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ABM en République tchèque: la ratification au parlement reportée


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Le gouvernement tchèque a retiré de la chambre basse du parlement l'accord qu'il lui avait précédemment soumis concernant l'implantation, sur le territoire national, d'une station radar de défense antimissile américaine.


Mercredi 25 Mars 2009

ABM en République tchèque: la ratification au parlement reportée
Par Nikita Petrov, RIA Novosti

Certains experts militaires ont attribué cette décision au changement de position de la nouvelle administration américaine sur le déploiement du bouclier antimissile en Europe de l'Est. Barack Obama, disent-ils, avait déclaré lors de sa campagne électorale qu'il faudrait analyser sérieusement l'efficacité de ce système. Désormais au pouvoir à la Maison Blanche, il serait prêt à reporter la construction de la troisième zone de positionnement en Pologne et en République tchèque à des "temps meilleurs", ou même à y renoncer définitivement. Et à plus forte raison si la Russie aide les Etats-Unis à obtenir de Téhéran qu'il arrête totalement son programme de création de l'arme nucléaire. Tout cela est vrai, mais sans l'être tout à fait.

Il convient de rappeler que près de la moitié des Tchèques ont protesté contre la ratification de l'accord sur l'installation de la station radar de défense antimissile américaine dans leur pays. Au moment où une coalition en opposition au parti au pouvoir s'était constituée à la chambre basse du parlement tchèque, le gouvernement Topolanek n'était pas prêt à prendre le risque d'un rejet des accords avec Washington. Mais le fait de reporter la ratification ne signifie pas que l'on y a renoncé.

Les pourparlers entre les présidents américain et russe prévus en marge du sommet du G20 peuvent, eux aussi, influer sérieusement sur la ratification. La première rencontre entre Barack Obama et Dmitri Medvedev doit être suivie d'une visite du chef de l'administration américaine à Moscou. Ces entretiens pourraient, sinon enterrer l'idée du déploiement d'éléments de la troisième zone de positionnement de la défense antimissile américaine globale en Europe de l'Est, du moins reporter pour longtemps la matérialisation de cette idée.

Bien des espoirs existent à cet égard. Ces raisons d'espérer reposent sur la déclaration du vice-président américain Joe Biden concernant le "redémarrage des relations" entre Moscou et Washington, sur le soutien apporté à cette initiative lors de la récente rencontre, à Genève, entre la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Elles reposent aussi sur les discussions menées au sein du groupe de travail sur les rapports entre les Etats-Unis et la Russie, dirigé par des "sages" aussi universellement réputés que l'ancien secrétaire d'Etat américain Henry Kissinger et l'ancien premier ministre russe Evgueni Primakov. Ces négociations viennent de prendre fin dans la capitale russe, à la veille de la rencontre entre les deux présidents. Les participants à ces débats - des personnalités très prestigieuses, éminemment respectées sur la scène internationale - ont été reçus par Dmitri Medvedev.

Cependant, les raisons de se montrer optimiste concernant le renoncement des Etats-Unis à la troisième zone de positionnement de défense antimissile en Europe de l'Est sont encore insuffisantes. Washington continue de travailler sur ce programme. Il a même récemment procédé à de nouveaux tests de son missile antimissile, qui ont été couronnés de succès. 50 milliards de dollars ont déjà été dépensés pour la défense antimissile globale, et il est prévu d'en octroyer encore 60. Par conséquent, il n'est pas question, pour l'instant, de mesures réelles de suspension du déploiement de ce système.

Mais il ne faut pas non plus négliger un autre élément: les négociations sur la réduction des armements offensifs stratégiques ou sur la prorogation du traité START-1 ne seront efficaces que si Washington renonce à son bouclier antimissile en Europe de l'Est.

La réduction du nombre des ogives nucléaires et des vecteurs de ces ogives dépend directement de la présence ou de l'absence du système de défense antimissile américain global. Il est impossible d'accepter une réduction radicale des armements nucléaires stratégiques, comme le proposent les Etats-Unis, si l'autre partie utilise le système de défense antimissile comme un bouclier supplémentaire. Les Américains connaissent bien cet argument de Moscou. Washington est-il prêt à prendre en compte les appréhensions du Kremlin et ses conditions pour parvenir à un nouvel accord sur la réduction des armements offensifs stratégiques et conclure un nouveau traité sur ce problème ? On ne le saura qu'après les rencontres Obama-Medvedev.

Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.


Mercredi 25 Mars 2009


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