Merci à
Bernard Langlois, auteur dans son bloc-notes hebdomadaire du numéro 1001 de
Politis du texte suivant :

"L’ANNIVERSAIRE
Un an déjà, et surtout quatre ans encore au moins. Le
sarkozysme est une calamité qui s’est abattue sur la France, dont la
gauche tout entière – des Solferiniens aux trotskistes en passant par
les cocos – porte l’entière responsabilité. Tant il était impensable
qu’après douze ans de Chirac une opposition digne de ce nom puisse
rater ce rendez-vous de la dernière présidentielle : elle l’a raté, et
tant pis pour nous.
Pour nous consoler et nourrir nos résistances, trois
bouquins parmi bien d’autres que je vous recommande de lire et
d’offrir.
– Mon premier est un travail de recension quasi exhaustif de cette
année écoulée, recension assortie des commentaires avisés et sévères de
l’auteur, le journaliste et blogueur de Plume de presse,
dont je vous ai plusieurs fois vanté la pugnacité. Les amateurs,
nombreux, d’Olivier Bonnet, qui attendaient l’ouvrage avec impatience,
ne seront pas déçus : leur champion allie l’engagement de l’honnête
homme révolté à une précision quasi notariale [Sarkozy, la grande manipulation, Les points sur les i, 173 p., 17,90 euros ]. Quatorze chapitres, un thème par chapitre et cette conclusion, qui est aussi la nôtre : « Au-delà des anecdotes et de l’arrivisme politique, apparaît crûment une entreprise méthodique de destruction sociale. »
– Mon deuxième ne le démentira pas, dont l’auteur, le médecin Christian
Lehmann, fut un des plus courageux combattants contre la franchise
médicale (combat perdu, mais dans un contexte politique aussi
débilitant, qui peut espérer gagner quoi ? Ça ne doit pas empêcher de
se battre !). L’auteur s’attache, lui, à démonter « la sarkolangue », décortiquant le discours du « fils caché de Margaret Thatcher et Silvio Berlusconi », mettant au jour avec brio ce qu’il appelle « la relation symbiotique » du candidat, puis du Président, avec Henri Guaino, « le Nègre de Narcisse » [Sarkolangue, Ramsay, 172 p., 14 euros].
– Mon troisième fait aussi la belle part à ce « ventriloque » qui soufflait ses répliques à « la poupée » s’agitant sur la scène [Les Mots de Nicolas Sarkozy, Seuil, 174 p., 16 euros].
Sarkozy aurait-il gagné sans Guaino et son talent pour vampiriser les
discours, les thèmes, les références de la gauche ? Analysant quelque
300 allocutions prononcées entre 2004 et 2007, les linguistes
Louis-Jean Calvet et Jean Véronis donnent clairement à voir les
différences abyssales entre les discours pensés et écrits par le
« Pygmalion » (la plupart des discours qui ont marqué) et les pauvres
envolées du candidat quand il est livré à lui-même…
Trois essais qui valent condamnation sans appel du pauvre type qui
s’agite au sommet de l’État, qui nous représente et nous fait honte à
chaque occasion. Triste anniversaire."
Les exemplaires de La grande manipulation dédicacés destinés aux souscripteurs sont partis hier de la Poste, par la levée de 15h. Bientôt chez vous.