Politique Nationale/Internationale

AFFAIRE DES ÉCOUTES : L’INITIATIVE DU DÉPUTÉ SCHUMER


Le New York Times du 1er janvier rapportait que James Comey, l’ancien adjoint au ministre de la Justice de l’époque, John Ashcroft, s’était opposé au programme d’écoutes de la NSA sur le sol américain. Interrogé à ce sujet le même jour sur Fox News Sunday, le député démocrate Charles Schumer a proposé que ces deux hommes, ainsi que l’actuel ministre Alberto Gonzalez et le chef de cabinet de la Maison Blanche Andrew Card, soient appelés à témoigner aux auditions tenues par la Commission judiciaire du Sénat sur cette affaire.


Mercredi 4 Janvier 2006


« Les révélations divulguées aujourd’hui, a déclaré le député de New York, accroissent encore notre inquiétude. Si Comey, l’un des plus éminents procureurs de notre pays en matière de terrorisme, avait fait savoir qu’il pensait que ce programme violait la loi (...), cela met en question la manière dont le Président et le vice-Président ont agi (...). »

Par contre, lors de la même émission de Fox News, le sénateur républicain Mitch McConnell a repris la ligne de Dick Cheney, arguant qu’il fallait plutôt enquêter sur la manière dont le New York Times avait obtenu l’information sur le programme d’espionnage ultra-secret de la NSA, car ce genre de fuite représente une menace pour la sécurité nationale. Il a également estimé qu’une telle audition devrait relever de la commission du Renseignement du Sénat, dont les sessions se tiennent d’habitude à huis clos, plutôt que de la Commission judiciaire, présidée par le sénateur Arlen Specter.

L’ampleur des écoutes de la NSA dépasse de loin ce que l’on a admis

Dans son édition du 24 décembre, le New York Times révèle que le volume d’informations récoltées par la NSA sans mandat judiciaire est beaucoup plus important « que ne l’admet la Maison Blanche ». En effet, les techniciens de l’agence ont eu accès aux données de certaines grandes sociétés de télécommunications : depuis le 11 septembre 2001, selon le quotidien de new-yorkais, celles-ci stockent des informations sur certains appels pour les remettre au gouvernement fédéral. Ainsi, la NSA ne s’intéressait pas seulement aux communications internationales par téléphone ou internet de personnes soupçonnées de liens avec des organisations terroristes.

Le député démocrate John Conyers, membre de la commission Judiciaire de la Chambre des représentants, a soumis une résolution demandant au ministre de la Justice Alberto Gonzales de remettre à la Commission les documents autorisant la NSA à pratiquer une surveillance électronique sans mandat judiciaire, ainsi que ceux fournissant la justification judiciaire de cette surveillance. Dans une déclaration d’accompagnement, Conyers estimait que « nous ne pouvons simplement pas tolérer une situation dans laquelle l’administration établit et interprète la loi de son propre chef, sans même partager avec les membres du Congrès la justification légale de ce programme. » Les révélations sur l’interception des appels et des communications par la NSA « soulèvent des questions légales et constitutionnelles extrêmement graves pour notre démocratie, à savoir s’il est permis à notre gouvernement d’intercepter nos conversations les plus privées » sans avoir à répondre de la nécessité d’un tel recours.



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Mercredi 4 Janvier 2006

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