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15ème réunion ministérielle du Mouvement des Non-alignés, à Téhéran


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Jeudi 7 Août 2008

15ème réunion ministérielle du Mouvement des Non-alignés, à Téhéran
Réunis, les 29 et 30 juillet, à Téhéran, les ministres des Affaires étrangères et les Chefs de délégations des 118 pays membres du Mouvement des Non-Alignés ont exprimé leurs points de vue sur des questions politiques, économiques, sociales et économiques. Ils ont adopté, à l'unanimité, une déclaration finale, qui sera soumise au Sommet du Mouvement, qui aura lieu, l'année prochaine, à Charm el-Cheikh, en Egypte. Etaient présents à la 15ème réunion ministérielle des Non-Alignés, à Téhéran, des représentants de 7 organisations et ceux de 15 pays membres, à titre d'observateur.
Le Mouvement des Non-Alignés a été créé, en 1961, mais l'idée de sa fondation remontait à plusieurs années avant cette date. Après la guerre froide, les deux blocs de l'Est et de l'Ouest, dirigés, par l'ex-Union-soviétique et les Etats-Unis, sont se livrés à une rivalité acharnée. Ce, alors que les velléités indépendantistes et les aspirations à la liberté des pays du Tiers-Monde se multipliaient, aboutissant à l'indépendance de nombreux pays sous le colonialisme de l'Occident. Et c'est dans une telle conjoncture que des personnalités, telles que Jawaher Lale Nehru de l'Inde, Jamal Abdoul Nasser d'Egypte, le Maréchal Tito de l'ex-Yougoslavie, Ahmad Sukarno de l'Indonésie, et Ghavam Nkrumah du Ghana ont avancé l'idée de la création du Mouvement des Non-alignés, s'engageant à ne pas mettre de bases à la disposition des grandes puissances.
Les 10 principes du Mouvement des Non-Alignés, approuvés, en 1955, lors de la Conférence de Bandung, en ont montré la nature indépendante et progressiste. Ces principes prévoyaient le respect des droits fondamentaux de l'homme, la souveraineté et l'intégrité territoriale, ainsi que le droit des nations à se défendre, dans le cadre des engagements internationaux. Ces principes demandent, également, aux pays membres de ne pas s'ingérer dans les affaires intérieures des autres pays, de ne pas assurer les intérêts des grandes puissances et d'éviter le recours à la menace, ainsi qu'à l'agression contre les autres pays du monde. Ces principes appellent, aussi, à l'égalité des races et à la résolution pacifique des conflits. Et c'est en raison de ces idéaux révolutionnaires, anti-racistes et anti-hégémonie, que le Mouvement s'est transformé, très rapidement, en la plus grande institution internationale, après l'Organisation des Nations-unies.
A l'époque de la guerre froide, le Mouvement des Non-Alignés (MNA) a tenté de ne pas être liée aux deux superpuissances, à savoir, l'ex-Union soviétique et les Etats-Unis. Ceci dit, certains de ses membres étaient, plus ou moins, liés à ces deux superpuissances, ce qui a suscité des divergences, au sein cette institution internationale. Après l'effondrement de l'ex-Union- soviétique, les Etats-Unis se sont considérés comme la seule superpuissance dans le monde. Dans une telle conjoncture, le Mouvement des Non-Alignés avaient une grande responsabilité à assumer, pour défendre les droits et la souveraineté des pays membres, face aux grandes puissances, notamment, les Etats-Unis. Il avait, également, la responsabilité d'aider à la résolution des problèmes, tels que la pauvreté, la corruption, la discrimination, le trafic de la drogue et le trafic humain.
La tenue de la 15ème réunion ministérielle du Mouvement, à Téhéran, et l'annonce de la disponibilité des responsables iraniens à organiser le mouvement, en 2012, illustrent de la meilleure manière la grande importance qu'accorde l'Iran aux objectifs et aux valeurs de cette grande institution internationale. L'Iran est, devenu, immédiatement après la victoire de la Révolution islamique, membre du Mouvement des Non-Alignés, et depuis, il y joue un rôle actif. L'adhésion de l'Iran à ce mouvement découlait de sa politique stratégique visant à rejeter l'hégémonie des grandes puissances et les discriminations et à coopérer avec les pays indépendants pour aider les nations opprimées. Après l'effondrement de l'ex-Union-soviétique et la tentative des Etats-Unis d'imposer leur unilatéralisme au reste du monde, l'Iran a insisté sur le renforcement du Mouvement des Non-Alignés pour y faire face. "Dans un monde où un pays s'autoproclame le leader et tente de jouer, à la fois, le rôle de juge et d'exécuteur, l'esprit d'indépendance et de liberté est, sérieusement, en danger, tandis que les institutions internationales sont exploitées et le progrès et le développement des pays, entravés.", a souligné, à la 15ème réunion du Mouvement des Non-Alignés, le ministre iranien des Affaires étrangères, avant d'appeler à la nécessité de davantage de solidarité, au sein du mouvement, pour faire face à l'hégémonie des grandes puissances.
L'un des principaux problèmes, dont souffre, actuellement, le Mouvement des Non-alignés, est la dépendance de certains de ses membres vis-à-vis des Etats-Unis. Cependant, la République islamique d'Iran, considéré comme un exemple de résistance, face à l'hégémonie et à la domination des grandes puissances, a, déjà, montré qu'elle ne se laisserait pas du tout intimidée par les menaces des grandes puissances, dans la voie de son indépendance politique, économique et culturelle.
Au cours de ces dernières années, le Mouvement des Non-Alignés a, toujours, soutenu, le droit de l'Iran au nucléaire civil, et ce, en dépit de toutes les pressions exercées de la part de l'Occident. A ce propos, le ministre iranien des Affaires étrangères a souligné, à la 15ème réunion du MNA, à Téhéran, que la tentative de l'Iran d'accéder à la technologie nucléaire civile n'avait pas d'autre motif que l'objectif qui a réuni les pays des Non-Alignés, à savoir, la lutte pour l'indépendance et la liberté, ainsi que le rejet de la dépendance, des inégalités et du sous développement.
Dans son discours inaugural, à cette réunion ministérielle, le Président de la République islamique d'Iran a procédé à une analyse de la situation actuelle du monde et a appelé le MNA à jouer un rôle plus efficace, sur la scène internationale. Il a fait allusion à la situation déplorable de la Palestine, de l'Afghanistan et de l'Irak et a critiqué la vente et le développement des armes de destruction massive et nucléaires par les grandes puissances. Il a évoqué, également, d'autres défis majeurs auxquels est confronté le monde, tels que le trafic de drogue, le trafic humain, la propagation du Sida, la sécheresse et la tentative des médias occidentaux de détruire les cultures autochtones, la morale et la spiritualité. Dans le même temps, le Président iranien a déclaré que les grandes puissances étaient en déclin. « Nous sommes sur le point d'entamer une nouvelle ère où la morale, la justice, l'état de droit, la dignité humaine et la fraternité seront établies et les droits des nations seront respectés. », a-t-il fait remarquer.

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Jeudi 7 Août 2008

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