser les autres mais où se respire, j’aimerais dire se conspire, une relation de confiance et de paix. Jésus nous révèle un souffle inconnu qui le fait tenir debout, digne malgré tout. Jésus ne se défend pas. Un autre s’en chargera. Jésus le désigne, il le révèle ainsi et nous introduit dans cette relation intime que toute sa vie n’a d’autre but que de communiquer. Un Autre est là, avec un grand « A », invisible, sans cesse invoqué bien que n’agissant pas... Sa réponse est différée mais attendue comme certaine... La réponse tarde et arrive que trop tard, pour nous montrer justement qu’il n’y a plus de « trop tard ». La réponse survient par-delà la mort, avec un décalage terrifiant, c’est le prix à payer pour accomplir jusqu’au bout le don de soi en offrande absolue. C’est le prix à payer pour montrer que la mort n’existe pas.
On le sent bien, Jésus, malgré toute apparence, reste maître de la situation. Il n’est pas avili et reste toujours magnifiquement humain et donc divin. Il n’entre jamais dans le jeu dégradant de ses adversaires. Il ne se reconnaît jamais coupable et n’intériorise jamais la violence qu’il subit. Il ne reprend pas à son compte les accusations qu’on veut lui faire porter et ne joue pas le rôle attendu de la bonne victime qui s’accuse elle-même finalement.
Un procès qui continue en ses amis
Dans ce procès, où sommes-nous ? En quels acteurs pouvons-nous nous reconnaître et nous projeter ? « Celui qui veut être mon disciple, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. » Où est notre croix ? A quelle opposition suis-je confronté ? Quelle répression ai-je jamais subie directement ou par mes amis, par l’intermédiaire de ceux avec qui je me suis lié ?
Il faut prendre au sérieux la Parole du Christ et je le cite donc : « Malheur à vous quand tout le monde dira du bien de vous... » « Aimez vos ennemis » Comment pourrait-on les aimer si l’on n’en avait pas ? « S’ils ont scruté ma parole, ils scruteront aussi la vôtre ». « Ils vous excluront des synagogues (entendez aujourd’hui « des églises, des couvents, des mosquées, des clubs, des partis, des associations... »), ils vous tueront en pensant rendre un culte à Dieu ». Le procès de Jésus continue et il est toujours un procès de Dieu, au nom de Dieu. Si ces paroles nous paraissent lointaines, c’est notre mise en accusation qui est commencée... « Serpents, engeance de vipères ! comment pourrez-vous échapper à la condamnation de la géhenne ? C’est pourquoi, voici que j’envoie vers vous des prophètes, des sages et des scribes : vous en tuerez et mettrez en croix, vous en flagellerez dans vos synagogues et pourchasserez de ville en ville, pour que retombe sur vous tout le sang innocent répandu sur la terre, depuis le sang de l’innocent Abel jusqu’au sang de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez assassiné entre le sanctuaire et l’autel ! »
De ces prolongations du procès, pourrions-nous donner des exemples ? Où le voyons-nous concrètement, cet affrontement entre différentes logiques, différents messages, différents évangiles, différentes formes de vérité ?
Des exemples ? Il y a tout d’abord ceux qui sont assassinés sans autre forme de procès, éliminés brutalement, torturés, néantisés. Parmi eux, il y a ceux qui ne s’y attendent pas, ceux qui sont spontanés et naïfs, et il y a ceux qui s’y attendent, qui savent qu’ils vont au-devant de bien des ennuis mais qui continuent malgré tout, malgré les menaces, les oppositions et l’oppression. Pourquoi ? Parce qu’au-delà de la vie qui est le bien le plus précieux, il y a la source de la vie elle-même : Dieu, présent au fond du cœur comme une exigence, une confiance, une force irrésistible. « Tu m’as séduit, Seigneur et je me suis laissé séduire... » disait Jérémie qui se plaignait pourtant d’être haï de tous.
