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A propos de l’ouvrage de Shlomo Sand : « Comment le peuple juif fut inventé » « Nous errons », qu’ils disaient… Euh… : qui ça, « nous », déjà ??


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Shlomo Sand, professeur à l’université de Tel-Aviv, introduit la remarquable somme qu’il a consacrée au nationalisme juif en citant Karl W. Deutsch :





Samedi 6 Septembre 2008

A propos de l’ouvrage de Shlomo Sand : « Comment le peuple juif fut inventé » « Nous errons », qu’ils disaient… Euh… : qui ça, « nous », déjà ??

« Nous errons », qu’ils disaient… Euh… : qui ça, « nous », déjà ??

A propos de l’ouvrage de Shlomo Sand : « Comment le peuple juif fut inventé »

(à paraître le 3 septembre 2008, aux éditions Fayard)

par Gilad Atzmon

on Palestinethinktank.com, 2 septembre 2008

http://palestinethinktank.com/2008/09/02/gilad-atzmon-the-wandering-who/

traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier

 

 

 

 

 

 

 

Shlomo Sand, professeur à l’université de Tel-Aviv, introduit la remarquable somme qu’il a consacrée au nationalisme juif en citant Karl W. Deutsch :

« Un peuple est un groupe de personnes unies par leur erreur commune quant à leur origine, ainsi que par leur hostilité collective envers leurs voisins » [1].

Aussi simple, voire même simpliste, que cela puisse paraître, cette citation résume éloquemment cette vue de l’esprit qui est congénitale au nationalisme juif et, en particulier, au concept d’identité juive. Elle pointe manifestement le doigt sur l’erreur collective que les juifs ont tendance à faire lorsqu’ils font référence à leur « passé collectif » et à leur « origine commune » fantasmatiques. Pourtant, dans le même souffle, la lecture du nationalisme que fait Deutsch braque le projecteur sur l’hostilité qui, malheureusement, va de pair avec quasiment n’importe quel groupe juif vis-à-vis de la réalité qui l’entoure, que cette réalité soit humaine, ou qu’elle soit géographique. Si la brutalité des Israéliens à l’égard des Palestiniens est d’ores et déjà connue de tout le monde, le traitement violent que les Israéliens réservent à leur « terre promise » et au paysage commence tout juste à apparaître dans toute son horreur. Le désastre écologique que les Israéliens s’apprêtent à laisser derrière eux sera une cause de souffrances pour de nombreuses générations à venir. Mis à part la muraille mégalomaniaque qui déchiquette la Terre Sainte en enclaves de désolation et de famine, Israël a réussi à polluer ses principaux cours d’eau [ main rivers ],dans lesquels il déverse des effluents chimiques [chemical waste], et même des déchets radioactifs.

« Comment le peuple juif fut inventé » ["When And How the Jewish People Was Invented"] [la parution du livre en français est annoncée pour le 3 septembre 2008, aux éditions Fayard, collection Documents] est une étude très sérieuse réalisée par le Professeur Shlomo Sand, un historien israélien. Il s’agit de l’étude la plus sérieuse du nationalisme juif à avoir été publiée jusqu’ici, et du commentaire le plus courageux – et de très loin – du narratif historique juif.

Dans son livre, Sand démontre au-delà de tout doute possible que le peuple juif n’a jamais existé en tant que « peuple-race », et que les juifs n’ont jamais eu en partage une origine commune. Non, il s’agit d’un mélange haut en couleurs de différents groupes humains qui, à différentes époques de l’histoire, ont adopté la religion juive.

Au cas où vous adopteriez la manière de penser de Sand et où vous vous poseriez à vous-même la question : « quand le peuple juif a-t-il été inventé ? », la réponse que Sand apporte à cette question est extrêmement simple : « A un certain moment, au XIXème siècle, des intellectuels d’origine juive vivant en Allemagne, sous l’influence du caractère völkish [populiste] du nationalisme allemand, se sont donné la mission d’inventer « rétrospectivement » un peuple, dans leur désir de créer un peuple juif moderne. » [2]

Par conséquent, le « peuple juif » est une notion « artificielle » consistant en un passé fictionnel et imaginaire, avec très peu de preuves à conviction, tant historiques que textuelles. Bien plus, Sand – qui s’est fondé sur des sources remontant à l’Antiquité – en vient à la conclusion que l’exil juif est, lui aussi, un mythe, et que les Palestiniens d’aujourd’hui ont beaucoup plus de chances d’être les descendants du peuple sémitique ancien de la Judée/Canaan que la bande d’Ashkénazes d’origine khazare, à laquelle il reconnaît appartenir lui-même. Très étonnamment, en dépit du fait que Sand démantibule la notion de « peuple juif », pulvérise la notion de « passé collectif juif » et ridiculise l’élan national chauvin juif, son livre est un best-seller, en Israël… Ce fait, à lui seul, pourrait suggérer que ceux qui s’auto-qualifient de « peuple du livre » commence aujourd’hui à découvrir les philosophies trompeuses et dévastatrices, ainsi que les idéologies qui ont fait d’eux ce que Khalid Amayreh et bien d’autres considèrent comme les « nazis de notre époque ».

 

En fin de compte, le vainqueur, c’est Hitler

Bien souvent, si vous demandez à un juif « laïc » et « cosmopolite » ce qui, au juste, fait de lui un juif, vous recevez, en retour, cette réponse, superficielle et usée jusqu’à la corde : « C’est Hitler, qui a fait de moi un juif… ». Bien que le juif « cosmopolite », en tant qu’internationaliste, ait tendance à passer par pertes et profit les inclinations nationales des autres peuples, il ne démord pas de son propre droit à l’ « autodétermination ». Toutefois, ce n’est pas lui-même, qui se trouve au centre de cette exigence exclusive d’orientation nationale… Non : c’est, de fait, le pernicieux, le monstrueux antisémite nommé Adolf Hitler. Apparemment, notre juif cosmopolite peut célébrer sa légitimité nationaliste, mais il faut, pour cela, qu’il y ait un Hitler à blâmer dans les parages…

Concernant le juif laïc cosmopolite, c’est donc Hitler qui a gagné, en fin de compte. Sand réussit magnifiquement à souligner ce paradoxe. Il suggère l’idée pénétrante que « si, au XIXème siècle, qualifier les juifs « d’identité raciale aliène » aurait immédiatement classé quelqu’un dans la catégorie des antisémites, dans l’Etat juif, c’est cette philosophie elle-même qui est profondément intégrée, mentalement et intellectuellement » [3]. En Israël, les juifs célèbrent leur différenciation et leur condition sans pareil. De plus, explique Sand, « Il y a eu des époques, en Europe, où l’on pouvait se faire taxer d’antisémitisme pour avoir affirmé que tous les juifs appartiennent à une nation de type allogène. Aujourd’hui, affirmer que les juifs n’ont jamais été, et ne sont toujours pas un peuple ou une nation vous ferait aisément cataloguer dans la catégorie des haïsseurs des juifs ». [4] De fait, il est absolument extraordinaire que les seuls à avoir réussi à maintenir et à entretenir une identité nationale racialement orientée, expansionniste et génocidaire, qui ne diffère en rien de l’idéologie ethnique nazie, soient précisément… les juifs, qui furent, parmi (bien d’)autres, les victimes ciblées en priorité par l’idéologie nazie et par le nazisme en actes.

 

Du nationalisme, en général. Et du nationalisme juif, en particulier

Louis-Ferdinand Céline a observé qu’au Moyen Age, durant les rémissions entre deux guerres de grande ampleur, les chevaliers se faisaient payer très cher le fait qu’ils étaient prêts à mourir au nom de leurs royaumes respectifs, tandis qu’au XXème siècle, des petits jeunes s’étaient empressés d’aller se faire zigouiller en masse, pour la beauté du geste, sans rien demander en retour… Pour comprendre ce glissement dans la conscience de masse, nous avons besoin d’un modèle méthodologique éloquent qui nous permette de comprendre ce qu’est, au juste, le nationalisme.

A l’instar de Karl Deutsch, Sand voit dans la nationalité un narratif phantasmatique. Il est établi que les études anthropologiques et historiques des origines de divers soi-disant « peuples » et « nations » a conduit à l’effondrement pitoyable de toute notion d’ethnicité et d’identité ethnique. Partant, il est très intéressant de découvrir que les juifs ont tendance à prendre leur propre mythe ethnique très au sérieux. L’explication est sans doute simple, comme Benjamin Beit Halachmi l’a repéré, voici fort longtemps.

Le sionisme n’avait d’autre fonction que de transformer la Bible, de texte spirituel qu’elle était, en « registre du cadastre ». A ce sujet, précision que la véridicité de la Bible, ou de tout autre élément du narratif historique juif, n’importe qu’extrêmement peu, dès lors que cela n’interfère pas avec la cause ou la pratique politique nationale juive. Il serait aussi loisible de conjecturer que l’absence de toute origine ethnique bien définie n’est pas de nature à empêcher un peuple donné de ressentir une appartenance ethnique ou nationale. Le fait que les juifs sont très loin d’être ce que l’on peut qualifier de Peuple, et que la Bible contient une quantité infime de vérité historique, cela n’empêche pas réellement des générations d’Israéliens et de juifs de s’identifier, par exemple, avec le Roi David, ou avec le massacreur Samson…

A l’évidence, l’absence d’origine ethnique non-ambiguë n’empêche pas les gens de se voir comme faisant partie d’un même peuple. De même, cela n’empêchera pas le juif nationaliste d’avoir le sentiment qu’il appartient à on ne sait trop quelle collectivité abstraite supérieure.

Dans les années 1970, Shlomo Artzi, un jeune chanteur israélien, à l’époque, qui allait devenir la plus grand rock star israélienne de tous les temps, lança une chanson qui se retrouva au zénith du hit-parade en quelques heures.

En voici le début :

Soudain,

Un homme se réveille,

Un beau matin :

Il a l’impression d’être un peuple

Alors, il se met à marcher

Et, à tous ceux qui croisent son chemin,

Il dit : « Shalom ! » !

Jusqu’à un certain point, Artzi exprime, innocemment, dans ses paroles, la soudaineté et la quasi-contingence impliquées dans la transformation des juifs en un peuple. Toutefois, presque dans le même souffle, Artzi contribue au mythe national illusoire de la nation aspirant à la paix. Artzi aurait dû savoir, à son âge et vu l’époque, que le nationalisme juif était une idéologie colonialiste agissant aux dépens du peuple indigène palestinien.

Apparemment, le nationalisme, l’appartenance nationale, et en particulier le nationalisme juif génèrent une mission intellectuelle primordiale. De manière très intéressante, les premiers à s’être colletés théoriquement et méthodiquement à des questions ayant trait au nationalisme furent des idéologues marxistes. Bien que Marx lui-même n’ait pas su traiter de cette question de manière convaincante, l’irruption des exigences nationalistes, au début du XXème siècle, en Europe orientale et en Europe centrale, prit Lénine et Staline totalement au dépourvu.

La contribution des « Marxistes » à l’étude du nationalisme peut être considérée comme le point central de la profonde corrélation entre l’émergence de l’économie libre et l’essor de l’Etat national » [5]. En réalité, Staline veillait : il allait reprendre la tache des Marxistes, sur cette question. « La nation », affirme Staline, « c’est une solide collaboration entre des êtres, créés et formés par l’Histoire, selon quatre phénomènes fondamentaux : le partage d’une langue commune, le partage d’un territoire, le partage d’une économie et le partage d’une intercompréhension psychique… » [6].

Conformément à l’attente, une vision historique globale adéquate fait défaut à la tentative déployée par les matérialistes marxistes pour comprendre le nationalisme. En lieu et place, ils ont tendance à prendre pour point de départ une lutte entre classes. Pour des raisons évidentes, une telle vision des choses étaient populaire chez ceux qui croient au « socialisme dans une nation unique », parmi lesquels nous pouvons repérer les partisans d’une branche de gauche du sionisme. Pour Sant, le nationalisme s’est développé en raison de « la déchirure créée par la modernité, qui coupa les peuples de leur passé le plus immédiat. » [7]

La mobilité générée par l’urbanisation et l’industrialisation ont écrasé le système hiérarchique traditionnel, ainsi que le continuum entre le passé, le présent et le futur. Sans met le doigt sur le fait qu’avant l’industrialisation, le paysan féodal ne ressentait pas nécessairement le besoin d’un narratif historique à base d’empires et de royaumes. Le sujet féodal n’avait nul besoin d’un narratif historique abstrait et extensif à propos de larges collectifs qui n’avaient qu’n rapport extrêmement lointain avec ses besoins existentiels concrets et immédiats. « En l’absence de toute perception d’un progrès social, ils se contentaient d’un récit religieux imaginaire, qui renfermait une mosaïque de mémoire à laquelle manquait toute dimension réelle du passage du temps. La « fin » était le commencement, et l’éternité assurait une transition entre la vie et la mort » [8].

Dans notre monde séculier et urbanisé, le « temps » était devenu le principal vecteur de vie à illustrer une signification symbolique imaginaire. Le temps historique collectif était devenu l’ingrédient élémentaire de la vie personnelle et intime. Le narratif collectif forme la signification personnelle et ce qui semble être le « réel ». Bien que certains esprits un peu simplets maintiennent que le « personnel est politique », il serait bien plus intelligible de dire que, dans la pratique, c’est en réalité le contraire. Dans les conditions postmodernes, le politique est personnel et le sujet est parlé, bien plus que lui-même parlant. L’authenticité, mentionnons-le au passage, est un mythe qui se duplique lui-même, sous la forme d’un identifiant symbolique.

La lecture que fait Sand du nationalisme en tant que produit de l’industrialisation, de l’urbanisation et du sécularisme, est particulièrement pertinente si l’on a présente à l’esprit la suggestion faite par Uri Slezkin, selon laquelle les juif sont les « apôtres de la modernité », du sécularisme et de l’urbanisation. Dès lors que les juifs se sont retrouvés dans la cabine de pilotage de l’urbanisation et de la sécularisation, il n’y a rien d’étonnant, dès lors, à ce que les sionistes aient été particulièrement inventifs, au moins autant que d’autres, dans l’invention de leur propre récit collectif phantasmatique. Toutefois, tout en insistant sur leur droit à être « un peuple comme les autres », les sionistes ont trouvé le moyen de transformer leur passé collectif imaginaire en un agenda politique global, expansionniste et impitoyable, ainsi qu’en la plus grande menace pesant sur la paix mondiale.

 

Arrêtez de chercher : l’histoire juive n’existe pas !

Il est un fait absolument irréfutable : pas le moindre texte historique juif n’a été écrit, entre le Ier siècle et le début du XIXème. Le fait que le judaïsme soit basé sur un mythe historico-religieux y est sans doute pour quelque chose. Un examen adéquat du passé juif, voilà qui n’a jamais été la préoccupation première de la tradition rabbinique. Une des raisons en est, probablement, l’absence de besoin d’un tel effort méthodologique. Pour les juifs de l’Antiquité et du Moyen Age, la Bible suffisait amplement à répondre aux questions du moment, relatives à la vie au jour-le-jour, à la raison d’être et au destin des juifs. Comme le dit Shlomo Sand : « toute notion de chronologie séculière était rigoureusement étrangère au « temps diasporique », un temps particulier, auquel l’anticipation de la venue du Messie donnait sa forme. »

Toutefois, à la lumière de la sécularisation, de l’urbanisation et de l’émancipation allemande, et en raison de l’autorité déclinante des dirigeants rabbiniques, un besoin émergent d’une cause alternative se fit jour chez les intellectuels juifs qui commençaient à s’éveiller. Le juif émancipé se demandait qui il était, et d’où il venait ? Il se mit, par ailleurs, à spéculer sur le rôle qui pouvait bien être le sien dans une société européenne en train de s’ouvrir, très rapidement.

