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A l’attention du directeur de il manifesto,


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Mercredi 13 Février 2008

A l’attention du directeur de il manifesto,

5 février 2008

Cher Directeur,

C’est avec grande surprise que j’ai lu l’intervention de Marco d’Eramo sur il manifesto de dimanche 3 février, intitulé « Boycotter ? Mais le bâillon est toujours un boomerang ».

Avec surprise parce que Marco d’Eramo, que j’estime, est tombé dans le même piège que celui où sont allés finir certains commentateurs factieux.

Personne, je crois (et ce ne serait pas en tout cas mon opinion) ne se propose de mettre un bâillon aux écrivains israéliens ou à qui que ce soit.

S’il s’était agi de n’importe quelle rencontre d’écrivains, ou exposition de livres, cette initiative aurait été louable et bienvenue, comme bienvenus sont ceux qui pensent et écrivent, peu importe dans quelle nation ou pays.

Le fait est que la Foire du livre de cette année a choisi d’avoir comme hôte d’honneur l’Etat d’Israël dans le 60ème anniversaire de sa fondation. Et cela –à moins de ne vouloir faire montre d’une ingénuité véritablement excessive- est tout autre chose. Qui relève bien plus de la politique des Etats que de la culture. Et non parce que je considère l’existence de l’Etat d’Israël comme étant en discussion. Au contraire : parce que je vois – confirmé par le sang de ces jours-ci et par la catastrophe humanitaire de Gaza- que c’est l’existence de l’Etat palestinien qui est en discussion.

Cette existence, au contraire, est vraiment, activement, tenacement, férocement, empêchée par l’Etat d’Israël, contre la volonté de la majorité de la communauté internationale et de l’Union Européenne elle-même.

Donc le choix de la Foire du livre est une décision factieuse et partisane, qui ne peut pas ne pas être perçue comme n’étant qu’un choix partial de la part de ceux qui se battent pour avoir leur terre et pour pouvoir y vivre en paix.

On ne pouvait prendre décision plus inconsidérée que celle-ci. J’espère qu’il est encore possible de modifier ce choix funeste et erroné et qu’on pourra organiser l’exposition des livres de tous les écrivains de la terre martyrisée de Palestine, en laissant de côté l’Etat dont ils ont le passeport et que tout le monde pourra s‘y confronter en paix.

Soixante années d’Israël ont signifié soixante années de lutte du peuple palestinien. Ignorer cela n’est pas possible, même si l’on doit éviter de l’exalter.

Il n’y a pas de paix et on ne pourra pas aider la paix à advenir en célébrant la victoire des uns sur les autres.

Cordiales salutations

Giulietto Chiesa

Publié sur le site de Giulietto Chiesa le 5 février 2008, (avec le titre ci-dessus)

http://www.giuliettochiesa.it/modules.php?name=Sections&op=viewarticle&artid=961

et sur il manifesto le 10 février, dans la rubrique Courrier sous le titre général:

Critichiamo ma piantamola con il boicottaggio ( …?! NdT) : Critiquons mais finissons-en avec le boycott.

Et, pour la lettre, sous le titre : Décision factieuse et partisane

Le terme piantiamola a une connotation plus vulgaire que finissons-en ; « on la ferme avec le boycott» serait sans doute plus proche du terme italien ; mais on pourrait alors croire qu’il s’agit de « la » fermer, la foire, avec le boycott : soit le contraire exactement du sens du titre donné par les rédacteurs du journal -qui ont l’habitude de donner leurs propres titres aux articles de leurs collaborateurs.

Note de la traductrice

http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/10-Febbraio-2008/art8.html "

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio



Mercredi 13 Février 2008

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