Des exemples ? Digna Ochoa, avocate, assassinée au Mexique il y a quelques années, nos trois sœurs dominicaines américaines, récemment libérées après trois ans de prison et avoir connu plus d’une trentaine de cellules différentes en multiples centres de détention... La sœur Dorothy, abattue dans la rue au Brésil... Le prêtre italien récemment assassiné en Turquie... Il y a des victimes plus ou moins aléatoires, des lynchages médiatiques comme celui que nous venons de suivre à Outreau, comme celui qui a eu lieu dans cette ville il n’y a pas si longtemps pour l’ancien maire. Cela peut nous arriver à nous aussi et si cela se produit, ne nous en étonnons pas, ne nous en attristons pas non plus outre mesure, conseil de Jésus. Tout au contraire, que nous soit donnée cette force d’âme extraordinaire, transcendante au sens fort dont parle Jésus : « Réjouissez vous, car vos noms sont inscrits dans le Royaume des Cieux » ;
Le procès de l’Homme
Nous le voyons : le procès de Jésus, c’est le procès de l’homme. Quand Pilate dit « Voici l’homme », « Ecce homo », sans le savoir, il fait œuvre de théologien. Jésus est tellement commun qu’il est universel. En lui tout homme peut se reconnaître. Il est l’archétype, le modèle et la référence de l’homme pour sa plus haute vérité. Il est aussi homme méprisé, bafoué, raillé, homme misérable ... Quelle est sa vérité ? Où est la vérité ? Qui le défendra ? Qui viendra le secourir ? Qui le sauvera ? Et comment le sauver ? Cette option décisive pour la vérité et la vie nous vaudra d’être reconnu par Dieu comme faisant partie des siens.
Ce qui fait son originalité, c’est son insistance sur une relation privilégiée, ce qui l’unit avec son Père. Il se reçoit de lui, voilà son secret. Son Père, c’est-à-dire l’inspirateur de ses paroles et de ses actes, celui qu’il va prier dans la nuit, celui qu’il invoque pour guérir les malades et pour ressusciter son ami Lazare, celui auquel il est totalement référencé : le Dieu de la vie.
2. C’est un procès religieux
Le procès de Jésus est un procès au nom de Dieu. Comme celui de El Hallaj, condamné à Bagdad en 922 après un procès de 8 années : 500 coups de fouets, les mains et les pieds tranchés, la croix, la décapitation et finalement une couverture arrosée de pétrole, enflammée et les cendres dispersées... Un tel saint ne peut être oublié. Le pardon n’est pas la propriété des chrétiens, permettez moi de citer ce musulman : « Ceux-là, qui sont tes serviteurs, se sont réunis pour me tuer par zèle pour ton culte et par désir de se rapprocher de Toi. Pardonne-leur. Car si tu leur avais dévoilé ce que tu m’as dévoilé, ils n’eussent pas agi comme ils ont agi. Et si tu avais dérobé à mes regards ce que tu as dérobé aux leurs, je ne subirais pas l’épreuve que je subis. Louange à Toi pour ce que Tu décides ! »
De tels procès sont toujours à la fois politiques et religieux. Ou bien le religieux a besoin du politique comme pour Hallaj et Jésus, ou bien le politique a besoin du religieux comme pour Jeanne d’Arc, Savonarole, Giordano Bruno, Campanella, et un nombre considérable d’innocents... Les premiers chrétiens n’étaient-ils pas mis à mort pour délit d’athéisme ? Ils ne respectaient pas la religion d’Etat.
Jésus est condamné au nom de Dieu, parce qu’il a blasphémé. Il n’a pas été théologiquement correct dans son comportement à l’égard de la Loi, c’est-à-dire de la religion. Il est condamné par les notables religieux qui se sont faits propriétaires, gardiens d’un Dieu domestiqué, à leur image et ressemblance, défenseurs d’un sacré ou de valeurs qui exigent des sacrifices humains. Jésus est condamné par le pouvoir politique qui ne se contente pas de n’être qu’un pouvoir politique. Toujours tenté d’exercer un pouvoir totalitaire, il se prend pour l’absolu : César se fait Dieu. Rien n’est aussi naïf que d’imaginer qu’entre César et Dieu, il y ait une sereine séparation « rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Mais y a-t-il quelque chose qui ne soit pas à Dieu et y a-t-il quelque chose que César ne cherche à contrôler ? Le conflit est permanent. Et Jésus mourra de la main de César, victime de sa démission, de sa peur de la foule, de son refus d’un autre roi que lui. Nous en parlerons dans notre troisième partie : c’est un procès religieux et c’est aussi un procès politique.