En 1820, l’historien juif allemand Isaak Markus Jost (1793-1860) publia la première étude historique sérieuse consacrée aux juifs, intitulée « L’Histoire des Israélites ». Eludant les temps bibliques, Jost préféra faire débuter sa fresque historique avec le Royaume de Judée ; il compila, par ailleurs, le récit historique de différentes communautés juives, dans le monde entier. Jost prit conscience du fait que les juifs de son époque ne provenaient pas d’un continuum ethnique. Il comprit que les Israélites différaient énormément, d’un lieu à un autre. Partant, il pensa qu’il n’y avait rien, dans le monde, qui fût en mesure d’empêcher les juifs de s’assimiler totalement. Il pensait qu’au sein de l’esprit des Lumières, tant les Allemands que les juifs tourneraient le dos à l’institution religieuse oppressante et qu’ils formeraient une nation saine, fondée sur un sentiment d’appartenance déterminé par la géographie. Bien que Josse eût été conscient des évolutions du nationalisme européen, ses adeptes juifs n’adhéraient pas du tout à sa façon libérale et optimiste d’envisager l’avenir juif. »

A partir de l’historien Heinrch Graetz, les historiens juifs commencèrent à dépeindre l’histoire du judaïsme sous les traits de l’histoire d’une nation qui avait été un ‘royaume’, qui avait été expulsée en ‘exil’, qui était ainsi devenue un peuple errant et qui, enfin, aurait fait le trajet inverse et serait rentrée dans sa patrie ancestrale. » [9]

Le passage idéologique de l’orientation raciste pseudo-scientifique de Hess à l’historicisme sioniste saute aux yeux. Si les juifs sont bien, effectivement, une entité raciale aliène (comme Hess, Jabotinsky et d’autres auteurs l’affirment), alors ils ont intérêt à rechercher leur foyer national naturel, et ce foyer naturel n’est pas autre chose qu’Eretz Yizrael. Manifestement, l’assomption hessienne au sujet d’un continuum raciale n’avait pas été approuvée scientifiquement. Afin de perpétuer le narratif phantasmatique émergent, un mécanisme orchestré de déni avait dû être mis sur pied, à seule fin de s’assurer que certains faits gênants n’interférassent point avec la création nationale émergente.

Sand avance l’idée que le mécanisme du déni fut manifestement orchestré, et très bien pensé. La décision, prise par l’Université Hébraïque dans les années 1930, de séparer l’Histoire juive et l’Histoire générale dans deux facultés distinctes ne fut pas une simple question de praticité. Le logos sous-jacent à cette séparation offre une échappée sur l’autoréalisation juive. Aux yeux des universitaires juifs, la condition juive et la psyché juive étaient uniques, et devaient donc, nécessairement, être étudiées séparément.

Apparemment, même au sein du monde académique juif, un statut suprême est réservé aux juifs, à leur histoire et à la perception qu’ils ont d’eux-mêmes. Comme le révèle Sand de manière pénétrante, au sein des facultés des Etudes juives, le chercheur est tiraillé entre le mythologique et le scientifique, tandis que le mythe maintient sa primauté. Pourtant, cela aboutit souvent à un dilemme paralysant, provoqué par ces « petits détails dans lequel se cache le diable ».

 

Le Nouvel Israélite, la Bible et l’archéologie

 

En Palestine, les nouveaux juifs et, plus tard, les Israéliens, étaient déterminés à recruter l’Ancien Testament et à en faire le code général du juif nouveau. La « nationalisation » de la Bible devait servir à inculquer aux jeunes juifs l’idée qu’ils étaient les successeurs directs de leurs grandioses ancêtres. Gardant à l’esprit le fait que la nationalisation fut un mouvement séculier, dans une très large mesure, la Bible fut débarrassée de ses significations spirituelle et religieuse. En lieu et place, on en vint à la considérer comme un texte historique décrivant un enchaînement d’événements réels, dans le passé. Les juifs qui avaient désormais réussi à tuer leur Dieu, apprirent à croire en eux-mêmes. Massada, Samson et Bar Kokhba devinrent des narratifs-maîtres suicidaires. A la lumière de leurs ancêtres héroïques, les juifs apprirent à s’aimer eux-mêmes au moins autant qu’ils haïssaient autrui, à ce détail près que, désormais, ils possédaient les moyens militaires leur permettant d’infliger une douleur tout-à-fait incidiblement réelle à leurs voisins.

 

Plus préoccupant était le fait qu’au lieu d’une entité supranaturelle – à savoir Dieu – qui leur commandait d’envahir le territoire et d’y perpétrer un génocide, puis de voler leur « terre promise » à ses habitants indigènes, dans leur projet de revivification nationale, c’était eux, personnellement, eux, Herzl, Jabotinsky, Weizman, Ben Gurion, Sharon, Peres ou Barak, qui décidaient de qui expulser, détruire et tuer. En lieu et place de Dieu, c’était dès lors les juifs qui assassinaient, au nom du peuple juif. Ils le faisaient en arborant des symboles juifs sur leurs avions de chasse et sur leurs tanks. Ils obéissaient à des ordres qui étaient donnés dans la langue de leurs ancêtres, qui avait repris du service, après avoir été récemment remise au goût du jour.

 

De manière très suprenante, Sand, qui est, à n’en pas douter, un chercheur remarquable, omet de mentionner que le piratage de la Bible fut, en réalité, une réplique juive désespérée au romantisme allemand précoce. Toutefois, autant les philosophes, les poètes, les architectes et les artistes allemands étaient idéologiquement et esthétiquement frapadingues de Grèce présocratique, ils savaient parfaitement bien qu’ils n’étaient pas précisément les fils et les filles de l’hellénisme. Le juif nationaliste alla donc plus loin, il s’attacha lui-même à une chaîne phantasmatique du sang avec ses ancêtres mythiques, et il ne tarda pas à en restaurer, y compris, la langue morte. Au lieu de langue liturgique, de langue sacrée, l’hébreu était devenu une langue parlée. Jamais les premiers romantiques allemands n’étaient allés aussi loin.

Les intellectuels allemands du XIXème siècle étaient parfaitement conscients de la distinction à opérer entre Athènes et Jérusalem. Pour eux, Athènes représentait l’universel, c’était un chapitre épique dans l’histoire de l’humanité et de l’humanisme. Jérusalem, au contraire, était le grand chapitre de la barbarie tribale. Jérusalem incarnait le Dieu banal, non-universel, monothéiste et impitoyable, ce Dieu qui tue le vieillard et l’enfant. L’ère du préromantisme allemand nous a donné Hegel, Nietzcsche, Fichte et Heidegger, et quelques juifs haineux d’eux-mêmes, dont le principal fut Otto Weininger. Son équivalent jérusalémite ne nous a pas légué ne serait-ce qu’un seul penseur majeur. Certains universitaires juifs allemands de seconde catégorie, parmi lesquels on trouve Herman Cohen, Franz Rosenzveig et Ernst Bloch, tentèrent de prêcher Jérusalem dans l’exèdre germanique. Manifestement, ils n’avaient pas remarqué que ce que les pré-romantiques allemands méprisaient tout particulièrement, c’était les traces de Jérusalem, dans le christianisme.

Dans leurs efforts pour ressusciter « Jérusalem », l’archéologie fut mise de la partie, afin de fournir à l’epos sioniste les fondements « scientifiques » qui lui faisaient cruellement défaut. L’archéologie ainsi asservie avait pour mission de relier les temps bibliques à l’époque de la renaissance juive. Le moment probablement le plus étonnant de cette tentative bizarre fut l’enterrement militaire solennel (en 1982) des ossements de Shimon Bar Kokhba, un juif rebelle mort depuis deux millénaires… [‘military burial ceremony’ of the bones of Shimon Bar Kochva]. Tandis qu’officiait le rabbin en chef de l’armée israélienne, les hommages funéraires télévisés furent accordés à des ossements erratiques retrouvés dans une grotte, non loin de la Mer Morte. Ainsi, des restes plus que douteux d’un rebelle juif du Ier siècle furent traités comme s’il se fût agi d’une victime des Forces Israéliennes de Défense. Manifestement, l’archéologie était investie d’un rôle national : elle avait été recrutée afin de cimenter le présent au passé, tout en maintenant soigneusement la Galut (les juifs diasporiques) hors-champ.

Chose extrêmement surprenante, il ne fallut pas très longtemps avant que les choses se retournent totalement. La recherche archéologique devenant de plus en plus indépendante du dogme sioniste, la vérité embarrassante finit par suinter. Il serait impossible de fonder la véridicité du récit biblique sur des faits scientifiques démontrés. A tout le moins, l’archéologie réfute l’historicité de l’intrigue biblique. Les fouilles ont prouvé cette réalité dérangeante : la Bible n’est rien d’autre qu’une anthologie de fictions littéraires, fussent-elles particulièrement imaginatives.

Comme le fait observer Sand, l’histoire biblique primitive est totalement imbibée de Philistins, d’Araméens et de chameaux. Chose particulièrement dérangeante, les fouilles archéologiques nous éclairant sur ce point, les Philistins ne sont pas apparus, dans la région, avant le XIIème siècle avant JC, les Araméens apparaissent un siècle plus tard, et les chameaux n’y ont pas montré leur minois joviaux avant le VIIIème siècle. Ces faits scientifiques mettent les chercheurs sionistes dans un état de confusion particulièrement sévère. Toutefois, pour des chercheurs non-juifs, tel Thomas Thompson, il était tout-à-fait évident que le texte biblique était « un recueil tardif d’une littérature imaginative écrite par un théologien particulièrement doué. » [10] La Bible semble bien être un texte idéologique, qui avait pour fonction de servir une cause sociale et politique. Chose très gênante, on n’a pas trouvé grand-chose, au Sinaï, qui prouvât l’histoire du légendaire Exode d’Egypte : apparemment, trois millions d’hommes, de femmes et d’enfants hébreux auraient déambulé dans le désert, durant quarante années, sans laisser le moindre objet derrirèe eux. Pas la moindre boule de matzo abandonnée dans un coin ? Hmm : pas très juif, ça…

L’histoire biblique de la réinstallation [des juifs, de retour d’exil, ndt] et du génocide des Cananéens, qui les Israélites contemporains imitent avec le succès indéniable que l’on sait, n’est qu’un mythe de plus. Quant à Jéricho, cette ville fortifiée formidable, qui aurait été applatie au sol par des trompettes et quelque intervention supranaturelle du Tout-Puissant, ça n’avait été qu’un minuscule village paisible, durant tout le XIIIème siècle avant JC…

 

Autant Israël considère être la résurrection du monumental Royaume de David et de Salomon, autant des fouilles, exécutées dans la Vieille Ville de Jérusalem, dans les années 1970, ont révélé que le Royaume de David n’était rien de plus qu’un minuscule campement tribal. L’attribution mordicus de certains vestiges au Roi Salomon par Yigal Yadin a été réfutée, plus tard, par des tests au carbone 14. Le fait dérangeant a été démontré scientifiquement : la Bible est une fiction, et il n’y a pratiquement rien qui fût de nature à attester une quelconque existence glorieuse d’un quelconque peuple hébreu, en Palestine, à quelque époque historique que ce soit.

 

Alors, QUI a inventé les juifs ?

 

Très rapidement, dans son ouvrage, Sand soulève les questions cruciales, qui sont, à n’en pas douter, les questions les plus pertinentes. Qui sont les juifs ? D’où venaient-ils ? Comment se fait-il qu’à différentes périodes historiques, ils apparaissent dans des lieux très différents et très éloignés les uns des autres

Bien que la plupart des juifs d’aujourd’hui sont absolument convaincus que leurs ancêtres étaient les Israélites de la Bible, qui auraient été brutalement exilés par les Romains, il faut cesser de plaisanter, et dire la vérité.

Les juifs actuels n’ont strictement rien à voir avec le Israélites de l’Antiquité, qui n’ont jamais été envoyés en exil, parce qu’une telle expulsion n’a jamais eu lieu. L’exil des juifs par les Romains n’est qu’un mythe. Juif. Un de plus…

 

« J’ai commencé à examiner les recherches historiques consacrées à l’Exil », explique Sand dans une interview accordée au quotidien israélien Haaretz [11], « mais, à mon grand étonnement, j’ai découvert qu’une telle littérature scientifique n’existait pas. La raison en est toute simple : pesronne n’a jamais exilé qui que ce fût, de ce pays. Les Romains n’ont exilé aucun des peuples qu’ils avaient conquis, et ils n’auraient pas pu le faire, quand bien même l’eussent-ils voulu. Ils n’avaient pas de trains, ni de camions, qui leur permissent de déporter des populations entières. Ce genre de logistique était inexistante, jusqu’au XXème siècle. C’est même, en fait, de là que découle tout le récit biblique : de la prise de conscience que la société juive n’avait pas été dispersée, ni exilée. »

 

De fait, à la lumière de la vision simple des choses qu’a Sand, l’idée d’un exil juif est cocasse. L’idée qu’une Marine Impériale Romaine aurait bossé 24/24 et sept jours sur sept afin de ‘schlepper’ [expédier, en argot ashkenaze, ndt] Moishe’le et Yanka’le à Cordoue et à Tolède peut certes aider les juifs à se sentir importants, tout autant que ‘schleppables’, mais le bon sens suggérerait plutôt que l’armada romaine avait bien d’autres chats à fouetter…

Toutefois, bien plus intéressant encore, il y a le résultat logique : si le peuple d’Israël n’a pas été expulsé, alors, les véritables descendants des habitants du Royaume de Juda ne peuvent être que… les Palestiniens !

« Aucune population ne peut demeurer pure et sans mélange durant plusieurs millénaires », affirme Sand [12]. « Mais la probabilité que les Palestiniens soient les descendants du peuple judaïque antique est bien plus élevée que celle que vous-même, ou moi, nous en descendions. Les premiers sionistes, jusqu’à la grande Révolte arabe [1936-1939] savaient qu’il n’y avait eu nul exil [des juifs] et que les Palestiniens descendaient des habitants de cette terre. Ils le savaient fort bien, que des paysans n’abandonnent jamais leur terre, à moins qu’ils n’en soient chassés par la force. Même Yitzhak Ben-Zvi, le deuxième président de l’Etat d’Israël, a écrit, en 1929, que « l’immense majorité des paysans ne descendent nullement des conquérants arabes, mais bien plutôt, avant leur arrivée, de paysans juifs, qui étaient très nombreux, puisqu’ils représentaient la majorité de ceux qui avaient défriché et construit ce pays. »

Dans son ouvrage, Sand va plus loin : il suggère que jusqu’à la Première Insurrection Arabe (de 1929), les dirigeants sionistes soi-disant « de gauche » avaient tendance à croire que les paysans palestiniens, effectivement « juifs, de par leurs origines », s’assimileraient dans la culture hébraïque émergente et rejoindraient, finalement, le mouvement sioniste. Ber Borochov pensait qu’un « fellâh (un paysan) palestinien (il disait « falakh », avec son accent hébreu), qui s’habille comme un juif, et se comporte comme un juif de la classe ouvrière, ne pourra être distingué en rien d’un juif. »

C’est cette idée-même qui réapparut dans un écrit de Ben Gourion et de Ben-Zvi, en 1918. Ces deux dirigeants sionistes avaient conscience du fait que la culture palestinienne était imprégnée de vestiges bibliques, tant linguistiquement que géographiquement (noms de villages, de villes, de rivières, de montagnes…) L’un comme l’autre, Ben Gurion et Ben-Zvi voyait, tout du moins au début de leur carrière, dans les indigènes palestiniens des parents ethniques, très attachés à la terre, et des potentiellement des frères. Ils voyaient, de même, dans l’Islam, une « religion démocratique » et amicale. Manifestement, après 1936, l’un comme l’autre mit une sourdine à son enthousiasme « muticulturel ». Dans le cas de Ben Gurion, l’épuration ethnique des Palestiniens fut manifestement bien plus sexy.

