Samedi 20 Mars 2010
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Politique Nationale/Internationale
«Ecarter tous les éléments qui nous divisent, améliorer le sort de nos peuples et contribuer à la paix et à la sécurité»Interview de Valéry V. Loshchinin, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire et Représentant permanent de la Fédération de Russie auprès des Nations UniesJeudi 28 Août 2008
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Horizons et débats: La première question concerne le conflit de Géorgie. Nous aimerions savoir ce qui s’y passe, les médias de l’Ouest prétendant que la Russie est coupable. Ce que la Géorgie a fait ne prête pas à discussion. Nous désirons des informations pour nos lecteurs, nous voulons leur dire ce qui se passe réellement dans la région.
Ambassadeur Valery Loshchinin: Merci de votre visite. Il est important que vous souhaitiez des informations honnêtes. C’est important, si l’on considère ce qui se passe dans les médias occidentaux. Cela suscite quantité de questions sur la liberté de la presse dans les médias occidentaux, car il s’agit d’une campagne de propagande contre la Russie. Cette campagne infondée contrevient aux normes de l’information honnête et indépendante; elle sape les valeurs démocratiques. La réalité est différente. Vous avez mentionné le conflit entre la Russie et la Géorgie. Il s’agit d’un conflit entre la Géorgie d’une part, l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie d’autre part. Il ne date pas d’hier, mais remonte à plusieurs siècles. Il n’a jamais cessé. Durant les seize dernières années, on a observé une paix fragile, caractérisée par la présence de bérets bleus, troupes russes incluses. Que s’est-il passé? Il s’avère que l’agression militaire géorgienne contre l’Ossétie du Sud a été planifiée et appuyée par quelques pays que je m’en voudrais de nommer. Constatant que le temps passait et s’inspirant du précédent que constituait l’affaire du Kosovo, Saakashvily a décidé de faire une guerre éclair. Il entendait mener l’offensive et occuper la capitale de l’Ossétie du Sud, Tskhinvali. Après quoi il espérait obtenir le soutien des Etats de l’ouest et de l’OTAN, ce qui ne s’est pas réalisé. Observant la vie politique ces derniers mois, nous avons constaté de constantes petites attaques verbales contre la Russie. Lors de l’élection de Medvedev, les journaux occidentaux se sont montrés particulièrement virulents contre la Russie. Finalement, ce conflit a éclaté. Pensez-vous qu’il y a un plan stratégique contre la Russie pour la garder hors d’Europe pour essayer de la contrôler? Autre question: qu’en est-il des bases de missiles en Pologne? Maintenant, ils ont signé le traité. Pensez-vous que le plan consistait à faire la guerre à l’Ossétie du Sud, puis à rapprocher les autres pays de l’OTAN et à faire en sorte qu’ils concluent le traité et soutiennent la politique des Etats-Unis? Ce qu’il nous faut comprendre: la Géorgie s’apprête à se rapprocher de l’Europe, mais surtout des Etats-Unis. Pourquoi pas? Mais le régime actuel de Tiflis croit qu’il pourrait accélérer ce processus en ayant de mauvaises relations avec la Russie. Cette méthode est absolument fausse. Elle est fausse parce que toute solution des problèmes de la Géorgie passe par une solide base de relations amicales avec la Russie. Quel est le rôle de l’Allemagne dans ce conflit? On connaît certaines activités de l’Allemagne à propos de la Géorgie. Tout d’abord parce que l’Allemagne fait partie du «groupe des amis de la Géorgie». C’est un groupe mis sur pied par le Secrétaire général des Nations Unies, qui comprend l’Allemagne, la France, la Russie, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. Nous nous rencontrons de temps en temps ici à Genève. Je dois dire que l’Allemagne a toujours aidé à promouvoir des initiatives, des idées. Il existe un «Formulaire de Boden». L’ambassadeur Boden était le représentant du Secrétaire général. C’est un Allemand très honnête, impartial, un sage diplomate. Son formulaire en vue du règlement du conflit entre la Géorgie et l’Abkhazie a été discuté longtemps. Mais