Le procès de la puissance
C’est un procès religieux, celui des représentations de Dieu. Tout Puissant, est-il nécessairement toujours du côté de la force ? On comprend l’embarras des musulmans face à l’affirmation chrétienne de la faiblesse du Christ et de sa croix. Dans le Coran, Jésus est l’ami de Dieu. Celui-ci ne peut donc pas l’abandonner. Et, comme Dieu est Tout Puissant, Jésus ne peut pas être mis à mort. La solution que trouve le Coran est que Dieu trouble la vue des Juifs qui se saisissent d’un autre pour le mettre à mort. Dans la perspective coranique, Jésus échappe à la croix et s’évade par le mécanisme de l’ascension.
Prendre au sérieux le crucifié fait éclater la baudruche de cette toute puissance. Il faut changer de représentation, penser à nouveaux frais cette auto suffisance divine, cette inaltérabilité qui vient de la philosophie grecque. Celle-ci doit être révisée, convertie, si l’on adhère à Jésus Christ comme expression du Dieu vivant et sa nécessaire révélation. Jésus n’est pas seulement une victime consentante, pratiquement suicidaire et résignée qui s’auto-sacrifierait pour satisfaire un Dieu supposé déjà pleinement connu mais cruel et assoiffé de sang.
Le procès des concepts grandiloquents qui exigent des sacrifices humains C’est le procès des représentations de Dieu et nous ne pouvons pas échapper à la question décisive : « quelle est ma représentation de Dieu » ? L’ordre ? La répétition de rites immuables, de formules toutes faites et figées ? Le sacré, quel sacré ? La Nation ? Le Temple ? Un lieu ? Le shabbat ? Les commandements ? Où est ma priorité ? Y aurait-il quelque part et bien cachés dans mes schémas mentaux, des structures psychologiques ou rationnelles toutes prêtes pour des condamnations et, dans mon comportement, des formes atténuées de sacrifices humains ?
Le procès de Jésus nous oblige à quitter la forme infantile de représentation de Dieu. Il nous provoque à la lucidité : Le pouvoir politique peut être injuste et se laver les mains. Les notables religieux peuvent se tromper. « Evêque, c’est par toi que je meurs » dit la jeune fille de 19 ans que l’on va brûler à Rouen. La foule aussi peut être meurtrière. Parlons de la foule. Quel est son Dieu ? A vrai dire, c’est une idole qu’elle cherche, une idole au sens médiatique : le reflet de ses rêves, tout sauf une incarnation réelle. Tout sauf l’appel à un autre comportement. Ce que la foule ne pardonne pas à Jésus, c’est d’indiquer un chemin qu’elle refuse absolument. Il prend tous les risques. Il affirme même qu’il faut se perdre pour se trouver. Or, ce qu’elle cherche éperdument, c’est la sécurité. Voyez les élections, on cherche un Messie, quelqu’un qui soit suffisamment fort pour rassurer et pour conjurer l’anarchie, quelqu’un qui résolve les problèmes mais sans nous demander quoi que ce soit, et surtout pas de changer de logique de vie. Je veux qu’il n’y ait plus d’embouteillages mais je n’utiliserai pas de vélo ni de transports en commun. Je veux être secouru en cas de difficulté mais ne veux pas payer d’impôts. La foule cherche le miracle, celui qui vient de l’extérieur. Elle est une masse d’individus égoïstes, elle n’est pas un peuple organisé. Les notables la manipulent. Ils n’agissent pas comme animateurs responsables d’un peuple solidaire et structuré par des institutions.
3. C’est un procès politique
Trop vivant
Dans le procès de Jésus, nous pourrions faire l’enquête sur les intérêts maquillés des uns et des autres, intérêts financiers, de pouvoir, de renommée, ou tout simplement jalousie et aversion au changement. Jésus est condamné parce qu’il lutte contre des logiques, des arrêts de mort. Il ressuscite parce qu’il est déjà trop vivant avant de mourir. Pourquoi l’a-t-on tué sinon parce qu’il était trop vivant ? « S’il n’était pas ressuscité, ils ne l’auraient pas tué » disait un paysan latino-américain avec une intuition fulgurante de poète et de mystique. C’est parce qu’il venait du Dieu de vie qu’ils l’ont tué et c’est pour la même raison que Dieu l’a ressuscité. A notre tour de lutter contre le mensonge et la mort, jusqu’à ce que vérité soit faite et que vive s’en suive !