 

On est fondé à s’interroger : si ce sont les Palestiniens, qui sont les juifs authentiques, alors, qui sont ces gens qui insistent à revendiquer cette identité ?

La réponse de Sand est très simple, et pourtant, elle est particulièrement convaincante. « Ce n’est pas je ne sais trop quel « peuple juif », qui s’est répandu : c’est la religion juive. Le judaïsme pratiquait le prosélytisme. Contrairement à ce que beaucoup de gens croient, dans le judaïsme primitif, il y avait une véritable frénésie de conversion de non-juifs ». [13]

Manifestement, les religions monothéistes étant moins tolérantes que les religions polythéistes, ont, en elles, un élan expansif. L’expansionnisme juif, à ses débuts, n’était pas similaire à l’expansionnisme chrétien, mais c’est bel et bien lui, l’expansionnisme judaïque, qui a semé les graines qui allaient germer dans la pensée et dans les pratiques chrétiennes primitives.

 

Les Hasmonéens, explique Sand [14], « furent les premiers à produire de grands nombres de juifs, à travers une conversion en masse, sous l’influence de l’hellénisme. C’est cette tradition de conversion au judaïsme qui prépara le terrain à la dissémination ultérieure, très large, du christianisme. Après la victoire du christianisme, au IVème siècle, la dynamique des conversions au judaïsme cessa presque totalement, dans le monde chrétien, et on assista à une chute vertigineuse du nombre des juifs. On présume que beaucoup des juifs qui avaient fait leur apparition tout autour de la Méditerranée devinrent chrétiens. Mais c’est alors que le judaïsme commença à pénétrer dans d’autres régions – des régions païennes, par exemple, comme le Yémen et l’Afrique du Nord. Si le judaïsme n’avait pas continué à progresser, à ce stade, et s’il n’avait pas continué à convertir des gens, dans le monde païen, nous serions restés une religion totalement marginale, et encore : peut-être n’aurions-nous même pas survécu… »

 

Les juifs d’Espagne, dont nous pensions qu’ils étaient génétiquement reliés aux premiers Israélites, semblent être des Berbères convertis au judaïsme. « Je me suis demandé », explique Sand, « comment des communautés juives aussi importantes avaient bien pu apparaître en Espagne. Et puis j’ai vu que Tariq ibn Ziyad, le commandant-en-chef des Musulmans qui avaient conquis l’Espagne, était un Berbère, ainsi que la plupart de ses soldats. Le Royaume berbère de la reine (juive) Dahia al-Kahina (en Afrique du Nord, ndt) avait été vaincu quinze années auparavant. Et la vérité, c’est qu’un grand nombre de sources chrétiennes disent que beaucoup des soldats « arabes » qui conquérirent l’Espagne étaient des juifs [berbères] convertis. La source profondément enracinée de la nombreuse communauté juive d’Espagne, c’était ces soldats berbères, convertis au judaïsme. »

 

Conformément à l’attente, Sand approuve l’hypothèse largement reconnue selon laquelle les Khazars judaïsés ont constitué la principale origine des communautés juives d’Europe orientale, qu’il appelle la nation yiddish. A la question de savoir comment il se fait qu’ils parlent le yiddish, qui est très largement considéré par les spécialistes comme un dialecte allemand médiéval, il répond : « les juifs constituaient une classe de gens qui dépendaient de la bourgeoisie allemande, dans l’Est de l’Europe, et c’est pourquoi ils ont adopté des mots allemands. »

Dans son ouvrage, Sand donne un récit détaillé de la saga khazare, chapitre fondamental de l’histoire juive. Il explique ce qui a amené le royaume khazare à se convertir au judaïsme. En gardant à l’esprit le fait que le nationalisme juif est, très majoritairement, dirigé par une élite khazare, il serait sans doute utile d’étendre notre familiarité avec ce groupe politique tout-à-fait unique en son genre, et néanmoins extrêmement influent. La traduction de l’ouvrage de Sand en langues étrangères est une nécessité absolue et urgente. (L’édition française est annoncée, [elle a paru, le 3 septembre 2008, ndt], comme l’indique l’article d’Eric Rouleau, publié dans le Monde diplomatique daté du mois de mai 2008, intitulé « A-t-on inventé le peuple juif ? », que l’on trouvera, à ce lien :

http://www.monde-diplomatique.fr/2008/05/ROULEAU/15885 )

 

 

Et après ?

 

Le professeur nous livre la conclusion, inéluctable : les juifs contemmporains n’ont aucune origine commune, et leur origine sémitique est un mythe. Les juifs n’ont aucune origine que ce soit en Palestine, et par conséquent leur soi-disant « retour » sur leur soi-disant « terre promise » ne peut s’effectuer autrement que sous la forme d’une invasion perpétrée par un clan idéologico-tribal.

Toutefois, bien que ne constituant aucun continuum racial, les juifs, pour une raison ou pour une autre, se trouvent avoir une détermination raciale. Comme nous pouvons le remarquer, beaucoup de juifs continuent à voir dans les mariages mixtes le summum de la trahison. De plus, en dépit de la modernisation et de la sécularisation, une vaste majorité de ceux qui s’identifient en tant que juifs laïcs n’en continuent pas moins de succomber à un rituel sanglant (la circoncision), une procédure religieuse unique en son genre, qui implique rien de moins qu’une succion de sang par un Mohel [il s’agit du circonciseur, chez les juifs, le rite pratiqué sur des bébés mâles (auxquels on donne à cette occasion leur nom de baptême) âgés de huit jours (sauf raison de santé) étant nommé Brit-milah, ndt].

 

Pour Sand, Israël devrait devenir « un Etat de tous ses citoyens ». Comme Sand, je crois, pour ma part, en cette même vision utopique futuriste. Toutefois, à la différence de Sand, je pige dûment que, pour cela, l’Etat juif et les lobbies qui le soutiennent doivent être vaincus idéologiquement. La fraternité et la réconciliation sont des notions totalement étrangères à la vision du monde tribale juive, et elles n’ont aucune place à l’intérieur du concept de renaissance nationale juive. Aussi dramatique que cela puisse paraître, il faut qu’un processus de déjudaïsation intervienne, avant que les Israéliens puissent adopter une quelconque notion moderne universelle de vie civile.

Sand est indubitablement un intellectuel de très haute tenue, il est probablement le penseur israélien de gauche le plus avancé. Il représente la plus haute forme de pensée qu’un Israélien laïc puisse atteindre avant de se tailler, voire même avant de passer du côté palestinien (cela est déjà arrivé à une petite poignée d’entre eux, dont moi-même). L’intervieweur du Haaretz, Ofri Ilani, a dit, parlant de Sand, qu’à la différence d’autres « nouveaux historiens », qui ont tenté de saper les assomptions de l’historiographie sioniste, « Sand ne se contente pas de revenir dans le passé, en 1948, ou aux débuts du sionisme, mais il va beaucoup plus loin : il remonte de plusieurs millénaires. » C’est effectivement le cas, contrairement à ces « nouveaux historiens » qui « révèlent » la vérité que tout enfant de palestinien de quatre ans connaît, c’est-à-dire la vérité d’avoir été victime d’une épuration ethnique, Sand édifie un corpus de travail et de pensée qui vise à la compréhension de la signification du nationalisme juif et de l’identité juive.

Telle est, en vérité, l’essence de la recherche universitaire. Au lieu de se contenter de collecter des fragments historiques sporadiques, Sand recherche la signification de l’histoire. Plus qu’un « nouvel historien » à la recherche de quelque nouveau fragment, c’est un authentique historien, motivé qu’il est par une mission humaniste. Plus crucialement, contrairement à ces historiens juifs qui se targuent de contribuer au soi-disant discours de gauche, la crédibilité et le succès de Sand sont fondés sur son argumentation, et non pas sur son arrière-plan familial. Il évite de persiller son propos avec ses parents rescapés de l’Holocauste. En lisant l’argumentation féroce de Sand, on doit admettre que le sionisme, parmi tous ses péchés, a réussi à produire, en son propre sein, un discours dissident, fier et autonome, qui est bien plus éloquent et brutal que le mouvement antisioniste, pris dans sa globalité, dans le monde entier.

Si Sand a raison, et je suis personnellement convaincu par la force de son argumentation, alors les juifs ne sont pas une race, mais bien plutôt un collectif d’un très grand nombre de gens qui sont pris en otages par un mouvement nationaliste phantasmatique prolongé. Si les juifs ne sont pas une race, ne constituent nul continuum racial et n’ont rien à voir avec le sémitisme, alors l’ « antisémitisme » est, catégoriquement, un signifiant vide. Il réfère, manifestement, à un signifié inexistant. Autrement dit : notre critique du nationalisme juif, du lobbying juif et du pouvoir juif ne peut être qu’une critique légitime d’une idéologie et d’une pratique.

Une fois encore, je ne me lasserai jamais de le répéter, nous ne sommes pas, et nous n’avons jamais été, contre les juifs (les personnes), ni contre le judaïsme (la religion). Pourtant, nous sommes contre une philosophie collective animée par des intérêts mondiaux parfaitement clairs. Certains voudraient l’appeler sionisme, mais je préfère ne pas le faire. Le sionisme est un signifiant très vague, qui est bien trop étroit pour capturer toute la complexité du nationalisme juif, avec sa violence, son idéologie et ses pratiques. Le nationalisme juif est un état d’esprit, et l’esprit n’a pas de frontières clairement définies. De fait, nul parmi nous ne sait où s’arrête la judéité, et où commence le sionisme ; exactement de la même manière dont nous ignorons où s’arrêtent les intérêts israéliens, et où commencent les intérêts des néocons.

En ce qui concerne la cause palestinien, le message est parfaitement dévastateur. Nos frères et sœurs palestiniens sont sur le front d’un combat contre une philosophie particulièrement dévastatrice. Néanmoins, ce ne sont manifestement pas les seuls Israéliens qu’ils ont à combattre, ces Israaéliens qui sont dotés d’une philosophie pragmatique impitoyable, capable de déclencher des conflits mondiaux sur une échelle gigantesque. Non, ils ont à se battre contre une pratique tribale, qui recherche l’influence dans les couloirs du pouvoir, en particulier dans les superpuissances : par exemple, l’American Jewish Committee n’est-il pas en train de pousser à la guerre contre l’Iran ?

Simplement afin d’être du bon côté, David Abrahams, un « Ami travailliste d’Israël » donne de l’argent au parti travailliste britannique via un comparse. A peu près au même moment, deux millions d’Irakiens meurent à cause d’une guerre illégale mise en scène et en musique par un certain Wolfowitz. Tandis que tout cela se déroule, des millions de Palestiniens sont affamés dans des camps de concentration, et Gaza est au bord de la crise humanitaire. Tandis que tout cela se produit, des juifs soi-disant « antisionistes » et des juifs dits « de gauche » (dont Chomsky) s’acharnent à dézinguer la puissante critique de l’Aipac, du lobbying juif et du pouvoir juif, rédigée par les chercheurs américains Mearsheimer et Walt [15].

S’agit-il seulement d’Israël ? S’agit-il réellement du sionisme ? Ou devons-nous admettre que c’est quelque chose de bien plus vaste que tout ce que nous sommes autorisés à envisager, à l’intérieur des frontières intellectuelles que nous nous sommes imposées à nous-mêmes ? Les choses étant ce qu’elles sont, nous n’avons pas le courage intellectuel de contrer le projet national juif et ses nombreux missi-dominici dans le monde entier. Toutefois, dès lors que tout n’est qu’une conscience de glissement de la conscience, les choses ne vont pas tarder à changer. De fait, cet ouvrage est, en lui-même, la preuve que les choses sont déjà en train de changer.

Soutenir les Palestiniens, nous tenir à leurs côtés, c’est sauver le monde. Mais, pour ce faire, nous devons avoir assez de courage pour prendre de la hauteur, et reconnaître qu’il ne s’agit pas simplement d’un combat de nature politique.

Il ne s’agit pas seulement d’Israël, de son armée ou de ses dirigeants.

Il ne s’agit pas même seulement de Dershowitz, de Foxman et de leurs ligues de censeurs.

Il s’agit, en réalité, d’une guerre contre un forme d’esprit cancérigène, qui a pris l’Occident en otage, espérons-le, momentanément, qui l’a détourné de son inclination humaniste et de ses aspirations athéniennes. Lutter contre une forme d’esprit, c’est beaucoup plus difficile que de lutter contre des gens, tout simplement parce que l’on peut être amené à lutter contre les traces-mêmes que cette idéologie pernicieuse a pu laisser en nous-mêmes.

Si nous voulons combattre Jérusalem, nous risquons fort d’avoir à nous affronter au Jérusalem qui est en nous.

Nous devrions sans doute nous installer devant le miroir, et regarder autour de nous.

Peut-être conviendrait-il que nous recherchions quelque trace d’empathie, en nous-mêmes. On ne sait jamais : il en reste peut-être un peu ??

[1] When And How The Jewish People Was Invented? Shlomo Sand, Resling 2008, pg 11

[2] http://www.haaretz.com/hasen/spages/966952.html

[3] When And How The Jewish People Was Invented? Shlomo Sand, Resling 2008, pg 31

[4] Ibid pg 31

[5] Ibid pg 42

[6] Ibid

[7] Ibid pg 62

[8] Ibid

[9] http://www.haaretz.com/hasen/spages/966952.html

[10] When And How The Jewish People Was Invented? Shlomo Sand, Resling 2008, pg 117

[11] http://www.haaretz.com/hasen/spages/966952.html

[12] Ibid

[13] Ibid

[14] Ibid

[15] http://www.lrb.co.uk/v28/n06/mear01_.html

 

°°°°°°°°°°°°°°

"The Wandering Who?"

Gilad Atzmon

Sep 2nd, 2008

http://palestinethinktank.com/2008/09/02/gilad-atzmon-the-wandering-who/

 

 

Tel Aviv University historian, Professor Shlomo Sand, opens his remarkable study of Jewish nationalism quoting Karl W. Deutsch:

A nation is a group of people united by a common mistake regarding its origin and a collective hostility towards its neighbours" [1]

As simple or even simplistic as it may sound, the quote above eloquently summarises the figment of reality entangled with modern Jewish nationalism and especially within the concept of Jewish identity. It obviously points the finger at the collective mistake Jews tend to make whenever referring to their ‘illusionary collective past’ and ‘collective origin’. Yet, in the same breath, Deutsch’s reading of nationalism throws light upon the hostility that is unfortunately coupled with almost every Jewish group towards its surrounding reality, whether it is human or takes the shape of land. While the brutality of the Israelis towards the Palestinians has already become rather common knowledge, the rough treatment Israelis reserve for their ‘promised soil’ and landscape is just starting to reveal itself. The ecological disaster the Israelis are going to leave behind them will be the cause of suffering for many generations to come. Leave aside the megalomaniac wall that shreds the Holy land into enclaves of depravation and starvation, Israel has managed to pollute its main rivers and streams with nuclear and chemical waste.

