EUROPE

A quel point la «démocratie» allemande est-elle encore démocratique?


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La «Friedrich Ebert Stiftung», fondation proche du parti social-démocrate d’Allemagne, a présenté fin juin les résultats d’une enquête représentative qu’elle avait menée en Allemagne sous le titre «Conditions de vie personnelles, positions au sujet de réformes, le potentiel de l’aliénation de la démocratie et le comportement électoral». En préliminaire déjà, on apprend que «le résultat central de l’enquête est la divulgation d’une grande distance fondamentale que le citoyen éprouve envers la politique. Une personne sur trois ne croit plus que la politique est en mesure de résoudre les problèmes.»


Jeudi 17 Juillet 2008

Du 24 janvier au 4 mars 2008, 2503 citoyens allemands de plus de 16 ans ont été interrogés, dont 1750 en Allemagne de l’Ouest et 753 en Allemagne de l’Est.
Les résultats en détail:
• 26% des Allemands trouvent qu'ils sont «traités de manière injuste». Dans des groupes particuliers, ce chiffre est beaucoup plus élevé: 74% chez les chômeurs, 71% chez les destinataires de Hartz IV et 48% chez les ouvriers.
• 23% des Allemands «se sentent entièrement du côté des perdants du développement social et économique».
• 57% des Allemands jugent les soi-disant «réformes» des dernières années de manière critique.
• 37% des Allemands pensent que la démocratie en Allemagne fonctionne moins bien ou même mal. Cette opinion est partagée par un grand nombre de citoyens provenant de l’Allemagne de l’Est, soient 61%.
• 25% des Allemands trouvent qu’il ne valait pas la peine de s'engager pour l'ordre social actuel en Allemagne. En Allemagne de l’Est ce sont 38%, parmi les ouvriers allemands 37% et chez les chômeurs et les destinataires de Hartz IV 54% et 52% qui partagent cette opinion.
• 33% des Allemands trouvent que ça ne joue pas ou même pas du tout avec la démocratie, telle qu’elle est pratiquée en Allemagne et que les problèmes actuels du pays ne peuvent pas être résolus dans ces conditions. En Allemagne de l’Est, ce sont même 53% qui sont de cet avis.
• 47% des Allemands peuvent s’imaginer, «qu’ils n’iront pas voter lors des prochaines élections législatives».
• Enfin: 25% des Allemands approuvent l'affirmation: «En principe, je suis partisan de la démocratie, mais telle qu’elle se présente aujourd’hui chez nous, je n’ai rien à voir avec».
Les résultats de cette enquête prouvent que beaucoup d’Allemands perçoivent et jugent les développements politiques et sociaux en Allemagne de manière correcte: c’est-à-dire que leurs jugements correspondent aux résultats d’une analyse sincère et objective du développement politique et social en Allemagne. Concerné soi-même, on sait très bien ce que cela veut dire d’être déclassé socialement sans en être responsable et de ne pouvoir rien y changer politiquement jusqu’à présent.
Pour cette raison tous les responsables seraient bien avisés de ne pas essayer de manipuler l’opinion publique par davantage de mensonges ou de nouvelles promesses vides, mais de commencer enfin à réfléchir comment davantage de justice et de démocratie pourraient être réalisées en Allemagne.
La mauvaise excuse de la «mondialisation inévitable», dont la classe politique se sert de préférence, doit être bannie de la rhétorique politique. Les gens pourront seulement reprendre confiance si la situation s’améliore vraiment et s’ils sont pris au sérieux. Cela est possible, il ne s’agit que d’une question de volonté politique.
Le quotidien «Frankfurter Rundschau» publie le 3 juillet dans un article intéressant le cas de plusieurs entreprises allemandes, qui sont en train de réinstaller leur production en Allemagne alors qu’elles l’avait il y a des années délocalisée à l’étranger dans l’ivresse de la mondialisation. Dans cet article la phrase remarquable de l’économiste canadien Jeff Rubin est citée:«La mondialisation est réversible.»
En effet: Il n’y a pas de loi mondiale d’un développement social et politique obligatoire. C’est la volonté politique qui est décisive, c’est là une vérité générale. Les gens partout dans le monde et aussi en Allemagne peuvent faire preuve de raison, de courage et de vigueur en changeant les aiguillages de sorte que de plus grandes catastrophes soient évitées. Chacun à sa place, doit prendre ses responsabilités en tant qu’aiguilleur – en Allemagne comme partout dans le monde.

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Jeudi 17 Juillet 2008

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