Un processus progressif de rejet
Ce procès ne survient pas comme un orage au plein milieu d’un ciel serein. Il n’y a aucune surprise, même si l’épisode des Rameaux peut laisser croire qu’une autre issue eût été possible. Ce procès est le résultat d’une progressive conspiration. Il y a un processus dans ce procès, une maturation progressive des tensions. Il s’est lentement formé au fur et à mesure que Jésus se rendait insupportable à ses contemporains. Il y a eu des avertissements. Quand Jésus revient dans sa famille, à Nazareth, le procès n’a pas lieu mais il y a quand même une forme d’exécution. Pas vraiment un lynchage au sens où Jésus n’est pas lapidé ni pendu, mais on veut le précipiter du haut d’une falaise escarpée... On aimerait peut-être qu’il se précipite lui-même sans qu’on ait à le toucher. Qu’il se suicide, oui, qu’il s’éjecte hors circuit. Que personne ne soit responsable de sa disparition, parce qu’on l’est tous ensemble, en se précipitant sur lui en une forme affolante. Combien d’hommes et de femmes vivent cette oppression ? Mais Jésus n’est pas fasciné par la violence collective, il est indemne de toute intériorisation du rejet. Il reste pleinement libre et ne joue pas leur jeu. L’Evangile le dit en une petite phrase pleine de santé « lui, passant au milieu d’eux, poursuivit son chemin ». Il ne fixe pas sa conduite en fonction de nos comportements. Il n’est pas réactif. Il est transcendant, il vient d’ailleurs, il a un pôle d’inspiration autonome et différent. Il choisira souverainement le moment, le motif et le lieu de son exécution. Le procès de Jésus sera aussi le procès de ses juges, de ses témoins et de ses bourreaux.
Oui, vraiment, des prémices d’exclusion, il y en a chaque jour dans la vie de Jésus. Il est exclu de certains villages comme celui de Gerasa où il a guéri le possédé... Il n’est ni félicité ni remercié, on le prie de s’en aller. Il y a la déclaration du grand prêtre suivant laquelle mieux vaut qu’un seul homme meure pour tout le peuple. Il faut qu’il meure et que soit sauvegardé ce Temple sacré que les Romains, en représailles, pourraient avoir l’intention de raser... Finalement, dans l’évangile de Jean, il y a une déclaration stupéfiante de la part des autorités : tandis que Jésus vient de ressusciter Lazare, les notables décident de tuer non seulement Jésus mais aussi Lazare qui, je le rappelle était déjà mort et avait été ramené à la vie. Si cela ne s’appelle pas de l’acharnement assassin, je ne sais pas ce que c’est qu’une volonté de mort !
Jésus s’affronte au péché concret
Vous me direz que je parle de Jésus comme s’il s’agissait d’un homme « normal », un guérillero, un résistant ou un provocateur. « Le seul anarchiste qui ait réussi » disait A. Malraux... Mais pourquoi cette question ? Où est le problème ? Y a-t-il un risque à insister sur l’identification de Jésus avec tous les exaltés, les révoltés, avec toutes les victimes ? Ne voit-on pas que c’est justement dans sa manière de faire cause commune qu’il est unique et pas du tout dans une sorte d’isolement ? Pourquoi répéter que Jésus est « unique, qu’il est le Fils de Dieu, qu’il est venu pour racheter les péchés, qu’il est venu conclure une Alliance nouvelle », formules dont on ne donne pas vraiment le contenu mais qui suggèreraient que son destin n’a rien de commun avec celui des gens normaux ?
Ma perception d’un Jésus provocateur, subversif, dérangeant socialement, serait-elle vide de sens théologique ? Mais dites-moi : peut-il y avoir une alliance nouvelle sans changement de comportement ? Peut-il y avoir de la part du Messie une communication, un don de sa vie, sans affrontement des forces de mort ? Ces forces de mort n’ont-elles aucun rapport avec le péché ? Le Messie peut-il entrer dans le Temple sans en chasser les marchands ? Le Christ peut-il se manifester dans le monde sans affronter ceux qui font de l’argent de la douleur humaine, ceux qui pillent et qui tuent, ceux qui masquent la vérité, ceux qui défigurent le visage de Dieu ?