"When And How the Jewish People Was Invented" is a very serious study written by Professor Shlomo Sand, an Israeli historian. It is the most serious study of Jewish nationalism and by far, the most courageous elaboration on the Jewish historical narrative.

In his book, Sand manages to prove beyond any reasonable doubt that the Jewish people never existed as a ‘nation-race’, they never shared a common origin. Instead they are a colourful mix of groups that at various stages in history adopted the Jewish religion.

In case you follow Sand’s line of thinking and happen to ask yourself, "when was the Jewish People invented?" Sand’s answer is rather simple. "At a certain stage in the 19th century, intellectuals of Jewish origin in Germany, influenced by the folk character of German nationalism, took upon themselves the task of inventing a people ‘retrospectively,’ out of a thirst to create a modern Jewish people." [2]

Accordingly, the ‘Jewish people’ is a ‘made up’ notion consisting of a fictional and imaginary past with very little to back it up forensically, historically or textually. Furthermore, Sand - who elaborated on early sources of antiquity - comes to the conclusion that Jewish exile is also a myth, and that the present-day Palestinians are far more likely to be the descendants of the ancient Semitic people in Judea/Canaan than the current predominantly Khazarian-origin Ashkenazi crowd to which he himself admittedly belongs.Khalid Amayreh and many others regard as the "Nazis of our time".Astonishingly enough, in spite of the fact that Sand manages to dismantle the notion of ‘Jewish people’, crush the notion of ‘Jewish collective past’ and ridicule the Jewish chauvinist national impetus, his book is a best seller in Israel. This fact alone may suggest that those who call themselves ‘people of the book’ are now starting to learn about the misleading and devastating philosophies and ideologies that made them into what

Hitler Won After All

Rather often when asking a ‘secular’ ‘cosmopolitan’ Jew what it is that makes him into a Jew, a shallow overwhelmingly chewed answer would be thrown back at you: "It is Hitler who made me into a Jew". Though the ‘cosmopolitan’ Jew, being an internationalist, would dismiss other people’s national inclinations, he insists upon maintaining his own right to ‘self determination’. However, it is not really he himself who stands at the core of this unique demand for national orientation, it is actually the devil, master-monster anti-Semite, namely Hitler. Apparently, the cosmopolitan Jew celebrates his nationalist entitlement as long as Hitler is there to be blamed.

As far as the secular cosmopolitan Jew is concerned, Hitler won after all. Sand manages to enhance this paradox. Insightfully he suggests that "while in the 19th century referring to Jews as an ‘alien racial identity’ would mark one as an anti-Semite, in the Jewish State this very philosophy is embedded mentally and intellectually" [3]. In Israel Jews celebrate their differentiation and unique conditions. Furthermore, says Sand, "There were times in Europe when one would be labelled as an anti-Semite for claiming that all Jews belong to a nation of an alien type. Nowadays, claiming that Jews have never been and still aren’t people or a nation, would tag one as a Jew hater". [4] It is indeed pretty puzzling that the only people who managed to maintain and sustain a racially orientated, expansionist and genocidal national identity that is not at all different from Nazi ethnic ideology are the Jews who were, amongst others, the leading targeted victims of the Nazi ideology and practice.

Nationalism In General and Jewish Nationalism In Particular

Louis-Ferdinand Celine mentioned that in the time of the Middle Ages in the moments between major wars, knights would charge a very high price for their readiness to die in the name of their kingdoms, in the 20th century youngsters have rushed to die en masse without demanding a thing in return. In order to understand this mass consciousness shift we need an eloquent methodical model that would allow us to understand what nationalism is all about.

Like Karl Deutsch, Sand regards nationality as a phantasmic narrative. It is an established fact that anthropological and historical studies of the origins of different so-called ‘people’ and ‘nations’ lead towards the embarrassing crumbling of every ethnicity and ethnic identity. Hence, it is rather interesting to find out that Jews tend to take their own ethnic myth very seriously. The explanation may be simple, as Benjamin Beit Halachmi spotted years ago. Zionism was there to transform the Bible from a spiritual text into a ‘land registry’. For that matter, the truth of the Bible or any other element of Jewish historical narrative has very little relevance as long as it doesn’t interfere with the Jewish national political cause or practice.

One could also surmise that the lack of clear ethnic origin doesn’t stop people from feeling an ethnic or national belonging. The fact that Jews are far from being what one can label as a People and that the Bible has very little historical truth in it, doesn’t really stop generations of Israelis and Jews from identifying themselves with King David or Terminator Samson. Evidently, the lack of an unambiguous ethnic origin doesn’t stop people from seeing themselves as part of a people. Similarly, it wouldn’t stop the nationalist Jew from feeling that he belongs to some greater abstract collective.

In the 1970’s, Shlomo Artzi, then a young Israeli singer who was bound to become Israel’s all-time greatest rock star, released a song that had become a smash hit in a matter of hours. Here are the first few lines:

All of a sudden
A man wakes up
In the morning
He feels he is people
And he starts to walk
And to everyone he comes across
He says shalom

To a certain extent Artzi innocently expresses in his lyrics the suddenness and almost contingency involved in the transformation of the Jews into people. However, almost within the same breath, Artzi contributes towards the illusionary national myth of the peace-seeking nation. Artzi should have known by then that Jewish nationalism was a colonialist act at the expense of the indigenous Palestinian people.

Seemingly, nationalism, national belonging and Jewish nationalism in particular create a major intellectual task. Interestingly enough, the first to deal theoretically and methodically with issues having to do with nationalism were Marxist ideologists. Though Marx himself failed to address the issue adequately, early 20th century uprising of nationalist demands in eastern and central Europe caught Lenin and Stalin unprepared.

"Marxists’ contribution to the study of nationalism can be seen as the focus on the deep correlation between the rise of free economy and the evolvement of the national state." [5] In fact, Stalin was there to summarise the Marxist take on the subject. "The nation," says Stalin, "is a solid collaboration between beings that was created historically and formed following four significant phenomena: the sharing of tongue, the sharing of territory, the sharing of economy and the sharing of psychic significance…" [6]

As one would expect, the Marxist materialist attempt to understand nationalism is lacking an adequate historical overview. Instead it would be reliant upon a class struggle. For some obvious reasons such a vision was popular amongst those who believe in ‘socialism of one nation’ amongst them we can consider the proponents of a leftist branch of Zionism.

For Sand, nationalism evolved due to the " rapture created by modernity which split people from their immediate past" [7]. The mobility created by urbanisation and industrialisation crushed the social hierarchic system as well as the continuum between past, present and future. Sand points out that before industrialisation, the feudal peasant didn’t necessarily feel the need for an historical narrative of empires and kingdoms. The feudal subject didn’t need an extensive abstract historical narrative of large collectives that had very little relevance to the immediate concrete existential need. "Without a perception of social progression, they did well with an imaginary religious tale that contained a mosaic of memory that lacked a real dimension of a forward moving time. The ‘end’ was the beginning and eternity bridged between life and death." [8]In the modern secular and urban world, ‘time’ had become the main life vessel which illustrated an imaginary symbolic meaning. Collective historical time had become the elementary ingredient of the personal and the intimate. The collective narrative shapes the personal meaning and what seems to be the ‘real’. As much as some banal minds still insist that the ‘personal is political’, it would be far more intelligible to argue that in practice, it is actually the other way around. Within the post-modern condition, the political is personal and the subject is spoken rather than speaking itself. Authenticity, for the matter, is a myth that reproduces itself in the form of symbolic identifier.

Sand’s reading of nationalism as a product of industrialisation, urbanisation and secularism, makes a lot of sense when bearing in mind Uri Slezkin’s suggestion that Jews are the ‘apostles of modernity’, secularism and urbanisation. If Jews happened to find themselves at the hub of urbanisation and secularisation it shouldn’t then take us by surprise that the Zionists were rather creative as much as others in inventing their own phantasmic collective imaginary tale. However, while insisting on their right to be ‘like other people’ Zionists have managed to transform their imagined collective past into a global, expansionist, merciless agenda as well as the biggest threat to world peace.

There Is No Jewish History

It is an established fact



Lundi 19 Octobre 2009


Commentaires

1.Posté par Tinkietepax le 06/09/2008 20:43 | Alerter
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on respirera bien mieux lorsque le sionisme sera rayé des pages de l'histoire, comme le dit M. A. !

2.Posté par FLOW le 06/09/2008 23:26 | Alerter
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L'auteur parle de la circoncision de façon entièrement négative, je rappelle que l'hygiène qui en découle permet une diminution du cancer du vagin (c'est le médecin de France Info qui m'as appris ça).

De plus, la circonsion est encouragée en Afrique afin de se protéger du sida (des tests ont démontrés que les personnes circoncisent attrappent moins le sida que les autres)

3.Posté par FLOU @ FLOW le 06/09/2008 23:52 | Alerter
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Ce que je déduit c'est qu'il y a confusion entre la circoncision, qui est une coutume datant de l'égypte ancienne (jusqu'à ce jour, les égyptions, musulmans ou chrétiens la pratiquent), et le rituel lui même qui est effectivement sanglant, mais qui n'est pas typiquement juif... peut être sémitique...?

Mais ce détail n'a aucune incidence sur l'intérêt du texte et l'analyse qui y est exposée




4.Posté par feli le 07/09/2008 00:56 | Alerter
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MERCI ALTERINFO POUR VOTRE SITE VOUS ETES UNE BOUFFEE DAIR DANS CE MONDE DE PROPAGANDE DES MEDIAS A LA BOTTE DES SIONISTES! ON RESPIRE UN AIR PUR BONNE CONTINUATION ET CONTINUEZ DE NOUS INFORMER!

5.Posté par antiponcif le 07/09/2008 08:57 | Alerter
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Je lis un site comme alterinfo pour ne pas ingurgiter la vomissure incantatoire des mass medias tenus par ceux qui font commerce et exploitation de la vie humaine, de la chair humaine. Il est heureux que dénonciation soit faite ici de la répugnante circoncision, comme il est navrant de lire un "flow" régurgiter la propagande débile des coupeurs de verge. Je suggère à "flow" de s'informer sur la circoncision, dont il ne connait rien, si ce n'est les mythes. Je ne vais pas m'étendre mais je dirais simplement que c'est du foutage de gueule de prétendre circoncire les mâles pour l'hygiène alors que les femelles ne le sont pas, parce que elles, même sans eau, et même dans les climats les plus chauds, les cuisses serrées sous une draperie étouffante, elles sauraient rester propres de l'entrejambe. Il y a cent fois plus de raison de couper les peaux de vulve que de couper les peaux de verge.
Ils sont nombreux ceux qui, comme "flow", ont tellement peur de se remettre en question, eux et ce que les dominants leur ont imposé, tellement nombreux les suiveurs qui ont tellement peur du changement, du bouleversement, de la révolution, de l'évolution réelle de l'humanité, qu'ils s'accrochent lamentablement aux poncifs éculés de ceux qui maintiennent l'humanité au rang de bête sanguinaire décérébrée.

6.Posté par galafron le 07/09/2008 10:55 | Alerter
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Des chroniques précédentes de ce livre parues dans le Monde et Haaretz traduit sur Protection Palestine, le distinguait pour son intérêt historique et anthropologique, en effet il semble remettre en cause certaines idées reçues à propos de l'histoire du judaïsme.

7.Posté par $tef le 07/09/2008 11:12 | Alerter
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Bien que l'analyse de Shlomo Sand soit très pertinente sur de nombreux points, il fait fausse route sur beaucoup d'autres.

Quasiment toutes les affirmations données au sous titre : "Le Nouvel Israélite, la Bible et l’archéologie" ne sont pas fiables (mais alors vraiment pas). Voir l'article sur Alter qui démontre totalement le contraire avec preuves à l'appuies en cliquant sur ici

Lorsqu'il écrit : "Les juifs actuels n’ont strictement rien à voir avec le Israélites de l’Antiquité, qui n’ont jamais été envoyés en exil, parce qu’une telle expulsion n’a jamais eu lieu. L’exil des juifs par les Romains n’est qu’un mythe. Juif. Un de plus…"

J'AFFIRME QU'IL EST IMPOSSIBLE QUE CES AFFIRMATIONS SOIENT EXACTES.
J'invite ceux dont la démarche intellectuelle est honnête à vérifier cela sur Alter en cliquant sur
ici

Et enfin, pour arrêter de tout mélanger en associant la conquête de Canaan par les hébreux en 1470 avant notre ère mentionné dans la Bible avec la création de l'état d'Israël en 1948, cliquer sur ici (toujours sur Alter)

Ceux qui sont honnête dans leur démarche intellectuelle sauront voir où se trouve les inepties...

Bonnes lectures,

$tef

8.Posté par $tef le 07/09/2008 11:23 | Alerter
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J'oubliais ce dernier lien venant magistralement enfoncer le clou :
Cliquer une dernière fois sur ici

Ceux qui sont honnêtes (...) sauront voir où se trouvent les inepties...

$tef

9.Posté par joe le 07/09/2008 15:31 | Alerter
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Beaucoup de catholiques s'accordent en effet à penser que les juifs savent enfoncer les clous cher Stef. ;-)
Plus sérieusement. J'ai lu attentivement vos remarques et (en partie je l'avoue), les textes auxquels vous renvoyez.
Par manque de culture dans ce domaine et par honnêteté intellectuelle (dont tout le monde devrait faire preuve je suis d'accord, sans ironie aucune, sur ce point avec vous), je ne débattrai pas du fond mais de la forme.

Votre commentaire est argumenté, réfléchi et vous semblez être l'ennemi des conclusions hâtive, moi aussi.

Cette démarche implique dans la lecture des articles de comprendre les motivations, positions politiques de leur auteur etc.

Aussi lorsque vous renvoyez à une lecture "qui enfonce le clou" je l'ai lu et me suis ensuite renseigné sur l'auteur.

Voilà ce que j'y ai découvert: un autre article, du même auteur, David Hazony dont voici le début:
"Nous vivons une nouvelle guerre froide. Bien qu’il n’y ait plus aujourd’hui d’Union Soviétique, les ennemis des démocraties occidentales, soutenus par un conglomérat d’Etats islamiques, de groupes terroristes et d’insurgés ont entrepris de travailler ensemble avec une unité rappelant la menace soviétique. Non seulement en fournissant des fonds, une formation et des armes à ceux qui cherchent à détruire la démocratie, non seulement en organisant des attaques contre Israël, les Etats-Unis et leurs alliés autour du monde, non seulement en recherchant des progrès technologiques qui leur permettraient de menacer la vie de chaque citoyen occidental, mais aussi en élaborant une vision claire d’une lutte permanente, intraitable et finalement victorieuse contre l’Occident—une idée qu’ils répandent de manière claire et consistante, avec une efficacité brutale. "

La suite à cette adresse:
http://www.nuitdorient.com/n3730.htm://

Ce type de discours aurait pu être fait par George W Bush. Cette vision caricaturale du monde par l'auteur que vous citez me fait plus que douter de l'intérêt fondamental de ses autres publications.

Les gentils juifs contre les méchants musulmans (et inversement) ne me semble pas être une position intellectuelle défendable. Et "ceux qui sont honnêtes dans leur démarche intellectuelle", pour vous citer, ne peuvent se rallier à ce genre de positions.

