Saleh An-Noami
Cependant, toutes ces réalisations ne pourront pas cacher une réalité tout à fait autre. Regardons quelques exemples de cette réalité.
Tout d'abord, on remarque qu'après 60 ans, "Israël" n'a pu atteindre son but principal consistant à pousser les Musulmans, les Arabes et surtout les Palestiniens à l'accepter. Tout au contraire, c'est la résistance contre elle qui monte en puissance. Bien que les régimes arabes aient depuis un moment démissionné, "Israël" ne sait comment faire face à la résistance palestinienne et arabe.
Après toutes ces longues décennies, elle se trouve toujours obligée d'augmenter le budget de la sécurité. Cette sécurité est dans un point si sombre que des doutes, quant à l'existence de leur Entité, commencent à trouver leur chemin dans les esprits des Sionistes. Les pétitions signées par des généraux en retraite demandant des accords avec les Arabes, avant que leur Entité disparaisse, n'en sont que des exemples.
Et puis en deuxième lieu, le mouvement sioniste n'arrive pas, soixante ans plus tard, à convaincre les Juifs du monde entier à aller vivre en "Israël", l'oasis de paix.
Cela se vérifie au même moment où le nombre de Juifs qui quittent définitivement "Israël" est en augmentation constante. 700 milles d'entre eux sont déjà partis. Non seulement ils refusent d'y retourner, mais beaucoup d'entre eux quittent aussi le Judaïsme.
Et en troisième lieu, la croyance au projet sioniste commence à s'affaiblir. Même des élites déclarent cette nouvelle tendance appelée "après le sionisme". L'ancien président de la Knesset israélienne va jusqu'à dire que "Israël" réagit comme le nazisme et aura le même destin.
Parlons en quatrième lieu de ces mythes sionistes qui commencent à s'effriter les uns après les autres. A titre d'exemple, la pratique confirme le contraire de ce mythe disant que les Juifs constituent un peuple des plus homogènes.
Et si la religion est le lien unificateur, elle reste le seul. Sur le terrain, les courants de la même religion sont en guerre permanente. Et quant à la langue, l'hébreu n'a pu être imposé à tous les habitants de "Israël". Les émigrants russes, qui constituent le plus grand groupe ethnique de l'Entité, parlent toujours leur langue d'origine, ainsi que leur médias.
Par ailleurs, le mythe qui voulait mettre "Israël" en avant, comme étant un paradis d'une démocratie exemplaire, a aussi échoué. Tous les Juifs ne sont pas traités sur le même niveau, mais plutôt selon leurs appartenances ethniques. Les Falashas y souffrent tant que le niveau de suicide n'arrête pas de monter en flèche.
Par ailleurs, personne n'accepte désormais l'allégation consistant toujours à dire que les Israéliens sont des victimes de l'agression israélienne. Un récent sondage réalisé par le réseau américain CBS a confirmé l'avis qu'"Israël" est le deuxième point noir au monde par ses effets négatifs.
Enfin et en résumé, "Israël" est l'unique Entité au monde qui a un problème de légitimité aussi forte. Difficile d'avoir une quelconque légitimité du fait qu'elle ait vu le jour en volant la terre d'un autre peuple. Ajoutons à cela que "Israël" souffre toujours d'une crise d'identité très aigue. En effet, il est impossible pour le mouvement sioniste de créer les ingrédients d'un peuple qui n'existe pas. Ses deux problèmes, la légitimité et l'identité, pousseront sans aucun doute le projet sioniste vers l'abîme, vers l'anéantissement total.
Article rédigé par Saleh An-Noami, résumé et traduit par le CPI