Des formules vides
Cette question nous révèle que nous employons des formules sans trop nous soucier de leur contenu. Parfois même nous les employons à dessein avec le but inavoué de leur ôter tout contenu. Il faut que les formules soient vides et qu’elles ne disent plus rien. Se gargariser avec le mot de péché ne dérange personne, tant que l’on ne sait pas ce que c’est. Et l’on peut demander pardon indéfiniment pour soulager une culpabilité psychologique diffuse qui veut délibérément ignorer son objet. Les pharisiens voient le péché des autres mais lorsque Jésus leur dit qu’en leur cas il s’agit d’une forme d’exclusion, d’égoïsme de groupe, d’autosuffisance religieuse qui s’imagine propriétaire de Dieu, ici et aujourd’hui, alors cela fait difficulté.
Le procès de Jésus nous révèle la confusion dans laquelle vit l’humanité et la perversion du langage qui finit par désigner le contraire de ce que veulent dire les mots. Urs von Balthazar le dit magnifiquement « La lumière était là mais tous étaient aveugles. La Parole mais tous étaient sourds. L’Amour, mais personne ne soupçonnait l’Amour d’exister. Ils étaient malades à ce point qu’ils ne savaient plus ce qu’était la Santé. Ils étaient morts, si totalement morts qu’ils s’imaginaient en vie. Si détournés du Dieu vivant, tellement éloignés de sa vérité qu’ils estimaient tout en ordre. Tellement asservis au péché qu’ils ne soupçonnaient plus ce qu’était le péché. Tellement voués à l’abîme et aux flammes qu’ils prenaient l’abîme pour Dieu et les flammes pour l’amour »
Jésus provoque le conflit
Parce que la parole de Jésus, tout au long de sa vie, débusque cette confusion, il ne peut que rencontrer des oppositions. Jésus ne peut guérir quelqu’un sans que le groupe humain qui l’entoure ne se scinde en deux. Mais regardez nos lectionnaires officiels, le plus souvent ils châtrent les derniers versets, ceux qui révèlent la polémique et le conflit. A chaque page d’Evangile se distinguent deux catégories d’hommes, ceux qui se réjouissent qu’un paralysé se mette à marcher et ceux qui affirment que seul Dieu peut pardonner les péchés. Ceux qui ne supportent pas que l’on guérisse la main d’un homme le jour du Shabbat et ceux qui entrent dans la foi. La lumière qu’apporte Jésus révèle inévitablement les ombres qui sont la réalité et la consistance même du péché, ce péché qui conduit au procès et à la croix.
Pour relancer cette méditation qui ne peut avoir de fin, je redonne la parole au poète, sous forme de prière à ce condamné exceptionnel qui est plus nous que nous-mêmes :
« Je crois : viens en aide à mon incrédulité. Tu t’es retiré des prêtres et des docteurs, de tous ceux qui ont fait de ta croix le sceptre de leur puissance(...) Tu t’es retiré de toutes tes images et des tabernacles aux clés d’or et des custodes et des reliquaires et des morceaux de la vraie croix et des linges du tombeau, mais non pas Seigneur de nous-mêmes qui ne croyons plus en Toi, qui ne croyons désespérément qu’en Toi.
Car ta Parole est une parole d’hommes, non point à nous adressée du dehors, mais qui doit naître à la fin, jaillir, exploser à la fin, de notre mutisme et de notre indifférence et de notre attente qui ne se connaît pas et de notre soif trop absolue pour nous tourmenter encore et de l’abîme de notre famine que nous avons renoncé à sonder. Tu es en nous, Seigneur, et dans ce moment où l’absurdité nous paraît si totale que nous n’attendons plus rien de rien fût-ce de la mort, où nous sommes au-delà du dernier gémissement de la bête, vivant d’une inexistence vitreuse indéfiniment docile à n’importe quoi, voici qu’à la surface de cette vase que nous formons crèvent déjà des bulles de paroles tout irisées des couleurs du ciel. »