10.Posté par joe le 07/09/2008 16:05 | Alerter
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http://www.nuitdorient.com/n3730.htm

A propos de cet article du même auteur que les liens que vous proposez (voir le lien) et même si cela n'a rien à voir avec l'article principal de cette page,
les positions de l'auteur:

"C’est cette conception stratégique claire qui donne aux ennemis de l’Occident un avantage certain, même s’ils sont de loin inférieurs en nombre, opulence ou armement. De Téhéran à Tyr, de Tchétchénie aux Philippines, du sud irakien aux montagnes d’Afghanistan, aux madrassas de Londres, Paris et le Caire, ces forces sont unifiées vers l’objectif de mettre en déroute l’Occident, son mode de vie, ses systèmes politiques et ses valeurs de liberté."

ou encore:
"Comme l’Union soviétique, le régime des ayatollahs est basé sur une révolution idéologique qui réprouve la liberté humaine et soumet ses opposants politiques à l’emprisonnement et à la mort, un régime qui pour garder le soutien populaire doit continuer à fomenter de semblables révolutions partout où il le peut, pour montrer qu’il est historiquement du côté des vainqueurs."

Je ne peux pas m'empêcher de faire le lien avec le discours d'Hitler, où les juifs étaient au centre de tous les malheurs de la terre. On a juste changé l'ennemi.

Et je ne suis pas musulman ! sinon quelle serait ma réaction face à tant de haine aveugle qui, comme vous le dénoncez dans votre commentaire, "mélange tout".

J'espère cher Stef que vous ne faites pas partie de ces gens dont les faibles capacités intellectuelles trouvent leur compensation dans ce genre de discours malsain à base de théorie élaborées par des gens plus intelligents qu'eux pour les manipuler.
Pour être honnête, je ne le pense pas. Aussi je veux croire que vous ne citerez plus de tels auteurs ;-)

11.Posté par Fab le 07/09/2008 16:05 | Alerter
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@ $tef

Tes sources sont d'une fiabilité qui laisse songeur...

1) Un article qui cite :
* Lawrence Stager, un archéologue douteux qui, entre autre, le musée sémitique de Harvard (ça c'est pour le côté objectif du personnage), et nie les sacrifices perpétrés dans l'antiquité (ça c'est pour le côté honnêteté intellectuelle) ;
* La bible, dont on sait la validité historique depuis les travaux menés au XIXème par les théosophes entre autres ;
* une découverte (encore une !) de Eilat Mazar, qui n'est qu'une "assistante de recherche" à l'institut d'archéologie à l'université hébraïque de Jérusalem ;
* un article du Jerusalem Post, qui relate cette découverte, encore une source très objective sur le sujet ;
* Avraham Biran, un archéologue biblique, directeur du Nelson Glueck School of Biblical Archaelogy de l'université hébraïque de Jérusalem certes, mais qui a aussi exercé des postes important au sein du gouvernement sioniste (ici:www.huc.edu/faculty/faculty/biran.shtml) et qui a reçu en 2002 le Prix d'Israël (sans doute pour son zèle à servir la "cause") ;
* son collègue, Joseph Naveh, lui aussi de l'université hébraïque de Jérusalem, que certains jugent un peu rapide sur ses interprétation linguistiques ;
* André Lemaire, directeur d'études en hébreu et araméen ancien à l'École Pratique des Hautes Études, section des Sciences historiques et philologiques (Paris-Sorbonne), et aussi membre du comité de lecture des revues Semitica, Syria, Journal asiatique, Transeuphratène, ainsi que de l'Editorial Board de Vetus Testamentum, revue trimestrielle de l'International Organization for the Study of the Old Testament (I.O.S.O.T.) et enfin responsable de l'édition scientifique de la série des Supplements to Vetus Testamentum. Il s'est notamment lamentablement laissé abusé (peut être était-ce volontaire, vu ses compétences supposées) dans la fausse affaire des inscriptions de l'ossuaire de Jérusalem (une source parmi d'autres ici ;
* il cite aussi "beaucoup", ce qui est certainement une source très fiable puisqu'il est bien admis aujourd'hui que la majorité a toujours raison ;
* Igal Shiloh, toujours de l'université hébraïque, lui aussi fait des fouilles au pied de la montagnes ;
* Dan Gill, ingénieur en technologie du pétrole et docteur en géologie. Il a travaillé pour la compagnie Attock Oil, notamment au Pakistan. Spécialiste reconnu sur la géologie de l'himalaya, il occuppa une chaire de minéralogiste au Triniti College de Dublin, et contribua beaucoup à l'accroissement des connaissances sur la géologie de l'Irelande. Bien que sa personnalité soit très controversée (ça pourrait être simplement de la jalousie), je crois que c'est la référence la plus sérieuse de l'article ;

2) Un autre article qui cite :
* La bible toujours ;
* John Arthur Thompson, ancien directeur de l'institut australien d'archéologie à Melbourne, il travailla avec l'Ecole américaines de recherches orientales, il prêcha le christianisme dans les écoles et était un fervent chrétien ;
* Flavius Joseph, historien juif helléniste, dont le Testimonium Flavinium très controversé, fait une référence à un certaint Jésus, mais d'un autre côté il nous dit aussi que l'exode est dû à l'éruption du volcan Théra sur l’île de Santorin, vers -1600 av.J.-C.. D'autre part, il ne reconnaît pas l'existence des chrétiens lorsqu'il énumère les sectes dans son autobiographie ;
* Eusèbe de Césarée, un faussaire reconnu par l'Eglise elle-même et architecte de l'ombre de l'arnaque du Concile de Nicée ;
* Épiphane de Salamine, inquisiteur avant l'heure, est surtout connu pour ses écrits dénonçant les différentes formes d'hérésie (en gros tout ceux qui refusent de renoncer aux textes qui ne sont pas "montés miraculeusement" sur la table lors du Concile) ;
* Hégésippe, dont aucun textes ne nous est parvenu mais dont Eusèbe de Césarée (hummm) cite l'hypothétique oeuvre Histoire de l'Eglise ;
* Max Dimont, historien américain d'origine finoise, connu pour son Les Juifs, Dieu et l'histoire, publié en 62, et classé en 71 par le Times Magazine sur la Liste des Dix meilleures fictions, sans parler des nombreuses critiques qu'ont reçus ses ouvrages. Il est connu pour ses position sionistes extrêmes, niant par exemple que la Palestine était habitée par des centaines de milliers d'arabes avant l'arrivée des premiers colons juifs ;

3) Encore un article qui fait référence à une unique source : la bible, décidément référence incontournable.

4) Et un dernier article publié par le Cleveland Jewish News, et présenté par l'Union des Patrons et des Professionnels Juifs de France. L'auteur, David Hazony, formé à l'université hébraïque de Jérusalem (quelle variété dans les sources, c'est à peine croyable), membre du Shalem Center (recherche et éducation dans le domaine de la morale et de la politique juive, du sionisme, de l'archéologie biblique, de la théorie et la pratique démocratique, des études stratégiques, et des politiques sociales et économiques), et enfin directeur de la revue Azure, publiée par le dit centre. Certainement un exemple d'objectivité sur les questions ethniques concernant les juifs...

Quant à Shlomo Sand, je n'ai pas lu son livre, mais c'est aussi un personnage qui suscite la controverse. Professeur d'histoire à l'université de Tel-Aviv, il reconnaît lui-même qu'il n'est pas spécialiste de l'Antiquité, et encore moins du Moyen-Orient. Mais contrairement aux auteurs auquels vous vous référez, cher $tef, il a le mérite d'avoir une certaine humilité. De plus, on ne peut pas vraiment le taxer d'antisémitisme étant donné qu'il est né dans un camp nazi...

Voici quelques échantillons de ce que j'ai pu trouvé, présentant différents points de vue, à commencer par ces extraits d'une émission diffusée par France 3 :
* D'autres voix pour Israël ;
* Shattering a 'national mythology, By Ofri Ilani, Haaretz.com, 21/03/2008 ;
* Pessah au ''Monde'': feu sur les Juifs !, par Luc Rosenzweig, Metula News Agency, 14/04/08 ;
* Comment fut inventé le peuple palestinien ?, par Djampa, sur le Google Groupe soc.culture.israel, 3/09/08 ;
* Sionisme et antisémitisme, par Pierre Stambul, sur http://www.millebabords.org, 22/06/08 ;
* Israel deliberately forgets its history, par Shlomo Sand, le Monde Diplômatique, 09/08 ;
* Comment fut inventé le peuple juif, par Shlomo Sand, Le Monde Diplômatique, 08/08.

Alors, qui est honnête ? Moi, j'y passe ma vie, et vous ?





12.Posté par galafron le 07/09/2008 16:41 | Alerter
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Quand même, difficile de croire que Falashas, Khazars et ceux du Hénan descendent du même groupe éthnique, alors que la séduisante thèse du prosélytisme répond supposément à:
- l'absence de source historique de l'exil ,
- l'inexistence du procédé chez les romains,
- le précédent de l'immigration sur l'exil
- le prolélytisme religieux dans l'antiquité
comme le souligne l'historien de profession Sand, dans une démarche anthropologique d'explication des mythes.

On peut craindre la dissipation d'un certain merveilleux après une telle démystification si elle est avérée, cependant la justification divine de la diaspora n'occupe pas une si grande place dans cette mythologie, selon une appréciation subjective, sa réfutation alors écornerait ce bloc de croyances supersticieuses qui fonde la foi chez certaines religions, toutes si l'on veut, alimentant le débat athéisme et religion .


13.Posté par galafron le 08/09/2008 01:11 | Alerter
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Cet article interminable loue le travail de Sand, en y ajoutant des éléments historiographiques.
" Sand est indubitablement un intellectuel de très haute tenue, il est probablement le penseur israélien de gauche le plus avancé. Il représente la plus haute forme de pensée qu’un Israélien laïc puisse atteindre avant de se tailler, voire même avant de passer du côté palestinien (cela est déjà arrivé à une petite poignée d’entre eux, dont moi-même). »

14.Posté par galafron le 08/09/2008 01:51 | Alerter
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En même temps l'argumentation de Stef parait solide, basée sur Flavius Joseph.

15.Posté par $tef le 08/09/2008 02:17 | Alerter
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Jo et Fab,

Bientôt on va me citer que l'arc de Titus à Rome aurait été fait 3 ou 4 siècles plus tard par l'empereur Constantin pour prouver qu'il y a bien eu un exil des juifs par les Romains parce qu'il était chrétien et qu'il fallait absolument que la prophétie annoncée par Christ sur la Grande Tribulation qui allait atteindre le système juif soit attestée pour les générations futures ! (Constantin a été le premier empereur chrétien de nom - sous entendu, un faux chrétien contrairement à ceux du 1er siècle qui ont violemment été persécutés par l'empire)

Quand Shlomo Sand dit : "L’exil des juifs par les Romains n’est qu’un mythe. Juif. Un de plus…" , j'ai la preuve que cet homme n'est pas fiable sur le reste car toute sa thèse est fondée sur ces deux principes : aucun des deux exils dans l'histoire profane juive n'ont eu lieu (celui par les Babyloniens et celui par les Romains)...

Ce n'est pas parce que certains historiens et archéologues ont pris des positions politiques extrémistes que forcément, ils sont malhonnêtes dans leurs travaux.

J'imagine qu'il vous faut des historiens et archéologues parfaits afin qu'ils soient crédibles à vos yeux mais malheureusement, vous le savez aussi bien que moi, personne ne l'est...

Quand je lis entres autres ceci au post n° 11 de la part de Fab : "Eilat Mazar, qui n'est qu'une "assistante de recherche" à l'institut d'archéologie à l'université hébraïque de Jérusalem", je trouve vraiment dommage de relayer de tels écrits...
Souvent, l'élève dépasse le maitre !
Je préfère 100 fois converser avec un autodidacte passionné par son domaine de prédilection qu'avec un professeur farci de diplômes et honoré par tous qui, lorsqu'il parle, respire la suffisance et la vanité...

Attention de ne pas tomber dans le piège identique à ceux qui, au moment des élections (style USA), creusent la vie des candidats au peigne fin pour y chercher les moindres écarts de conduite, les moindres fautes morales qu'ils auraient pu commettre, afin de les exposer à l'opinion publique de façon à la manipuler dans le sens de leurs préférences et intérêts personnels !


Pour revenir aux affirmations sur la non historicité des deux exils vécus par le peuple juif, je voudrais apporter quelques infos supplémentaires. En effet, dans aucun des articles sur Alter je n'ai cité de sources donnant la preuve de l'exil des Juifs par les Babyloniens (il est pourtant plus facile de croire à l'exil des juifs lors de la destruction de Jérusalem en 70 de notre ère par les Romains qu'à celui des Babyloniens vu qu'il lui est antérieur de plus de 600 ans).

Puisque le clou précédent a mal été enfoncé, j'espère que celui-ci le sera :

Contrairement à la politique habituelle des Babyloniens à l’égard des villes vaincues, Jérusalem et ses environs furent vidés et laissés désolés, exactement comme Dieu l’avait prévu. Certains détracteurs de la Bible mettront peut-être en doute le fait que Juda, jadis prospère, fut soudainement réduit à l’état de “solitude désolée, sans habitant” ; mais il est reconnu qu’on ne dispose d’aucun témoignage historique, d’aucun document de cette période pour prouver le contraire (Jérémie 9:11 ; 32:43). L’archéologue G. Wright déclare : “La violence infligée à Juda est attestée [...] par les études archéologiques qui montrent qu’à l’époque les villes cessèrent l’une après l’autre d’être habitées, bon nombre n’ayant jamais été repeuplées.” (Biblical Archaeology, 1963, p. 182). Ainsi, W. Albright écrit dans le même sens : “On ne connaît pas un seul cas où une ville de Judée proprement dite ait été occupée sans interruption pendant toute la période de l’Exil. Notons simplement, pour faire ressortir le contraste, que Béthel, située de l’autre côté de la frontière nord de Judée d’avant l’Exil, ne fut pas détruite à cette époque-là, mais qu’elle fut occupée sans interruption jusqu’à la deuxième moitié du VIe siècle.” — L’archéologie de la Palestine, Paris, 1955, p. 154.

Les fouilles effectuées dans l’ancienne ville de Babylone et à proximité ont mis au jour les sites de plusieurs ziggourats ou temples en forme de tours pyramidales à étages, notamment les ruines du temple d’Etemenanki à l’intérieur des murailles de Babylone. Les récits et les inscriptions concernant ces temples renferment souvent ces mots : “Son sommet atteindra les cieux.” Selon une inscription, Neboukadnetsar aurait dit : “ J’ai élevé le sommet de la tour à étages à Etemenanki de sorte que son sommet rivalise avec les cieux. ” Un fragment trouvé au nord du temple de Mardouk, à Babylone, rapportait en ces termes la chute d’une ziggourat de ce genre : “ La construction de ce temple offensa les dieux. En une nuit, ils abattirent ce qui avait été construit. Ils les dispersèrent et rendirent leur langage étrange. Ils entravèrent la progression [de l’ouvrage]. ” (Bible and Spade, par S. Caiger, 1938, p. 29). On a constaté que la ziggourat d’Ourouk (l’Érek de la Bible) avait été construite avec de l’argile, des briques et de l’asphalte. — Voir Genèse 11:1-9.

