Géopolitique et stratégie

ABM américain en Europe de l'Est: Moscou serein mais pas dupe



Izvestia
Mardi 6 Février 2007

La Russie ne craint pas l'éventuel déploiement de plusieurs éléments du bouclier antimissile américain en Pologne et en République tchèque, mais n'exclut pas non plus d'éventuelles mesures de rétorsion.

"Il ne fait aucun doute que le futur bouclier antimissile en Pologne et en République tchèque aura un caractère exclusivement antirusse et antichinois, explique Vladimir Beloous, chercheur au Centre de la sécurité internationale auprès de l'Institut de l'économie mondiale et des relations internationales (Académie russe des sciences). La Corée du Nord et l'Iran, censés être visés par le programme national américain de défense antimissile en Europe, ne disposent pas et ne disposeront pas dans les décennies à venir de missiles susceptibles d'atteindre les Etats-Unis ou l'Europe. En revanche, en s'approchant des frontières russes, les Américains souhaitent résoudre le problème essentiel, celui de pouvoir intercepter nos missiles stratégiques dans la phase initiale de leur trajectoire, celle de l'accélération, au moment où ils sont particulièrement vulnérables."

Pour le général Vladimir Popovkine, commandant en chef des Forces spatiales russes, le déploiement du bouclier antimissile américain en Pologne et en République tchèque vise exclusivement la Russie. "Il est extrêmement douteux que les trajectoires de missiles iraniens traversent un jour le ciel tchèque ou polonais", estime-t-il.

L'état-major général et le ministère de la Défense russes restent discrets au sujet des scénarios hypothétiques d'une riposte adéquate. Même si le chef de l'état-major général Iouri Balouïevski a fait allusion à la possibilité de retombées écologiques pour les pays abritant des éléments du bouclier antimissile américain.

"Conformément à sa doctrine militaire en vigueur, la Russie se réserve le droit de diriger des frappes préventives sur les ouvrages qui représentent pour elle une menace, y compris en utilisant des armes nucléaires de théâtre", rappelle Alexandre Pikaïev, spécialiste du désarmement et des conflits à l'Institut de l'économie mondiale et des relations internationales.

En 2007, le ministère de la Défense doit acheter 17 missiles balistiques intercontinentaux (contre seulement 4 en 2006) et plusieurs batteries de missiles de théâtre Iskander. Rien ne montre, dans ce contexte, que tous ces missiles seront nécessairement pointés sur l'autre hémisphère de la planète.


Mardi 6 Février 2007

Géopolitique et stratégie | Diplomatie et relation internationale

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