Géopolitique et stratégie

ABM: les Etats-Unis changent d'approche (Rogozine)


Intervenant mercredi à la radio RSN, le délégué permanent russe auprès de l'OTAN Dmitri Rogozine a lié la décision du gouvernement tchèque de reporter la ratification au parlement des accords tchéco-américains sur l'installation du radar américain sur le sol tchèque à un changement de l'attitude de Washington.


Jeudi 19 Mars 2009

ABM: les Etats-Unis changent d'approche (Rogozine)
"Je suis enclin à chercher les causes profondes d'une telle décision avant tout au sein de la société américaine. En temps de crise, les Américains ont sans doute d'autres chats à fouetter", a estimé l'ambassadeur.

Mardi dernier, le gouvernement tchèque a retiré de l'ordre du jour de la chambre basse du parlement la ratification des accords tchéco-américains sur l'installation du radar américain sur le sol tchèque, ne disposant plus de la majorité nécessaire pour faire adopter ces accords, ni même pour bloquer un vote négatif de l'opposition de gauche. Washington envisage de déployer en Europe des éléments de son bouclier antimissile pour parer à d'éventuelles attaques venant d'Iran ou de Corée du Nord. Il compte ainsi installer un radar en République tchèque et dix missiles intercepteurs en Pologne. Moscou, se sentant menacé, a exprimé à plusieurs reprises son hostilité envers ce projet malgré les tentatives américaines visant à rassurer la Russie. Le président russe Dmitri Medvedev n'a pas exclu le déploiement de missiles Iskander à Kaliningrad, aux frontières de la Pologne.

Le nouveau président américain Barack Obama a indiqué qu'il soutiendrait le projet développé par l'administration de son prédécesseur George W. Bush s'il s'avérait "technologiquement adapté" et "financièrement supportable".

Début mars, la presse américaine a rapporté que M.Obama avait envoyé une lettre secrète au président russe Dmitri Medvedev se disant prêt à renoncer au déploiement de l'ABM en Europe en échange de l'aide de la Russie au règlement du problème nucléaire iranien.

Prague et Washington ont signé en 2008 deux accords en vue de l'installation en République tchèque d'un radar couplé à dix intercepteurs de missiles en Pologne.

"Personne ne pourra jamais vérifier à quel point ce système de défense antimissile est capable d'intercepter des missiles balistiques d'autrui. On ne pourrait tester le système ABM que dans un seul cas, celui d'un conflit thermonucléaire global. Mais comme un tel conflit n'éclatera jamais, espérons-le, il est impossible de dire que ledit système est fiable", a indiqué M.Rogozine.

Le délégué permanent russe auprès de l'OTAN a espéré qu'avec le nouveau président, les Etats-Unis seraient plus rationnels dans le choix des variantes de garantie de leur propre sécurité et de celle de leurs alliées.

"Quant aux Tchèques et Polonais, ils doivent adopter des décisions conformément à la volonté de leurs propres peuples", a conclu M. Rogozine.

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Jeudi 19 Mars 2009


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