On a découvert près de la Porte d’Ishtar, à Babylone, quelque 300 tablettes cunéiformes qui se rapportent à l’époque du roi Neboukadnetsar. Parmi les noms des ouvriers et des captifs qui vivaient à Babylone et qui y étaient nourris, on trouve celui de “ Ja’ukînu, roi du pays de Jâhudu ”, c’est-à-dire “ Yehoïakîn, roi du pays de Juda ”, qui fut emmené à Babylone quand Neboukadnetsar prit Jérusalem en 617 av. n. è. Plus tard, Awil-Mardouk (Évil-Merodak), successeur de Neboukadnetsar, le fit sortir de sa maison de détention et lui donna une ration quotidienne de nourriture (2Rois 25:27-30). Cinq fils de Yehoïakîn sont également mentionnés sur ces tablettes. — 1Chroniques 3:17, 18.

On a trouvé des preuves abondantes que Babylone possédait un panthéon de divinités, comprenant le dieu principal, Mardouk, plus connu par la suite sous le nom de Bel, et le dieu Nebo, tous deux mentionnés en Isaïe 46:1, 2. La plupart des renseignements recueillis sur les inscriptions de Neboukadnetsar ont trait au vaste programme de construction qui fit de Babylone une ville splendide (voir Daniel 4:30). Le nom de son successeur, Awil-Mardouk (dénommé Évil-Merodak en 2Rois 25:27), figure sur un vase découvert à Suse (Élam).

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, on a mis au jour près de l’actuelle Bagdad de nombreux cylindres et tablettes d’argile, dont la chronique maintenant célèbre de Nabonide. Toutes les objections soulevées contre le récit de Daniel chapitre 5, selon lequel Belshatsar régnait à Babylone au moment de la chute de cette ville, furent balayées par ce document : il prouve en effet que Belshatsar, fils aîné de Nabonide, était vice-roi avec son père et que Nabonide lui avait confié le gouvernement de Babylone à la fin de son règne.

On s’est aperçu de la même manière qu’Our, l’ancien lieu de résidence d’Abraham (Genèse 11:28-31), avait été une métropole de premier plan, à la civilisation très développée. Cette ville sumérienne se situait sur la rive de l’Euphrate, non loin du golfe Persique. Les fouilles entreprises sur son emplacement par Sir Leonard Woolley ont révélé qu’elle était à l’apogée de sa puissance et de sa gloire quand Abraham la quitta pour se rendre en Canaan (av. 1943 av. n. è.). De toutes les ziggourats qui ont été découvertes, celle d’Our est la mieux conservée. Les tombes royales d’Our recelaient de multiples objets en or et des bijoux très artistiquement ouvragés, des instruments de musique, notamment des harpes (voir Genèse 4:21) ; on y a également trouvé une petite hache en acier (pas en fer ordinaire) (voir Genèse 4:22). En outre, des milliers de tablettes d’argile ont dévoilé une foule de détails sur la vie des habitants de cette région il y a presque 4 000 ans.

Sur le site de l’ancienne Sippar, ville située sur l’Euphrate, à quelque 32 km de Bagdad, on a découvert un cylindre d’argile parlant du roi Cyrus, le conquérant de Babylone. Il raconte avec quelle facilité Cyrus prit Babylone et donne une idée générale de sa politique qui consistait à renvoyer dans leur pays les captifs qui s’y trouvaient. Cette inscription confirme le récit de la Bible qui présente Cyrus comme le conquérant de Babylone annoncé prophétiquement et qui relate le retour des Juifs en Palestine sous son règne. — Isaïe 44:28 ; 45:1 ; 2Chroniques 36:23.

Je vous propose maintenant de jeter un coup de projecteur avec moi sur le prophète Daniel qui fut parmi les premiers exilés juifs à Babylone et qui atteste l'historicité de cet exil dans le livre biblique qui porte son nom :

Le livre de Daniel se présente comme de l’histoire authentique écrite par ce prophète hébreu qui vécut aux VIIe et VIe siècles avant notre ère. D’après la chronologie biblique, qui est précise, ce livre couvre la période qui va d’environ 618 à 536 avant notre ère, et il a été terminé à cette dernière date. Mais ce livre est accusé. Des encyclopédies et d’autres ouvrages de référence sous-entendent, voire affirment, qu’il s’agit d’une fraude.

Par exemple, la New Encyclopædia Britannica admet que le livre de Daniel était autrefois “ généralement considéré comme de l’histoire vraie, qui contenait de véritables prophéties ”. Cette encyclopédie ajoute cependant qu’en réalité Daniel “ a été écrit plus tard, à une époque de crise nationale — quand les Juifs subissaient une persécution intense sous [le roi de Syrie] Antiochus IV Épiphane ”. Elle situe la rédaction du livre entre 167 et 164 avant notre ère. Le même ouvrage affirme que le rédacteur du livre de Daniel ne prophétise pas, mais raconte simplement “ des événements qui sont pour lui de l’histoire passée à la manière de prophéties d’événements futurs ”.

Où ces idées ont-elles germé ? La critique du livre de Daniel n’est pas nouvelle. Elle a commencé au IIIe siècle de notre ère avec un philosophe nommé Porphyre. Comme beaucoup dans l’Empire romain, il se sentait menacé par l’influence qu’exerçait le christianisme. Il a écrit 15 livres pour saper cette “ nouvelle ” religion. Le 12e s’en prenait au livre de Daniel, que Porphyre qualifiait de falsification, écrite par un Juif du IIe siècle avant notre ère. Des attaques semblables ont été lancées au XVIIIe et au XIXe siècle. Pour les tenants de la haute critique et les rationalistes, les prophéties (qui consistent à annoncer des événements futurs) sont quelque chose d’impossible. Daniel est devenu une cible de choix. En quelque sorte, son livre et lui ont été assignés en justice. Les critiques prétendaient avoir de nombreuses preuves que ce livre avait été écrit non par Daniel pendant l’exil des Juifs à Babylone, mais par quelqu’un d’autre des siècles plus tard.

Ces attaques se sont multipliées au point qu’un auteur a rédigé une défense intitulée "Daniel dans la fosse aux critiques".

Les affirmations péremptoires des critiques sont-elles appuyées par des preuves ? Ou bien les faits plaident-ils en faveur de la défense ?

Prenons, par exemple, l’accusation formulée dans The Encyclopedia Americana : “ De nombreux détails historiques des périodes anciennes [celle de l’exil à Babylone notamment] sont considérablement déformés ” dans le livre de Daniel. En est-il vraiment ainsi ? Considérons une à une trois prétendues erreurs.

1)
Daniel a écrit que Belshatsar, un “ fils ” de Neboukadnetsar, était roi à Babylone quand la ville a été prise (Daniel 5:1, 11, 18, 22, 30). Les critiques ont longtemps attaqué cette affirmation, car on ne trouvait le nom de Belshatsar nulle part ailleurs que dans la Bible. Les anciens historiens disaient en outre que Nabonide, un successeur de Neboukadnetsar, avait été le dernier roi babylonien. C’est pourquoi, en 1850, Ferdinand Hitzig affirmait que Belshatsar était manifestement une pure invention de l’écrivain. Mais l’opinion de M. Hitzig ne vous paraît-elle pas un peu hâtive ? Après tout, le fait que ce roi n’est mentionné nulle part (surtout à une période où il est reconnu que les récits historiques sont rares) est-il la preuve qu’il n’a jamais existé ? Du reste, en 1854 on a mis au jour de petits cylindres d’argile dans les ruines d’Our, une ville de la Babylonie antique qui se trouve aujourd’hui dans le sud de l’Iraq. Ces documents cunéiformes émanant du roi Nabonide comprenaient une prière en faveur de ‘ Bel-sar-oussour, son fils aîné ’. Même les critiques ont dû se rendre à l’évidence : il était question du Belshatsar du livre de Daniel.

Les critiques n’étaient cependant pas convaincus. “ Cela ne prouve rien ”, a écrit l’un d’eux, appelé Fox Talbot. Selon lui, le fils de l’inscription n’était peut-être qu’un enfant, alors que Daniel le présente comme un roi en exercice. Mais un an seulement après la publication des remarques de F. Talbot, on a découvert d’autres tablettes cunéiformes qui révélaient que Belshatsar avait des secrétaires et des domestiques. Il n’était donc sûrement pas un enfant ! Finalement, d’autres tablettes ont enfoncé le clou : elles indiquaient que Nabonide s’absenta de Babylone pendant des périodes de plusieurs années. Elles montraient également qu’à ces périodes il “ confia la royauté ” de Babylone à son fils aîné (Belshatsar). À ces périodes, Belshatsar était roi de fait, puisqu’il était vice-roi avec son père [Nabonide n’était pas à Babylone quand elle tomba. Il est donc exact de dire que Belshatsar était roi à ce moment-là. Les critiques ergotent sur le fait que les annales profanes ne donnent pas à Belshatsar le titre officiel de roi. Néanmoins, des témoignages remontant à l’Antiquité montrent que même un gouverneur était parfois qualifié de roi].

Toujours pas satisfaits, certains critiques reprochent à la Bible de qualifier Belshatsar, non de fils de Nabonide, mais de fils de Neboukadnetsar. Quelques-uns relèvent que Daniel ne fait même pas allusion à l’existence de Nabonide. Toutefois, ces deux objections ne résistent pas à l’examen. Il semble que Nabonide épousa la fille de Neboukadnetsar. Belshatsar serait dans ce cas le petit-fils de Neboukadnetsar. Or, ni l’hébreu ni l’araméen ne possèdent les mots “ grand-père ” et “ petit-fils ” ; “ fils de ” peut signifier “ petit-fils de ”, et même “ descendant de ”. (Voir Matthieu 1:1.) En outre, le récit biblique autorise à identifier Belshatsar au fils de Nabonide. En effet, lorsqu’il est terrifié par l’écriture de mauvais augure qu’une main trace sur le mur, Belshatsar aux abois offre la troisième place dans le royaume à celui qui saura la déchiffrer (Daniel 5:7). Pourquoi la troisième et pas la deuxième ? Cette offre donne à penser que la première et la deuxième place étaient déjà occupées. De fait, elles l’étaient : par Nabonide et par son fils, Belshatsar.

Ainsi, la mention de Belshatsar par Daniel n’est pas le signe qu’il ne connaît pas l’histoire “ avec précision ”. Au contraire, bien qu’il n’écrive pas l’histoire de Babylone, Daniel nous donne un aperçu plus précis de la monarchie babylonienne que des historiens de l’Antiquité tels qu’Hérodote, Xénophon et Bérose. Pourquoi Daniel fut-il capable de rapporter des faits qui leur échappèrent ? Parce qu’il était à Babylone. Son livre est l’œuvre d’un témoin oculaire, et non d’un imposteur qui aurait vécu des siècles plus tard.

2)
Selon Daniel, lorsque Babylone fut renversée, un roi nommé “ Darius le Mède ” commença à régner (Daniel 5:31). On n’a toutefois pas encore trouvé le nom de Darius le Mède, ni dans les sources profanes, ni dans les découvertes archéologiques. C’est pourquoi le Dictionnaire encyclopédique de la Bible (par A. Westphal), par exemple, affirme que ce Darius “ n’a jamais existé ”.

Certains spécialistes se montrent plus prudents. Après tout, à une époque les critiques affirmaient également au sujet de Belshatsar qu’il n’avait “ jamais existé ”. Il ne fait aucun doute qu’un jour Darius sortira aussi de l’ombre. Des tablettes cunéiformes ont déjà révélé que Cyrus le Perse ne porta pas le titre de “ roi de Babylone ” immédiatement après la conquête de la ville. Un chercheur émet cette hypothèse : “ Celui qui porta le titre de ‘ roi de Babylone ’ était un roi vassal de Cyrus, et non Cyrus lui-même. ” Se peut-il que Darius ait été le nom de règne ou le titre d’un puissant fonctionnaire mède à qui Babylone fut confiée ? Certains pensent que Darius fut un homme du nom de Goubarou. Cyrus nomma Goubarou gouverneur de Babylone, et les récits profanes confirment qu’il était investi d’un pouvoir considérable. Une tablette cunéiforme déclare qu’il établit des gouverneurs subalternes à Babylone. Détail à relever, Daniel signale que Darius nomma 120 satrapes pour gouverner le royaume de Babylone. — Daniel 6:1.

Peut-être finira-t-on par mettre au jour des indices plus directs qui révéleront l’identité précise de ce roi. Quoi qu’il en soit, le silence apparent de l’archéologie est loin de constituer un motif d’affirmer que Darius n’a “ jamais existé ”, et encore moins de rejeter tout le livre de Daniel en le disant frauduleux. Il est bien plus rationnel de considérer le récit de Daniel comme le rapport d’un témoin oculaire plus détaillé que les récits profanes qui ont subsisté.

3)
On lit en Daniel 1:1 : “ Dans la troisième année du règne de Yehoïaqim le roi de Juda, Neboukadnetsar le roi de Babylone vint à Jérusalem et entreprit de l’assiéger. ” Les critiques contestent ce verset parce qu’il ne semble pas s’accorder avec Jérémie, selon lequel la quatrième année de Yehoïaqim fut la première année de Neboukadnetsar (Jérémie 25:1 ; 46:2). Daniel contredisait-il Jérémie ? Quelques renseignements supplémentaires règlent facilement la question. Quand il fut établi roi en 628 avant notre ère par Pharaon Néko, Yehoïaqim devint une marionnette entre les mains du dirigeant égyptien. Cela survint environ trois ans avant que Neboukadnetsar ne succède à son père sur le trône de Babylone, en 624. Peu après (en 620), Neboukadnetsar envahit Juda et fit de Yehoïaqim un roi vassal de Babylone (2 Rois 23:34 ; 24:1). Pour un Juif qui vivait à Babylone, la “ troisième année ” de Yehoïaqim était donc la troisième année où ce roi était vassal de Babylone. Daniel écrivit de cette perspective. Jérémie, quant à lui, écrivit de la perspective des Juifs qui habitaient à Jérusalem. Aussi fit-il débuter la royauté de Yehoïaqim au moment où Pharaon Néko l’établit roi.

En réalité, cette prétendue contradiction ne fait que renforcer les indices selon lesquels Daniel écrivit son livre à Babylone, parmi les exilés juifs. Mais cet argument contre le livre de Daniel comporte une autre faille béante. Souvenez-vous que le rédacteur de Daniel disposait indubitablement du livre de Jérémie ; il en parla d’ailleurs (Daniel 9:2). Si le rédacteur de Daniel avait été un inventeur intelligent, comme l’affirment les critiques, se serait-il risqué à contredire une source aussi respectée que Jérémie, de surcroît dès le premier verset de son livre ? De toute évidence, non.


Tournons à présent notre attention vers des choses positives plutôt que négatives. Arrêtons-nous sur d’autres détails du livre de Daniel qui indiquent que son rédacteur avait une connaissance de première main de l’époque dont il parla dans ses écrits.

La connaissance que Daniel possédait de détails subtils relatifs à la Babylone antique atteste l’authenticité de son récit. Par exemple, Daniel 3:1-6 rapporte que Neboukadnetsar fit dresser une image géante pour que tous l’adorent. Les archéologues ont trouvé d’autres témoignages attestant que ce monarque cherchait à mêler ses sujets à des pratiques nationalistes et religieuses. Par ailleurs, Daniel dit que Neboukadnetsar se vantait de ses nombreuses constructions (Daniel 4:30). Il a fallu attendre notre époque pour que les archéologues confirment que Neboukadnetsar était à l’origine d’un grand nombre de constructions faites à Babylone. Quant à sa vantardise... cet homme faisait estampiller les briques mêmes de son nom ! Les critiques de Daniel sont incapables d’expliquer comment leur prétendu faussaire de l’époque maccabéenne (167-63 avant notre ère) aurait connu l’existence de ces constructions... quelque quatre siècles plus tard et bien avant que les archéologues ne les sortent de terre !