après la récente agression, il n’existe plus en tant que base de négociations. Quel rôle jouent les Etats-Unis à cet égard? L’ambassadeur des Etats-Unis a donné hier une interview à Moscou au célèbre journal «Kommersant». Il a déclaré que la Russie avait le droit de réagir aux opérations géorgiennes. Cette déclaration devrait être interprétée comme confirmant que les Etats-Unis savent qui est l’agresseur et qu’ils ne tiennent pas à entrer dans le conflit. Que peuvent faire l’Union européenne et les pays européens pour mettre un terme à ce conflit et se rapprocher de la Russie et d’autres pays? Que doit être la politique européenne en faveur de la paix dans le monde? Tout d’abord, nous devrions appliquer le document en six points approuvé par les présidents Medvedev et Sarkozy qui se trouve sur la table du Conseil de sécurité. Le principe essentiel de ce document est de stopper immédiatement toute action militaire. L’Union européenne approuve ce plan. Certains membres du Conseil de sécurité sont sceptiques mais il est important de le faire adopter par le Conseil de sécurité afin de faciliter sa mise en œuvre. La Russie a commencé son retrait graduel, qui a été largement couvert par les médias. Cependant nous allons conserver des unités de maintien de la paix à l’intérieur de la zone de sécurité en Ossétie du Sud, car elles sont nécessaires pour garantir la sécurité des habitants. A votre avis, quel sera le statut final à la fin des débats? Il est très difficile de le dire de manière absolue. Vous savez qu’hier, quelque 60 000 Abkhazes (plus du tiers de la population totale) se sont rassemblés au centre de Soukhoumi, capitale de l’Abkhazie, pour déclarer leur indépendance. Un événement similaire a eu lieu à Tskhinvali, capitale de l’Ossétie du Sud. Le peuple a demandé que soit reconnue l’indépendance de la province, non seulement par rapport à la Russie mais aux autres pays. Lundi prochain, des réunions auront lieu à la Douma, à Moscou, ainsi qu’au Conseil de la Fédération de Russie pour aborder cette question. Mon expérience me dit que notre Parlement réagira positivement à ces demandes. Cela ne signifie cependant pas que la reconnaissance par le gouvernement aura lieu immédiatement. Mais comme l’a dit avec raison notre ministre des Affaires étrangères, tout dépend de ce que fera la Géorgie. Or Saakachvili ne tient pas ses promesses et a parlé de reconstituer les forces militaires et même de les rendre plus puissantes qu’avant. Je ne sais pas quelles sont ses véritables intentions, s’il tient à la paix et à l’intégrité territoriale. Ses actions détermineront le sort de son pays et il en est responsable. Il s’agit là du second nettoyage ethnique en Ossétie du Sud et en Abkhazie au cours des 16 dernières années. Il ne fait qu’à attiser les sentiments d’indépendance. Ainsi, si notre ministre des Affaires étrangères a affirmé que tout dépendait de la Géorgie, du gouvernement géorgien, il le pensait vraiment. Merci beaucoup pour cet entretien, Monsieur l’Ambassadeur. • Valéry V. Loshchinin est, depuis 2006, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire et Représentant permanent de la Fédération de Russie auprès des Nations Unies et d’autres organisations internationales à Genève, ainsi que Représentant permanent à la Conférence sur le désarmement.
Un acte de guerre qu’aucun Etat du monde ne peut accepterthk. En 1776, l’Ossétie choisit de se rattacher à l’Empire russe, avant tout pour mieux se protéger des attaques des Tartares. Ce n’est que dans les années 1940 que Staline divisa le pays, pour des raisons personnelles, en Ossétie du Nord et Ossétie du Sud et qu’il attribua cette dernière à la Géorgie. Après la dissolution de l’Union soviétique, on considéra les frontières des anciennes républiques soviétiques comme celles des nouveaux Etats et on laissa le Sud à la Géorgie, cela contre la volonté de la population qui avait proclamé l’autonomie de la province en 1991. Lors du référendum de novembre 2006, 99% de la population ossète ont voté en faveur de l’indépendance et du rattachement à la Russie.
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