Palestine occupée

A Gaza, les poissons brisent le blocus


On pouvait voir la joie de centaines de pêcheurs palestiniens, cette semaine, dans la Bande de Gaza, car cette saison de pêche a été la plus fructueuse de ces 40 dernières années.
La nouvelle est d'autant plus agréable, si l'on considère les restrictions de pêche imposées par la marine israélienne sur la côte.

Par Yousef Alhelou > ydamadan@hotmail.com
Yousef Alhelou est un journaliste indépendant de Gaza, et il travaille pour plusieurs organes d'information. Il présente également une émission de radio en anglais.


Yousef Alhelou
Mardi 15 Mai 2007

Le premier ministre palestinien Ismail Haniyeh partage la joie des pêcheurs, le 8 mai 2007 (Photo Mohammad Al-Oztaz / MaanImages / POOL/PPMO)
Le premier ministre palestinien Ismail Haniyeh partage la joie des pêcheurs, le 8 mai 2007 (Photo Mohammad Al-Oztaz / MaanImages / POOL/PPMO)
433 bateaux sont enregistrés dans la port de Gaza, mais seul un petit nombre d'entre eux est en état de prendre la mer ; et un nombre encore plus faible peut prendre le risque de se confronter aux interdictions imposées par Israël sur les pêcheurs de Gaza.

Globalement, les pêcheurs palestiniens ont vu leurs prises mensuelles tomber de 823 tonnes en juin 2000 à 50 tonnes en 2006.

Le nombre de pêcheurs inscrits a lui aussi chuté de façon significative, puisqu'il était dans les années 1980 de 5.000, et aujourd'hui moins de 3.000, selon les Nations Unies.

Les moyens de subsistance d'au moins 35.000 Gazans dépendent directement de l'industrie de la pêche, et le pourcentage de pauvres est estimé par les Nations Unies à plus de 80% à Gaza.

En 2000, le Bureau central palestinien des statistiques évaluait l'industrie à 10 millions de dollars. Aujourd'hui, la productivité n'est plus que l'ombre d'elle-même.

La Banque Mondiale rend les fermetures, les restrictions et les interdictions israéliennes "principalement" responsables de la crise économique.

Le Centre palestinien pour les Droits de l'Homme à Gaza observe continuellement le régime de fermeture, et ces comptes rendus hebdomadaires rapportent invariablement des attaques sur les pêcheurs et leur équipement par les forces israéliennes. Selon l'un de leur récent rapport, "Les pêcheurs sont soumis à une surveillance intensive par les forces israéliennes d'occupation, qui utilisent les hélicoptères et des navires de combat" contre la flotte de petits bateaux.

Des pêcheurs palestiniens sont quotidiennement arrêtés et blessés par les navires israéliens. L'année passée, quatre pêcheurs ont été tués après avoir été attaqués par les forces israéliennes. Des douzaines ont été arrêtés.

Les palestiniens sont souvent contraints de pêchers à quelques centaines de mètres de la plage, ou même lancent leurs filets artisanaux depuis la côte.

En vertu des restrictions actuelles, les Palestiniens ne sont autorisés à pêcher qu'à 6 miles nautiques de la côte (11kms), bien qu'un accord de 2002 entre les Nations Unies et Israël les autorisent à aller à 12 miles nautiques (22kms), et que les Accords d'Oslo de 1993 leur donne le droit d'aller à 20 miles (37kms).

Ce printemps a été une surprise pour les pêcheurs et leur a redonné le sourire, alors que leurs filets regorgent de sardines, dont les Gazans sont très friands.

Habituellement, ils achètent du poisson congelé, parce que l'industrie de la pêche a été détruite et parce que Gaza n'a pas de port sur la mer. C'est pourquoi le poisson est très cher et de nombreuses familles ne peuvent pas se permettre d'en acheter, à cause du manque de salaire et d'argent.

Rami Abu Hasirah, pêcheur, dit : "Grâce à Dieu, aujourd'hui les pêcheurs ont ramené des tonnes de sardines, ce qui compensera un peu les pertes de ces derniers mois."

Munir Al-Hessi, pêcheur lui aussi, dit : "Je suis très content. Cette saison est une surprise pour nous tous. Les autres pêcheurs, comme moi, sommes confrontés tous les jours aux tirs des navires de guerre israéliens, et nous risquons nos vies pour nourrir nos familles. Mais aujourd'hui, j'ai gagné 500 dollars ! Je vais pouvoir aider ma famille."

Hani Gandil, 48 ans, dit en achetant des sardines : "D'habitude, j'achète du poisson congelé mais les sardines, je les achète fraîches. Cette saison, on dirait qu'elles sont plus grosses et plus nombreuses. Que Dieu protège les pêcheurs, qui risquent leur vie pour nourrir leurs enfants et nous ramener ces sardines."

Hamdi Baker, 42 ans, pêcheur, dit : "Aujourd'hui, les sardines ont brisé le blocus !"

Le Premier Ministre Ismail Haniyeh, qui vit dans le camp d'Ash-Shati', à l'ouest de Gaza ville, près de la mer, a partagé la joie des pêcheurs.

Source : Electronic Intifada
Traduction : MR pour ISM


Mardi 15 Mai 2007

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