Le livre de Daniel fait aussi état de différences majeures entre la loi babylonienne et la loi médo-perse. Par exemple, sous la loi babylonienne les trois compagnons de Daniel furent jetés dans un four brûlant parce qu’ils refusaient d’obéir à l’ordre du roi. Des dizaines d’années plus tard, Daniel fut jeté dans une fosse aux lions pour avoir refusé d’obéir à une loi perse qui violait sa conscience (Daniel 3:6 ; 6:7-9). Certains ont voulu faire passer le récit du four brûlant pour une légende, mais des archéologues ont découvert une lettre de la Babylone antique qui mentionne précisément cette forme de punition. En revanche, aux yeux des Mèdes et des Perses, le feu était sacré. C’est pourquoi ils préféraient d’autres formes cruelles de punition. Il n’est dès lors pas surprenant qu’ils aient adopté la fosse aux lions.

On remarque une autre différence encore. Daniel indique que Neboukadnetsar pouvait édicter et changer les lois à sa convenance. Darius, de son côté, ne pouvait changer ‘ les lois des Mèdes et des Perses ’, pas même celles qu’il avait promulguées en personne (Daniel 2:5, 6, 24, 46-49 ; 3:10, 11, 29 ; 6:12-16) ! John Whitcomb, un historien, écrit : “ L’histoire antique confirme cette différence entre Babylone, où la loi était soumise au roi, et la Puissance médo-perse, où le roi était soumis à la loi. ”

Le récit saisissant du festin de Belshatsar, qui est rapporté en Daniel chapitre 5, est riche en détails. Apparemment, on commença par manger gaiement et boire beaucoup, car il est à plusieurs reprises question de vin (Daniel 5:1, 2, 4). Or, sur certains reliefs représentant ce genre de festins, les personnages ne font que boire du vin. De toute évidence, donc, le vin tenait une place de premier ordre dans les festivités. Daniel précise également que des femmes étaient présentes à ce banquet : les femmes de second rang du roi et ses concubines (Daniel 5:3, 23). L’archéologie confirme ce détail, une coutume babylonienne. À l’époque maccabéenne, tant Juifs que Grecs n’acceptaient pas que des femmes participent à un festin avec des hommes. Peut-être est-ce la raison pour laquelle des versions primitives de la Septante omettent dans Daniel la mention de ces femmes [Carl Keil, un hébraïsant, écrit au sujet de Daniel 5:3 : “ La LXX. (Septante) a ici, ainsi qu’au ver. 23, omis de mentionner les femmes, conformément à la coutume des Macédoniens, des Grecs et des Romains. ”]. Pourtant, le prétendu faussaire, auteur de Daniel, aurait vécu dans cette culture hellénisée (grecque), peut-être même à l’époque où fut traduite la Septante !

Quand on sait ce genre de détails, on a du mal à croire que le Dictionnaire de la Bible, par A.-M. Gérard, puisse dire de l’auteur du livre de Daniel qu’il n’avait qu’une connaissance “ assez vague ” de la période de l’Exil. Comment un imposteur qui aurait vécu des siècles plus tard aurait-il pu connaître si intimement les anciennes coutumes babyloniennes et perses ? D’autant que l’un et l’autre empire avaient décliné bien avant le IIe siècle avant notre ère. Il va de soi que les archéologues n’existaient pas à l’époque ; les Juifs d’alors ne se flattaient pas non plus de connaître la culture et l’histoire de pays étrangers. Seul Daniel le prophète, un témoin oculaire de l’époque et des événements dont il parlait, put écrire le livre de la Bible qui porte son nom.


Un des arguments les plus souvent invoqués contre le livre de Daniel est sa place dans le canon des Écritures hébraïques. Les rabbins de l’Antiquité classèrent les livres des Écritures hébraïques en trois groupes : la Loi, les Prophètes et les Écrits. Et ils rangèrent Daniel, non parmi les Prophètes, mais dans les Écrits. Cela signifie, en concluent les critiques, que ce livre était inconnu à l’époque où les œuvres des autres prophètes furent rassemblées. Le livre de Daniel se trouverait dans les Écrits parce que ceux-ci furent compilés plus tard.

Néanmoins, tous les spécialistes de la Bible ne pensent pas que les rabbins divisèrent le canon avec une telle rigidité ni qu’ils exclurent Daniel des Prophètes. Et de toute façon, même si les rabbins ont classé Daniel dans les Écrits, cela prouve-t-il qu’il fut écrit ultérieurement ? Bien sûr que non. Des érudits renommés ont évoqué diverses raisons pour lesquelles les rabbins auraient pu éliminer Daniel des Prophètes. Ils le firent peut-être, par exemple, parce que le livre les gênait, ou parce qu’ils considéraient Daniel comme différent des autres prophètes dans la mesure où il occupait une fonction profane à l’étranger. Quoi qu’il en soit, ce qui compte vraiment, c’est que les Juifs de l’Antiquité tenaient le livre de Daniel en haute estime et le regardaient comme canonique. En outre, les faits indiquent que le canon des Écritures hébraïques fut achevé bien avant le IIe siècle avant notre ère. Aucun ajout ne fut permis ensuite, notamment l’ajout de plusieurs livres écrits au IIe siècle avant notre ère.

Paradoxalement, l’une de ces œuvres postérieures rejetées a été utilisée contre le livre de Daniel. Le livre apocryphe de l’Ecclésiastique, par Jésus Ben Sirach, fut sans doute rédigé vers 180 avant notre ère. Les critiques aiment faire remarquer que Daniel ne figure pas dans la longue liste d’hommes justes que ce livre contient. Ils en concluent que Daniel devait être inconnu à l’époque. Cet argument est accepté par une majorité dans le milieu des spécialistes. Mais considérez ce qui suit : la même liste omet Ezra et Mordekaï (tous deux de grandes figures aux yeux des Juifs d’après l’Exil), ainsi que le bon roi Yehoshaphat. De tous les juges, elle ne nomme que Samuel. Doit-on, sous prétexte que ces hommes ne figurent pas dans une liste, qui d’ailleurs ne se prétend pas exhaustive, et qui en plus se trouve dans un livre non canonique, doit-on penser qu’ils sont tous fictifs ? Cette idée même est grotesque.


Revenons aux preuves positives. On a dit qu’aucun autre livre des Écritures hébraïques n’est mieux attesté que Daniel. En voici la démonstration : Le célèbre historien juif Josèphe atteste son authenticité. Il raconte qu’au cours de la guerre qu’il mena contre la Perse au IVe siècle avant notre ère Alexandre le Grand vint à Jérusalem, où les prêtres lui montrèrent un exemplaire du livre de Daniel. Alexandre conclut lui-même que les paroles de la prophétie de Daniel qu’on lui présentait se rapportaient à sa campagne militaire contre la Perse [Pour certains historiens, cela expliquerait pourquoi Alexandre fut si bon avec les Juifs, qui étaient depuis longtemps amis des Perses. À l’époque, Alexandre menait campagne pour détruire tous les amis de la Perse]. Cela se serait passé environ un siècle et demi avant que ne soit “ forgé ” le livre, comme disent les critiques. Il va de soi que les critiques ont contesté Josèphe pour ce qui est de ce passage. Ils lui reprochent aussi de préciser que certaines prophéties du livre de Daniel étaient accomplies. Pourtant, comme l’a fait remarquer Joseph Wilson, un historien, “ [Josèphe] connaissait probablement mieux la question que tous les critiques du monde ”.

L’authenticité du livre de Daniel a été encore appuyée quand on a découvert les Rouleaux de la mer Morte dans les grottes de Qoumrân, en Israël. Parmi les trouvailles faites en 1952, les rouleaux et les fragments du livre de Daniel sont étonnamment nombreux. On a daté le plus ancien de la fin du IIe siècle avant notre ère. Il s’ensuit que déjà à cette date le livre de Daniel était bien connu et très respecté. Une encyclopédie biblique (The Zondervan Pictorial Encyclopedia of the Bible) déclare : “ Il faut à présent cesser de faire remonter Daniel à l’époque maccabéenne, ne serait-ce que parce qu’il n’aurait pas pu y avoir un intervalle suffisant entre la rédaction de Daniel et son apparition sous forme de copies dans la bibliothèque d’une secte maccabéenne. ”

Cependant, le livre de Daniel est attesté par une source bien plus ancienne et bien plus digne de foi. Un des contemporains de Daniel était le prophète Ézékiel. Lui aussi fut prophète pendant l’exil à Babylone. À plusieurs reprises, le livre d’Ézékiel mentionne Daniel nommément (Ézékiel 14:14, 20 ; 28:3). Ces mentions indiquent que, déjà de son vivant, au VIe siècle avant notre ère, Daniel avait la réputation d’être un homme juste et sage, digne d’être cité avec Noé et Job, des hommes qui craignaient Dieu.

Pour finir, considérons le plus grand des témoignages qui atteste l’authenticité de Daniel : celui de Jésus Christ en personne. Lorsqu’il parle des derniers jours, Jésus cite “ Daniel le prophète ” et une des prophéties de Daniel. — Matthieu 24:15 ; Daniel 11:31 ; 12:11.

Pour que la théorie maccabéenne des critiques soit vraie, il faudrait donc que l’une ou l’autre des propositions suivantes soit vraie. Soit Jésus fut trompé par cette fiction, soit il ne prononça jamais les paroles que Matthieu cite. Aucune de ces options n’est concevable. Si on ne peut avoir confiance en l’Évangile de Matthieu, comment peut-on se fier aux autres parties de la Bible ? Si on enlève ces phrases, quels mots ôtera-t-on ensuite des pages des Saintes Écritures ? L’apôtre Paul a écrit : “ Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, [...] pour remettre les choses en ordre. ” (2 Timothée 3:16). Si donc Daniel était un faussaire, Paul en serait un autre ! Se pourrait-il qu’on ait trompé Jésus ? C’est peu vraisemblable. Il était vivant, au ciel, quand le livre de Daniel fut écrit. Jésus déclara même : “ Avant qu’Abraham vienne à l’existence, j’ai été. ” (Jean 8:58). S’il est un humain parmi tous ceux qui ont vécu à qui il aurait fallu poser des questions sur l’authenticité de Daniel, c’est bien Jésus. Mais nous n’avons pas besoin de poser des questions. Comme nous l’avons vu, son témoignage pourrait difficilement être plus clair.

Jésus confirma encore l’authenticité du livre de Daniel au moment de son baptême. Il devint alors le Messie, ce qui accomplissait une prophétie de Daniel, celle des 69 semaines d’années (Daniel 9:25, 26). Même si la théorie défendant la rédaction tardive du livre de Daniel était vraie, le rédacteur de ce livre connaissait quand même l’avenir quelque 200 ans à l’avance. Évidemment, Dieu n’aurait pas inspiré un faussaire pour qu’il énonce de vraies prophéties sous un faux nom. Non, les humains qui sont fidèles à Dieu acceptent volontiers le témoignage de Jésus. Tous les spécialistes, tous les critiques du monde auraient beau s’insurger tous ensemble contre Daniel, le témoignage de Jésus leur donnerait tort, car il est “ le témoin fidèle et véridique ”. — Révélation 3:14.

Même ce témoignage ne suffit pas à de nombreux critiques de la Bible. Une fois qu’on a examiné ce sujet à fond, on ne peut s’empêcher de se demander si toutes les preuves du monde suffiraient à les convaincre. Un professeur de l’université d’Oxford a écrit : “ On n’aboutit à rien en répondant simplement aux objections tant que demeure ce préjugé du départ : ‘ Les prophéties d’origine surnaturelle n’existent pas. ’ ” Leur préjugé les aveugle. Mais tel est leur choix... et ce sont eux qui sont perdants.

Et vous ? Si vous vous rendez compte qu’on n’a pas vraiment de raison de douter de l’authenticité du livre de Daniel, alors vous réaliserez que l'exil des juif par les Babyloniens quelques 600 ans avant notre ère a bien eu lieu...


Jo et Fab, comprenez bien que je ne mets pas en doute votre honnêteté intellectuelle, je mets bien plutôt en doute celle de Shlomo Sand...

Avec mes plus cordiales salutations,

$tef

PS : UNE INSCRIPTION ancienne découverte dans le Colisée de Rome pourrait confirmer indirectement une prophétie biblique sur la destruction de Jérusalem. Cette inscription se réfère apparemment à la construction du Colisée et à son inauguration en 80 de notre ère. Selon la reconstitution qu’en a faite le professeur Géza Alföldy, de l’université de Heidelberg (Allemagne), l’inscription se lit ainsi : “ L’empereur Titus Vespasien César Auguste fit ériger ce nouvel amphithéâtre avec l’argent du butin. ” De quel butin ? “ On parle ici de l’immense butin amassé par Titus lors de la guerre contre les Juifs, explique Géza Alföldy, et en particulier du mobilier en or ” du temple de Jérusalem. Ce temple fut détruit, conformément à une prophétie de Jésus (Matthieu 24:1, 2 ; Luc 21:5, 6). M. Alföldy en conclut que le Colisée, comme le célèbre arc de Titus, qui représente les Romains victorieux portant le butin récolté lors de la guerre contre les Juifs, est un monument commémoratif de cette victoire romaine historique.

16.Posté par UN chouka le 08/09/2008 09:01 | Alerter
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A mon avis,pèrsonne ne doit s'attendre a voir les autres protéger leurs intérets !
De tout temps, souvent, nous pouvons constater que les "humains " unis par la rapine,n'ont d'autre idée que l'asèrvicement des èsclaves !!!
Chacun pour soit et les chèvres seront bien gardées :-D

17.Posté par Fab le 08/09/2008 10:12 | Alerter
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Tout cela est très intéressant, Stef.
C'est effectivement maladroit de s'attaquer aux auteurs, mais finalement, ce que je fais en doutant de l'impartialité des personnes que tu as cité est du même ordre que la suspicion que tu nourris à l'égard de Shlomo Sand, non ?
Tout comme toi, je suis plus inspiré par les autodidactes que par les universitaires. Pour y être passé, je sais que le monde universitaire est une énorme machine à formater les esprit, et qu'il faut une sacré dose de confiance, d'intégrité et de sens critique pour ne pas suivre bêtement la tendance...
La vérité, c'est que seul "Dieu" peut nous révéler la vérité. Directement, et à chaque instant, sans avoir à se référer à un bouquin.
Alors oui, je suis intimement convaincu que les livres Sacrés sont une déformation maladroite des enseignements transmis oralement (et par l'exemple). La plus grande preuve de ça pour moi, est que le "Dieu" que je connais personnellement, bien que je ne voit pas l'utilité de le considérer comme une entité (bien au contraire), et bien ce "Dieu"-la n'est ni colérique, ni jaloux. Il n'est pas esclave des émotions humaines.
"Il" m'a dit de me méfier des égrégores (ou entités invisibles) créés par la convergence des pensées de différents "groupes" humains.
Je sens qu'il y a quelque chose de louche dans le fait de revendiquer un "droit divin" sur un territoire et ma vision est qu'il aurait été infiniment plus sain que les juifs et les musulmans vivent ensembles dans un État démocratique en Israël. Qu'importe que le président de cet État fut juif ou musulman.
Par le passé, juifs et arabes vivaient ensembles, ils travaillaient, ils échangeaient ensembles, ils se sont battus ensembles. Pendant qu'on les massacrait en Europe, ils prospéraient dans le monde musulman.
Moi, je crois que la fondation de l'État d'Israël était un moyen déguisé pour les pays occidentaux de créer un avant poste au Moyen-Orient, afin de garantir leurs approvisionnement en pétrole, car à l'époque on était déjà dépendant des énergies fossiles, et on avait conscience qu'elles étaient une des clés majeures du pouvoir. D'un point de vue astrologique, c'est une abhération, car le judaïsme appartient à une ère révolue depuis plus de 2000 ans.
Nous avons besoin d'une nouvelle spiritualité universelle, à l'heure de la mondialisation et à la fin d'un cycle. Il est temps pour le dernier "prophète" de cette ère d'apparaître pour unir les hommes contre les forces du chaos. Je n'accorde aucun crédit aux re-ligions actuelles, ce qui compte, c'est le contact direct avec ce qu'ils appellent Dieu.
Shlomo Sand a sans doute ses raisons obscures, je te l'accorde, mais ce qui me plaît dans son discours, c'est l'idée qu'avant d'appartenir à une re-ligion ou une autre, nous sommes des êtres-humains. Et c'est plus important aujourd'hui qu'à n'importe quelle autre époque.
Je ne sais plus qui disait cela, mais il est urgent que nous apprenions à vivre ensembles comme des frères, ou nous mourrons tous comme des idiots.
Paix et amour sur vous tous.