Michel Van Aerde

Désolé d'avoir tout copié-collé, mais tout y est dit. Et puisque cette conférence qui a fait date dans mon coeur s'est tenue à Toulouse... et mon imagination me conduisant parfois hors les murs, sachez qu'on y trouve les indices des combats qui nous attendent nous ont été livré de façon, disons... locale... et épistolaire... C'est ce que le microcosme est au macrocosme... A cet égard, attardez-vous sur l'article d'Alter Info sur
http://www.alterinfo.net/Reponses-aux-interrogations-de-ce-jour-de-J-M-Aphatie-sur-la-justice_a31270.html

et qui vous renverra vers ces liens:

http://leweb2zero.tv/video/marab_6145a8ccc4672cf

http://leweb2zero.tv/video/coubiac_52451292d348029

Attardez vous également sur - תֹּפֶת -Tophèth - le lieu impie de la vallée de Ben Hinnom.
Et dites-vous bien une fois pour toute que cette église bien dans les murs, elle, n'ignore rien de cela et y participe même allègrement... sans mauvais jeu de mots.... Désolé d'avoir été si long.

Et je réitère mes bons vœux de Pâques à tous.





15.Posté par Aigle le 07/04/2009 21:44 | Alerter
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PAIX SUR LES GENS DE PAIX ET DE RAISON ........

16.Posté par LSD, 100 µg, i.m. le 07/04/2009 22:12 | Alerter
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Et qui se compteront.... mais à la fin vaincront.... Si nous n'en sommes pas certains à la veille de Pâques, quand...?

17.Posté par Kalix le 08/04/2009 02:38 | Alerter
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Merci Lsd pour l’extrait de cette radieuse conférence qui reflète une approche constructive et intemporel du procès de Jésus, bien que je bute sur certain petit points et que ma conviction sur l’identité du Crucifié ne s’en retrouve pas ébranlée (cela n’a réellement aucune espèce d’importance). La symbolique y est, le tronc commun est là, le constat est immuable ; encore tout récemment, le procès Colonna, un berger, devenu connu malgré lui, pour l’analogie de profile avec Simon de Cyrène et coté analogie avec le procès de Jésus (as), tout y est, (pour reprendre M. Van Aerde) procès truqué contre l’innocent, absurde et arbitraire, qui fait ouvrir l’œil... c’est fou ce que l’humanité tend à redonder !

Enfin, ton extrait m’a entre autre inspiré les citations suivantes :

i[Coran [3. 134] : La famille d’Imran
« Qui dépensent dans l'aisance et dans l'adversité, qui dominent leur rage et pardonnent à autrui - car Dieu aime les bienfaisants »

Hadith 19 – An Nawawi
« Observe les commandements d’Allah, tu le trouveras devant toi. Informe-toi de Lui, dans l’aisance: Il te connaîtra dans la misère. Sache que ce qui est destiné à t’éviter, ne t’atteindra pas et ce qui est destiné à t’atteindre, ne te manquera pas. Sache que la constance fait remporter la victoire, la joie suit l’adversité, et la richesse la misère ».]i

Paix sur vous tous et Bonne fêtes de Pâques !

18.Posté par rémi le 17/05/2009 22:49 | Alerter
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Cher ami, l'apostasie est présente dans l'église catholique depuis le début !
Seule la parole de Dieu est en mesure de répondre à la question de la manière dont doit être construite une église...
Il te faudra beaucoup désapprendre... Mais si tu cherches vraiment Dieu, Il te donnera les réponses à toutes les choses que tu souhaites. Oui depuis Jésus l'Esprit agit sur son peuple. Oui ses lois sont dans notre coeur mais elles sont aussi dans la Bible, et surtout pas dans les conciles du vatican. Il n'y a rien a attendre de ce côté. L'église catholique n'a rien compris à Dieu. Mais une chose est sure : Dieu t'aime, mais tu n'es pas le seul !
Que dieu te bénisse en Christ.
Rémi

19.Posté par waikup le 18/05/2009 00:41 | Alerter
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Le Vatican est infesté par la mafia :
- Le troisième secret de Fatima aurait du être révélé en 1960
- le pape aurait du faire la consecration de la Russie, cela a été demandé par la très sainte Vierge Marie depuis 1927

Nous ne pouvons plus leur faire confiance, mais nous devons prier pour eux, car, les réglements de comptes sont pour bientôt.
La Gloire de l'Olivier, est le dernier Pape de la liste. Mais que représente vraiment l'Olivier : la paix, le retour de Jesus Christ (arrivé à Jerusalem pour les rameaux)...
ne nous précipitons pas, c'est bientôt
mais surtout, garder la foi

20.Posté par galileus le 24/05/2009 08:01 | Alerter
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Arretons de régler les comptes . Il est un moment , et celà c'est notre Christ qui le dit , il faut les solder par un simple pardon pour rendre la vie de ceux qui nous suivent vivable .

Les derniers mots du Christ c'est "Père ! Pardonnez leur ils ne savent pas ce qu'ils font."

ET VIVE SALADIN (j'ai appris que quand le film sur Saladin, dont parle Shaheen, a été projeté au Liban, tous les spectateurs - Chrétiens , musulmans (sunnites , chiites ) juifs (je ne sais pas ?) se sont levés et ont applaudi a tout rompre .
Continuons!

Sinon comment je fais moi catho jusq'à la moelle et amoureux -passionément - de la civilisation et de la culture arabe et musulmane .

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