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3000 € d’amendes : Condamnation des caricaturistes de El Jueves pour injure au Prince héritier espagnol


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Manuel Marraco
Vendredi 16 Novembre 2007

3000 € d’amendes : Condamnation des caricaturistes de El Jueves pour injure au Prince héritier espagnol
AUTEUR: Manuel Marraco

Traduit par Fausto Giudice

Le magistrat qui a jugé aujourd’hui Guillermo Torres et Manel Fontdevila a jugé que les deux hommes étaient coupabkes du délit d’injures au Prince héritier. Le juge José María Vázquez Honrubia considère que le dessin montrant le couple princier en couverture de El Jueves n’était pas nécessaire pour réaliser une critique du chèque-bébé du gouvernement, ce qui, selon ses auteurs, était l’objectif de la caricature.

Le jugement a été émis en application de l’article 491.1 du Code pénal et condamne les deux accusés au paiement d’une amende de 3000 €, la moitié de que qu’avait requis le procureur, lequel avait modifié son réquisitoire pour élever la peine demandée au maximum possible (6.000 €) ce matin, au lieu des 3.600 € requis initialement.

Le juge, qui a émis sa sentence à la fin de l’audience d’aujourd’hui, a estimé qu’aussi bien le dessin que le texte de la caricature réalisée par le dessinateur Guillermo Torres et le scénariste Manel Fontdevilla étaient "objectivement injurieux ".

Le juge, qui a notifié sa décision aux accusés, avait auparavant rejeté la demande de suspension du jugement formulée par la défense. Le magistrat a conclu qu’il n’y avait pas de raison de suspendre la procédure.

Le juge a ainsi rejeté l’argument de la défense, selon laquelle il était nécessaire d’abord de résoudre un recours interjeté par les accusés durant la procédure avant que ses clients puissent s’asseoir sur le banc

La caricature controversée, publiée le 20 juillet dernier, avait provoqué la saisie de l’hebdomadaire. Au cas où ses auteurs refuseraient de payer l’amende, ils pourraient être arrêtés.

En arrivant au tribunal, les caricaturistes de El Jueves ont déclaré qu’ils ne pensaient pas avoir fait “quelque chose de mal”. « La seule chose claire dans ce procès est que nous y venons avec la consciente tranquille. Nous ne pensons pas avoir fait quoi que ce soit de mal et ce sont des choses que nous referons, et que, de fait, nous avons déjà faites », a déclaré aux journalistes le scénariste Manel Fontdevila, qui a ajouté qu’ils ne comprennent pas ce procès et « que tant que nous ne le comprendrons pas, nous continuerons comme par le passé. »
Le scénariste a d’ailleurs signalé qu’ils ont déjà fait plusieurs couvertures sur la Maison royale et qu’ils pensent donc que leur procès est injuste, vu que, a-t-il ajouté, « les gens sont majeurs et ils savent très bien, quand ils voient la couverture d’un magazine, si elles les offense ou non et s’ils vont l’acheter ou non. Tout le reste n’a aucun sens », selon l’agence EFE.

Les deux accusés avaient mis au point une caricature, publiée en couverture de El Jueves le 20 juillet dernier, suite à l’annonce par le président du gouvernement, José Luis Rodríguez Zapatero, de l’octroi d’une subvention de 2.500 € pour chaque famlle résidant légalement en Espagne qui aurait un enfant.
Sur la couverture apparaissait un dessin montrant le Prince Felipe et Doña Letizia faisant l’amour en levrette, et le prince disant “Tu te rends compte ? Si tu tombes enceinte…ça serait ce qui ressemblerait le plus à un boulot de toute ma vie! ». Le Procureur a considéré que l’illustration constitue un « dénigrement clair et objectivement infamant” et de plus est, à cause de la phrase attribuée au Prince, “pleinement attentatoire” à son “honorabilité”.

Dans son réquisitoire écrit, le Procureur ajoute que la couverture du magazine constitue “une utilisation délibérée et indue de son image, dans un mépris évident et conscient pour la Couronne, à laquelle a été causé un dommage notable pour son prestige institutionnel”.

Suite à la dénonciation par le parquet suite à la parution de la couverture incriminée, le juge de l’ Audiencia Nacional Juan del Olmo avait décidé la saisie de la publication et des matrices d’impression. Le magazine avait été retiré par la police de tous les kiosques d’Espagne, bien que la plupart des exemplaires eussent été déjà vendus, vu le grand écho suscité par la décision de saisie.
La couverture du magazine avec la caricature controversée a été diffusée dans le monde entier via Internet. L’affaire a suscité un grand intérêt dans la société. Dans les médias et dans la rue, elle a déclenché un débat sur des questions comme les limites de la liberté d’expression, l’opportunité d’une censure préventive dans les médias et les prérogatives de la famille royale.
Après la saisie ordonnée par le juge Del Olmo, le magazine est revenu dans les kiosques avec une Une traitant par l’humour, comme l’ont annoncé ses responsables, l’embargo judiciaire. Sous le titre « Voici la Une que nous voulions publier ! », apparaissait un dessin où le Prince des Asturies déguisé en abeille survolait une fleur dans laquelle on reconnaissait Doña Letizia.



Durant le procès, le ministère public a requis 10 mois d’amendes à raison de 10 € par jour pour les dessinateurs, accusés d’avoir enfreint les paragraphes 1 et 2 de l’article 491 du Code pénal.


Source : http://elmundo.es/elmundo/2007/11/13/comunicacion/1194917911.html

Article original publié le 14 Novembre 2007

Fausto Giudice est membre de
Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=4135&lg=fr



Vendredi 16 Novembre 2007


Commentaires

1.Posté par tiamat le 16/11/2007 14:17 | Alerter
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Si je comprend bien les "bonnes" caricatures sont celles faites a l'encontre des musulmans!?
Après un Juan Carlos un rien vulgaire voiçi le petit prince vulgariser..

2.Posté par belh le 18/11/2007 19:09 | Alerter
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Guillermo devrait demander de l'aide à Charlie hebdo et toute la smala qui s'est érigée comme un seul homme contre les critiques des caricatures du prophéte.

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