18.Posté par $tef le 08/09/2008 11:30 | Alerter
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Non Fab, ce n'est pas la même chose.

Je ne suis pas allé chercher d'autres écrits de Shlomo Sand pour vérifier s'il est fiable ou non, ni n'est allé puiser auprès de sources contestataires à ce personnage. Je me suis forgé une opinion à partir de ce qu'il écrit dans son livre cité plus haut et conteste haut et fort certains points qu'il développe car, même s'il est animé par de bonnes intentions, il va trop loin dans ses affirmations...

Sans imposer mon point de vu aux lecteurs d'Alter Info, je dis simplement que sa démarche n'est pas intellectuellement honnête et donne des arguments pour étayer mes affirmations.

Si d'autres lecteurs ne sont pas d'accord avec moi simplement parce qu'ils croient que je soutiens le Sionisme, ils font fausse route.

Je soutiens simplement l'exactitude historique et conteste ceux qui la tordent même si leurs démarches initiales sont animées par de bonnes intentions...

$tef

19.Posté par Enissa KELIF le 08/09/2008 12:39 | Alerter
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Quelle attrape nigaude est ce pseudo historien bundiste Shlomo Sand. On a rarement lu un fatras pseudo scientifique d’une telle bassesse. Athée, dénigreur de sa religion et de sa tradition, falsificateur de l’histoire, bouffeur de cochon, il « oublie » de mentionner par la force de qui il se trouve illégalement en Palestine, notamment du sionisme ! Gilad ATZMON, malheureusement pour lui, également non croyant et non pratiquant, vit à Londres et de là est déjà plus crédible. Que Sh.Sand et consorts déguerpissent au plus vite de la Palestine, s’ils ne veulent pas périr en même temps que l’entité sioniste qui souille la Palestine.
Pour nous Musulmans, les seuls Juifs valables sont ceux qui s’en tiennent correctement au Judaïsme authentique, à leur Thora et Talmud, et sont conscients qu’ils sont en EXIL et DISPERSION par un décret divin et par conséquence antisionistes. Par contre, ce n’est pas parce que des démagogues abjects comme ce Shlomo SAND émettent quelques critiques sur le totalitarisme sioniste et prônent la « société ouverte » (non merci ! La Palestine sera libérée de toute pourriture impérialiste occidentale et des miasmes sionistes) que l’on doit croire et applaudir leurs divagations et calomnies.
Le journal « libéral » Haaretz n’est pas moins sioniste que « Jerusalem Post », juste plus insidieux. Soyons en conscients et vigilants ! Lénine et Staline ont reconnu à l'époque que le Bund, quoi qu’il prétende, n'est qu'une variante du sionisme.
Un professeur d’histoire sérieux est Yakov M. RABKIN, de l’Université Laval à Montréal, Canada, auteur de l’ouvrage « Au nom de la Thora, l’histoire des Juifs antisionistes »
Lisez d’ailleurs, ici dans Alterinfo, l’excellent exposé d’un Juif authentique en préparation du Yaoum Al Qouds ! Et visitez le site www.centre-zahra.com
A tous les Musulmans Ramadan moubarak wakarîm !
Sœur Enissa KELIF
B 1502 LEMBEEK

20.Posté par galafron le 08/09/2008 22:16 | Alerter
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Admirable réfutation de Stef, à qui je rends grâce pour m'avoir donné la chance de la lire.
La philologie arrive souvent au même résultat que l'archéologie, peut-être de manière encore plus incontestable. Stef s'en tient aux faits dont la compilation renforce notre foi en Notre Seigneur Jésus Christ, et cela face aux cyniques qui n'apportent pas de preuves. Nous ne disposons encore que de l'interview de Sand, mais soyons certains qu'une magistrale riposte se prépare.

21.Posté par Ratfucker le 28/03/2009 20:16 | Alerter
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Pour liquider les cuistreries haineuses de Shlomo Sand, confortées par les élucubrations de cinglés antisémites (quoique juifs) tels Gilad Atzmon, ce roquet en phase sado anale qui s'est trouvé un fonds de commerce chez les nazislamistes et les néonazis, il suffit de suivre la trace des persécutions religieuses, raciales et nationales contre les Juifs depuis 40 siècles:

Irak : 850 : le Calife impose le port de l’étoile jaune et la résidence en ghetto ;1933 Mossoul : 20 morts :1935 exclusion de la fonction publique,1936 Pogrom Bagdad 10 morts, interdiction d’enseigner l’hébreu ;1941 : pogrom Bagdad : 175 tués, 1000 blessés , tortures et viols ; Falluja :mai 1947 : lynchage d’un juif accusé de donner des bonbons empoisonnés aux enfants, expulsion de la communauté vers Bagdad ; décembre 1947 : accusation d’empoisonner les puits de germe de choléra; 1948 : arrestation, confiscation, pendaison d’1juif accusé d’espionnage; mars 1950 : confiscation des biens de tous les émigrés ;1969 : 9 exécutions par pendaison ; 1973 : assassinat d’1 famille de 5 personnes dans sa maison.
Syrie : 1840 : affaire de Damas (accusation de crime rituel : arrestations, tortures, exécutions) ; novembre 1945 : grande synagogue incendiée et pillée ; décembre 1947 : 150 maisons, 50 boutiques, 18 synagogues, 5 écoles détruites, nombreux tués ; août 1949 : bombe dans la synagogue de Damas : 12 tués, 26 blessés ; novembre 1950 30 émigrants assassinés par des marins ; juin 1967 : 57 tués à Kamishliyé ; mars 1974 : 4 adolescentes violées et assassinées
Egypte : 1882, 1919, 1921, 1924 : émeutes antijuives ; 1844, 1881, 1902 : accusations de crime rituel ; novembre 1945 : 10 tués, 150 blessés ; mai 1948 : 2000 arrestation, suivie de la confiscation des biens ; Le Caire , juin juillet 1948 : 150 assassinats, après tortures et mutilations ; septembre 1948 : attentat à la bombe 20 tués, 61 blessés suivi d’un pillage du quartier juif et de spoliations ; 1956 : 4000 expulsions avec confiscation de tous les biens ; 1957 : radiation de la citoyenneté ; juin 1967 : exclusion de la fonction publique , 500 arrestations, tortures et travaux forcés, plusieurs assassinats.
Palestine : 1929 : Safed 133 tués ; Hébron : 60 tués ; Jaffa 1936 : 20 tués ; Février 1848 : 55 tués par attentat ;mars : embuscade d’un autobus : 16 tués ; Jerusalem Avril 1948 : 40 médecins et infirmières tués à l’hôpital ; massacre d’Etzion : 48 tués ; vieille villede Jerusalem : 2000 habitants expulsés..
Libye : 1765 : plusieurs centaines de meurtres ;novembre 1945 : 149 tués ; juin 1948 : 15 tués ; 1963 : radiation du droit de vote et de la fonction publique ;Benghazi, juin 1967 : 118 tués ; juillet 1970 : confiscation de tous les biens.
Algérie : 1805, Alger : 40 tués ;1934, Constantine : 50 tués ; mai 1967 : 13 blesssés par grenade ; 1962 : exclusion des non musulmans de la nationalité algérienne ; 1965 : les Juifs ne sont plus protégés par la loi ; 1960 Oran : destruction de la synagogue ; assassinat des enfants Amram ;
Tunisie : 1869 : 18 assassinats individuels ; 1967 : incendie de la synagogue de Tunis, 1 mort ; 2002 attentat de Djerba :
Yemen : 1922 : conversion forcée des orphelins ; décembre 1947, Aden : 82 tués, 220 maisons, 4 synagogues détruites
Maroc :Fez 1033 : 600 tués ; Demnat 1875 : 20 tués ; Debdou 1875 :20 tués ; 1864-1880 : 500 crimes racistes individuels en 16 ans ;Casablanca1907 : 30 tués, 200 femmes et enfants enlevés, violés ; Taza 1903 : 40 tués ; Fez 1912 : 60 tués, pillage ; Oujda 1948 :43 tués, 150 blessés ; 1955 Oued Zem : 50 tués.
Pendant 13 siècles, le « Pacte d’Omar » a imposé aux Juifs un impôt spécial, la Jyzyia, un accoutrement vestimentaire ridicule, une résidence forcée en mellah ou hara, des tentatives de conversion forcée, l’exclusion des droits juridiques, diverses discriminations mesquines : interdiction de monter à cheval, de porter des chaussures, de construire une maison plus haute, de parler fort à un musulman, d’épouser une musulmane, de porter une arme.

« Nous aurions voulu être des Juifs arabes. Si nous avons abandonné cette idée, c’est parce qu’au cours des siècles,les Mussulmans en ont systématiquement empêché la réalisation par leur mépris et leur cruauté… Ce ne sont pas seulement lesmaisons des Juifs en Allemagne et en Pologne qui furent détruits et éparpillés aux quatre vents, mais aussi les nôtres. » (Albert Memmi : « Qui est juif arabe ? » 1975)

22.Posté par Aigle le 28/03/2009 20:36 | Alerter
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"...........Irak : 850 : le Calife impose le port de l’étoile jaune et la résidence en ghetto ..............." ( pas la peine de relever le reste tellement ca pue ...)
Quand on vous dit qu'UN SIONISTONAZI se distingue des communs des criminels par ce qu'il OSE ....OSE et OSE .....sans arret , sans un zeste de pudeur , mais avec beaucoup de souillure ( c'est pour ca qu'ils choisissent des pseudo a leur image )
Tu savais pas , CRETIN QUE LE PREMIER GHETTO QUE TES SEMBLABLES ADORENT REMÉMORER , A ETE CREER PAR LES PREMIERS SIONISTONAZIS EN HERBE A ..................VENISE ???

Et tu oses bien sur citer une souillure de l'espece de Memmi pour donner de la credibilité a ton vomis

23.Posté par ROGSIM le 29/03/2009 00:04 | Alerter
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"Trois objections majeures à la théorie de Shlomon Sand

Pour une conversion, il faut être au moins deux
Cette évidence semble avoir échappé à l'historein: Comment Khazars et Kabyles auraient-ils pu devenir des adeptes du judaïsme sans la présence des Juifs, présence significatives sur les bords de la Méditerranée bien avant l'achèvement de la conquête romaine. Que sonr devenus ces exilés qui n'entrent pas dans le décompte de Shlomo Sand, comme s'ils s'étaient volatilisés en s"enfonçant à l'intérieur des terres européennes et africaines ?

La mémoire transmise par des convertis
Quel pouvait être le taux d'alphabétisation des peuplades khazars et berbères au moment de leur conversion à la religion de Moïse ? Un pour cent ? Peut-être moins. Si l'on encroit notre historien, les Khazars et les Kabyles, en majorité analphabètes, ont été capables après leur conversion de lire la Thora, en hébreu comme il de doit, d'assimuler le Talmid et ses subtilités, de réciter les prières ancestrales et de transmettre la culture juive à leurs enfants.

Les fondements de l'appartenance à un peuple
Il est évident qu'en 2000 ans et surtout au cours des deux derniers siécles, il y a eu d'innombrables unions mixtes, mais ces "mélanges" n'altèrent pas le sentiment d'appartenance à un peuple dont le ciment a été, avec la religion, les traditions et la langue hébraïque, le regard des autres et les persécutions. de tous les arguments, c'est, me semble-t-il, le plus pertinent."

24.Posté par galafron le 29/03/2009 23:51 | Alerter
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A près avoir participé à la discussion sur ce fil et lu le livre de Shlomo Sand , j'avoue avoir été agréablement surpris par ce livre. Il s'ouvre sur un panorama critique de l'historiographie juive , entreprenant un long chemin depuis la bible jusqu'à la science historique contemporaine. Il ne loupe pas une occasion de relever les contradictions des écritures avec l'histoire et l'archéologie et souligne les épisodes lui apparaissant légendaires comme celui du temple de Salomon, réduisant le livre sacré à un conte à dormir debout si on le considère historique.
Enfin Sand s'appuie sur les recherches contemporaines pour exposer les résultats de la science historique en matière de diaspora. A savoir le prosélytisme, courant depuis l'antiquité et non pas l'émigration ni l'hypothétique exil,explique la présencee de poches juives disséminées sur trois continents, fait bien connu et recensé chez les auteurs ayant traité la question comme Ernest Renan. C'est ainsi qu'une reine kabyle convertie participa à l'invasion de la péninsule ibérique, expliquant la présence de nombreux juifs à l'époque d'Al Andalous, alors qu'ils n'étaient guère appréciés par les wisigoths. De même un roi Khazar du Caucase se convertit et fît du judaïsme la religion d'état au 10eme siècle, jusqu'au repli de ce peuple en europe centrale suite au diveres invasions orientales et perécutions slaves .
Le livre fourmille de détails intéressants, étayées par les recherches les plus récentes, sur l'histoire du peuple hébreu du premier millénaire jusqu'à nos jours, il s'attarde à raison sur la naissance du sionisme au XIX en évoquant l'influence des théories de supériorité raciale en vogue à l'époque en Europe.
Ce livre mérite un détour car l'auteur, universitaire, effectue une synthèse de l'avancée des travaux en matière d'histoire juive, sans esquiver les interactions avec les douloureuses questions d'actualités en donnant au lecteur les éléments pour se former une opinion. à propos du peuple palestinien, privé de nation depuis cinquante ans, par ailleurs comme le peuple saharaoui, privé de nation depuis 30 ans.

Le livre ne tourne nullement au pamphlet antisioniste fanatique mais en quelquesorte à un ambitieux essai critique sur les fondements idéologiques de la nation israelienne, minutieusement détaillés chez les principaux politiciens invariablement peints comme fervent croyants en ces mythes fondateurs.

Un autre aspect interessant mis en évidence par cette histoire, le préalable du mythe dans toute construction nécessairement durable comme celle d'un état, au besoin en le forgeant de toute pièce ou en le tissant au fur et à mesure du temps.








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